Le cloud privé : parapluie anti-crise pour les entreprises ?

Le cloud privé : parapluie anti-crise pour les entreprises ?
Le cloud computing, facteur de croissance pour les économies européennes et remède anti-crise pour les entreprises ? Si l'on en croit une étude du Centre for Economics and Business Research réalisée pour le compte du fournisseur EMC, l'adoption du cloud computing serait un levier de compétitivité hors pair pour les entreprises. Tous les modèles de cloud ne sont pourtant pas logés à la même enseigne, selon le cabinet d'experts. Les cloud privé et hybride seraient les deux modèles stimulant le plus le développement commercial, la création d'entreprise et l'emploi. Mais entre ces belles prévisions et la réalité, reste à franchir le pas de la mise en oeuvre.... Ce qui n'est pas toujours simple, comme le souligne une étude récemment publiée par Symantec.

L'étude publiée il y a quelques jour par le Centre for Economics and Business Research a tenté d'estimer les économies générées par l'adoption du cloud computing par les entreprises (selon les prévisions actuelles) sous ses différentes configurations (cloud public, privé ou hybride). Elle concerne 5 pays (France, Italie, Royaume-Uni, Espagne et Allemagne). Selon les données de ce rapport, les économies cumulées sur une période de 5 ans (2010-2015) atteindraient 763 milliards d'euros, soit environ 1,57% du produit intérieur brut des cinq pays. Soit pour la France, un bénéfice de 37,4 milliards d'euros chaque année. Ces économies seraient en partie liées au fort potentiel de croissance offert par la mise en oeuvre du cloud computing. Le CEBR souligne ainsi le rôle capital du cloud computing « dans la restauration des économies de l'Eurozone, et comme atout de compétitivité face aux menaces posées par les économies émergentes. »

Le cloud privé, facteur de croissance ?
L'étude du Centre for Economics and Business Research met également en évidence une « hiérarchie » des économies générées par l'adoption du cloud computing. Entre le cloud public, géré par un fournisseur de services, le cloud privé, administré localement par la DSI et le cloud hybride, qui combine l'une et l'autre des méthodes, le CEBR donne clairement un avantage économique aux deux derniers modèles. Il estime ainsi que d'ici à 2015, 75% des bénéfices annuels dégagés seront imputables aux modèles privés et hybrides. « Le cloud privé offre le meilleur compromis : les entreprises profitent d'un modèle qui conjugue disponibilité, service à la demande, et extensibilité. Mais le contrôle reste entre les mains du département IT de sorte que la sécurité et les règles de gouvernance ne sont pas compromises »

Le cercle vertueux du cloud privé et hybride ?
Selon les résultats obtenus par le CEBR, le modèle de cloud privé (et hybride) serait bénéfique au développement des activités commerciales et à la création d'entreprise, un bénéfice total estimé à 23.8 milliards d'euros par an pour les 5 pays réunis. « Les investissement directs et indirects et les dépenses (liées au cloud privé) stimuleront la demande de biens et services, ce qui augmentera la valeur ajoutée brute et relancera l'emploi au niveau macro-économique ». Le cabinet prévoit ainsi que les « bénéfices directs et indirects liés au gain de valeur ajouté seront de 280 milliards d'euros » d'ici à 2015 (les cinq pays compris).

Ces prévisions macro-économiques flatteuses ne tiennent pas compte en revanche des difficultés pratiques liées au passage au cloud computing dans les entreprises, comme l'a mis en évidence une étude publiée par Symantec récemment. Selon celle-ci, l'adoption de services en cloud et la virtualisation des postes de travail et des logiciels freineraient la reprise d'activité suite à un incident. Celle-ci pointe notamment des durées de remise en service allongées pour les postes de travail virtualisés et pour les applications hébergées en mode cloud.

Un exemple du fossé qui existe entre les bénéfices « stratosphériques » promis par l'informatique dans les nuage et les difficultés de mise en oeuvre « sur le terrain ».

En savoir plus
Le rapport du Centre for Economics and Business Research : « The cloud dividend »