L'addiction aux médias sociaux : un danger pour l'entreprise ?

L'addiction aux médias sociaux : un danger pour l'entreprise ?
Réel danger ou vrai-faux problème ? Les médias sociaux qui rythment le quotidien de millions de salariés en France font aujourd'hui partie -bon gré mal gré- de la vie des entreprises. Selon une enquête récemment publiée par Cisco, plus de 60% d'entre eux souhaiteraient avoir accès à leurs réseaux sociaux favoris pendant leurs heures de travail... Quitte à enfreindre les règles de l'entreprise qui restreignent leur utilisation. Requête justifiée ou exigence superflue dictée par un besoin irrépressible d'être connecté à son réseau d'amis ? En tous cas, difficile pour les entreprises de limiter aujourd'hui leur accès, alors que les représentants de la Génération Y -hyper-connectée- en impose de plus en plus l'usage.

Un « must » dans l'entreprise ?
L'enquête de Cisco menée dans 13 pays, dont la France, apporte un éclairage intéressant sur les attentes des salariés concernant l'usage des réseaux sociaux dans l'entreprise. Ils seraient ainsi 64% à estimer que les restrictions imposées par leur entreprise sur leurs usages web ne « reflètent pas leurs besoins », et autant à estimer que la navigation sur les médias sociaux devrait leur être permise. Pis, 41% d'entre eux déclarent purement et simplement enfreindre ces règles, et 51% d'entre eux considèrent que le web social leur apporte un certain équilibre dans la vie professionnelle. En France, les restrictions d'accès à Facebook concernent plus d'un tiers des salariés, une proportion quasi-égale s'agissant de Twitter, tandis que l'accès aux services de messagerie instantanée est bloqué pour 27% des répondants. Si les aspects de sécurité sont un des freins majeurs à l'implantation des réseaux sociaux, l'autre élément de « résistance » reste le procès en contre-productivité, même si cette barrière tend à s'estomper.

Médias sociaux et productivité : l'éternel débat
Sur la question des atteintes possibles à la productivité, rien n'est encore fermement établi. En tous cas en dehors de l'utilisation des médias sociaux pour la gestion de l'e-réputation et de la marque d'entreprise, deux enjeux qui mobilisent évidemment une partie des collaborateurs. Les études sur le sujet sont très contradictoires : selon une enquête réalisée aux Etats-Unis par Right Management, un spécialiste de la gestion des carrières professionnelles, 48% des cadres supérieurs estiment que l'utilisation des réseaux sociaux n'a pas d'effet négatif sur la productivité dans leur entreprise. Une autre étude menée en parallèle par le portail d'informations OneNewsPage.com sur le même sujet semble indiquer le contraire : 26% des employés interrogés déclarent passer plus d'une heure par jour sur les réseaux sociaux pendant leurs heures de travail pour une utilisation personnelle. Conclusion de cette dernière enquête : « les entreprises doivent veiller à ce que la productivité des employés ne soit pas sacrifiée à leur besoins irrépressibles de se connecter à Facebook ou Twitter »

Une « addiction aux réseaux sociaux » due à un effet de boucle ?
Le dernier constat pose donc la question d'une possible dépendance aux réseaux sociaux... Et si les salariés réclamant leur usage au travail n'étaient pas victime d'un syndrome de "connectionnïte aigüe". C'est la position défendue par Philip Tam, un psychiatre spécialisé dans les phénomènes de dépendance au web aux jeux vidéos sur internet, qui a notamment étudié la question de la dépendance aux réseaux sociaux chez les adolescents. Selon ce spécialiste, cité par le Sydney Morning Herald un "effet de boucle, notamment accéléré par la possibilité de se connecter aux réseaux sociaux sur smartphone" renforcerait le besoin de se connecter en permanence.

L'évidence de la Génération Y
Et si les medias sociaux dans l'entreprise était une "evidence générationnelle" ? Selon Edouard Le Maréchal, Directeur des études qualitatives de BVA - récemment interviewé par CommentCaMarche.net-, les Digital Natives -nés entre la fin des années 1970 et 1990, les "hyper-connectée"- devraient bousculer lse mentalités : « On leur interdit de rester connectés avec l'extérieur pendant le travail et on part du principe qu'ils ne peuvent pas faire deux choses à la fois, comme écouter de la musique ou aller sur Facebook tout en travaillant. Pour peu qu'ils se retrouvent dans un contexte où l'autorité hiérarchique est un peu trop explicite ou exacerbée, les jeunes ne vont ni comprendre, ni accepter. »

En savoir plus
L'étude de Cisco (en anglais)
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