Virtualisation des applications critiques : les entreprises traînent des pieds

 Virtualisation des applications critiques : les entreprises traînent des pieds
Comme l'illustrent plusieurs études récentes, les projets noués autour du cloud computing ont la cote auprès des DSI. Virtualisation des postes de travail, externalisation des messageries électroniques, le processus s'accélère, à une exception notable : la virtualisation des applications critiques (ex : bases de données, applications de services clients etc.), qui semble marquer le pas... Un pas que les entreprises ont semble-t-il encore du mal à franchir selon les résultats de deux études réalisées par les fournisseurs de services cloud Virtal Instruments et AppDynamics. Alors, pourquoi ?

Inquiétudes sur la disponibilité et la sécurité des applications virtualisées
La conférence VMworld qui ressemblaient les principaux acteurs du cloud computing la semaine dernière à San Francisco, a mis en évidence la réticence/résistance des entreprises face à la migration de leurs applications critiques (ex : CRM) vers des serveurs virtuels... Dans un contexte où paradoxalement, le cloud computing se porte bien, en tous cas dans certains domaines encore délimités : ainsi selon le fournisseur de solutions cloud Virtual Instruments, qui a sondé 200 professionnels de l'IT lors de l'événement, 58% des participants indiquent avoir virtualisé plus de 50% de leurs serveurs physiques. Un élan qui ne trouve pourtant pas d'écho similaire dans le processus d'externalisation des applications critiques. Selon cette étude, 48% des répondants invoquent d'éventuelles déperditions de performance comme principale raison pour ne pas virtualiser davantage d'applications au coeur de leurs activités. 32% des spécialistes interrogés par Virtual Instruments précisent que leurs inquiétudes restent focalisées sur la sécurisation des applications dans le cloud. Malgré "l'évangélisation" autour des services externalisés, les résistances semblent donc toujours cantonnées aux mêmes sujets.

Seulement 14% des applications critiques virtualisées
Des résultats corroborés par une autre étude menée auprès de 110 professionnels IT par AppDynamics, fournisseur de solutions de gestion de la performance applicative (APM). Elle révèle ainsi que seulement 14% des entreprises interrogées auraient virtualisé l'ensemble de leurs applications critiques, une tendance à contre-courant de la virtualisation des applications non-stratégiques, externalisées à 83%, selon cette étude. L'étude d'AppDynamics donne une autre raison à l'origine des blocages empêchant la virtualisation des applications critiques : 52% des répondants indiquent en effet que les prestataires chargés de la mise en oeuvre et de la mise en conformité des applications les plus critiques bloquent les projets de virtualisation, craignant une atteinte aux performances de celles-ci. Selon Jyoti Bansal, CIO de AppDynamics, "il leur manque encore des preuves solides permettant d'établir que les applications seront disponibles à 100% une fois virtualisées". Enfin, les types d'applications susceptibles d'être virtualisées ne sont pas logées à la même enseigne. Les répondants estiment en effet que les apps réservées aux collaborateurs en interne ont 50% plus de chance d'être virtualisées dans un avenir proche que les apps orientées clients ou partenaires. En d'autres termes, l'engouement pour la virtualisation est inversement proportionnel au niveau de sensibilité des données concernées par ce type de projet.

Disponibilité et sécurité : chevaux de bataille de Symantec
Du côté des fournisseurs de solutions de migration des applications vers le cloud, les "inquiétudes" exprimées par les DSI ne passent pas inaperçues. C'est le cas notamment pour Symantec, qui vient de lancer deux services pour la gamme de logiciels de virtualisation VMware, censés répondre aux craintes autour de la sécurité et de la performance des applications dans le cloud. Le premier, Application HA, est destiné à assurer la disponibilité des applications critiques comme les bases de données de SAP lors de leur migration vers les plateformes virtuelles. Le second, Symantec VirtualStore, propose des fonctionnalités de stockage pour les environnements VMware et permet de mettre à l'échelle les serveurs et le stockage de façon indépendante. De nouvelles solutions de transition "en douceur" qui suffiront à convaincre définitivement les DSI ?

En savoir plus
Compte-rendu de l'étude de Appdynamics
L'étude de Virtual Instruments
La conférence VMworld