15 ans d'Internet Explorer : des tops, des flops, et de l'avenir ?

15 ans d'Internet Explorer : des tops, des flops, et de l'avenir ?
Après 15 ans de domination sans partage, les parts de marché du célèbre navigateur web sont descendues pour la première fois sous la barre des 60% . Bousculé par l'arrivée de Firefox, le navigateur de la fondation Mozilla lancé en 2004, puis plus récemment par la montée en puissance de Google Chrome, "IE" est contraint de suivre le rythme effréné des mises à jour imposé par la concurrence. Un an et demi après la sortie de la version d'IE 8, Microsoft vient d'annoncer le lancement de la version bêta d'Internet Explorer 9 prévu le 15 septembre prochain : une nouvelle mouture qui entend reprendre l'avantage concédé à ses challengers, en misant sur sa vitesse d'affichage et une meilleure compatibilité avec les nouveaux standards du web. L'occasion de revenir sur l'histoire mouvementée du navigateur, toujours massivement utilisé dans les entreprises. 2010 : Le retour en grâce d' IE ?

De IE 1 à IE 3 : la construction d'un monopole
Lancée le 16 août 1995, la première version d'Internet Explorer est le fruit du travail de 5 programmeurs de Microsoft. Intégré à Windows 95, le navigateur allégé présente alors une barre des menus ultra-minimaliste, inspirée des logiciels bureautiques de MS Office. Trois mois plus tard, IE 2 voit le jour avec des versions pour Windows NT, 95 et 3.1 et est disponible sur les Macs embarquant les microprocesseurs PowerPC, un exemple de "l'IE-dépendance" en marche. La deuxième version supporte alors les tableaux HTML, les cookies, les protocoles d'échanges sécurisés SSL, et les groupes de discussions sur Internet, un avant-goût du web 2.0. IE éclipse alors peu à peu Netscape qui détenait jusque-là 90% des parts de marché, avant l'arrivée d'IE 3, qui introduit le célèbre logo bleu ceint d'un anneau jaune.

Passage à l'ère multimédia, implantation dans les entreprises
La troisième version du navigateur lancée en 1996 sur PC, puis portée sur Mac en 1997, intègre l'ancêtre d'Outlook Express, le client de messagerie Internet Mail & News, ainsi que le support des feuilles de styles (CSS) -qui contribue à améliorer nettement la présentation des pages web- et des formats d'images GIF et JPEG. Dans la foulée, IE Explorer 4, pré-installé sur les ordinateurs embarquant le nouvel OS Windows 98, permet de renforcer le monopole du navigateur. Il signe l'arrivée des "favicons", et les débuts d'IE sur l'OS Unix Solaris de Sun Microsystem. En situation de monopole, son usage s'ancre durablement dans les entreprises, notamment à la faveur du développement de l'internet haut-débit. Une adoption dopée par l'arrivée de la version 5, qui apporte plusieurs fonctionnalités : comme la gestion de l'historique de navigation et des favoris.

Le crash d'Internet Explorer 6 et la mauvaise réputation
Le lancement d'IE 6 signe paradoxalement le début d'une longue période de turbulences pour le navigateur : débarqué sur Windows XP, il pousse le monopole de Microsoft au-dessus de 90%, toutes versions du navigateur confondues... Mais c'est à cette époque que les gigantesques failles de sécurité sont révélées, une mauvaise réputation qui fera de l'ombre aux vesions ultérieures. Ce n'est que 6 ans plus tard que Microsoft lance la 7e version d'IE, à l'heure où le marché des navigateurs compte de nouveaux acteurs très sérieux, comme Firefox. IE 7 s'inspire d'ailleurs en grande partie de son concurrent, et ajoute notamment la gestion des onglets et la prise en charge des flux RSS, un sytème qui occupe toujours une place centrale dans la veille d'informations sur internet.

IE 8 et IE 9 : la reconquête ?
Lancée en mars 2009, la version Internet Explorer 8 intégrée à Windows 7 introduit plusieurs fonctionnalités essentielles : la navigation privée (relative) -must des nouveaux navigateurs-, une barre des menus largement paramétrable, à laquelle l'utilisateur peut ajouter des extensions, et surtout le concept d'accélérateurs, qui permet d'accéder instantanément à de nouvelles fonctions en effectuant un clic droit sur un élément.

Que faut-il attendre de la prochaine mouture d'Internet Explorer, dont la version bêta IE 9 sortira le 15 septembre prochain ? Après avoir mis à la disposition des développeurs quatre "Platform Previews" successives, la phase d'essais semble rapporter plusieurs améliorations : d'abord plus de vitesse. A la traîne dans ce domaine, Microsoft promet une accélération matérielle complète des pages : que ce soit pour les objets texte, images, vidéos et audio, avec un meilleur rendu des contenus dynamiques. IE 9 supportera donc (enfin) le HTML 5, langage censé améliorer l'interoperabilité avec les futures générations des standards web (et notamment la gestion d'applications complexes).

Une mise à niveau salutaire pour IE donc, qui s'aligne ainsi sur la position prônée par Firefox, Safari, Chrome et Opera en ce qui concerne l'avenir du web.

Suffisant pour dominer le marché des navigateurs dans les 15 prochaines années ?