Les mauvais commerçants pénalisés par Google

Les mauvais commerçants pénalisés par Google
Une petite révolution serait en préparation chez Google. Le moteur de recherche le plus utilisé au monde préparerait une modification de ses algorithmes visant à pénaliser le référencement des sites de e-commerce cumulant les avis négatifs. L'information, dévoilée par le New-York Times a été confirmée par Amit Singhal, qui travaille sur l'algorithme de classement du moteur de recherche. En prenant en compte les commentaires des consommateurs, Google ne se contente plus de calculer la pertinence d'un résultat selon le nombre de liens qui pointent vers le site e-commerce mais prendra désormais en compte les avis des internautes pour bien référencer ou non le site « source ». Gare aux mauvais élèves de la classe qui risquerait de voir leur ranking dégringoler avec la modification de l'algorithme de recherche.

« Qu'on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L'essentiel, c'est qu'on parle de moi ! ». La phrase aurait pu sortir de la bouche d'un influenceur du web 2.0. Mais elle est fait attribuée à Léon Zitrone, grand prêtre du Paf dans les années 70. Léon Zitrone n'a jamais connu Google, pourtant, la citation est on ne peut plus visionnaire. Car jusqu'à présent, pour les référenceurs, l'important était bien que l'on parle de leur site, en bien ou en mal, du moment qu'un maximum de liens pointaient vers leur site. Mais la donne pourrait bien changer dans les semaines à venir. Suite à un article du New-York Times, Google a annoncé que les avis des consommateurs seraient désormais pris en compte par l'algorithme de recherche. C'est que l'article du quotidien new-yorkais mettait à l'index des pratiques de référencement peu louables et pourtant terriblement efficaces. Il faisait notamment référence à l'histoire d'une cliente ayant commandé une paire de lunettes en ligne. La cliente va ensuite consulter des avis en ligne sur ce commerçant et découvre de forts mauvais commentaires. Pourtant, le commerçant en question, lui, est loin de se plaindre du nombre d'avis négatifs sur sa boutique. Pire, il aurait déclaré à un client insatisfait : « Je n'ai jamais eu la quantité de trafic que j'ai maintenant depuis ma première plainte. » C'est que chaque avis posté contenait des liens qui pointaient vers son site et qui augmentaient donc mécaniquement le référencement du site.

Le double jeu des sites d'avis
Suite à la parution de cet article, Google, par la voix d'Amit Singhal, un des ingénieurs travaillant sur l'algorithme de recherche, a indiqué que l'algorithme allait être modifié afin de pénaliser le référencement des sites cumulant des avis négatifs.
« Nous avons développé une solution algorithmique qui permet de détecter le commerçant cité dans l'article du Times et des centaines d'autres commerçants qui, à notre avis, fournissent de mauvais services aux consommateurs. L'algorithme, que nous avons intégré dans nos rangs de recherche représente une première solution à ce problème, et les utilisateurs de Google vont maintenant profiter d'un classement plus pertinent », a assuré Amit Singhal sur le blog de Google.

Mais la modification de l'algorithme pourrait bien mettre les sites d'avis dans une position pour le moins inconfortable. Car, si d'un côté ils laissent la parole aux clients des e-commerçants, satisfaits ou non, ils offrent également bien souvent des solutions d'affiliation aux sites de vente en ligne, leur permettant d'acquérir du trafic. Pourtant en laissant en ligne des avis négatifs sur leurs clients, produits par leurs membres, ils pénaliseraient alors le référencement de leurs clients affiliés. En remettant le crowd-sourcing au coeur des algorithmes de recherche, Google vient de bouleverser l'éco-système qui s'était créé entre les e-commerçants et leurs affiliés. Mais la modification de l'algorithme du moteur de recherche devrait pousser les e-commerçants vers « plus de transparence », selon Amit Singhal.

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Crédit photo : Google.com