Faut-il succomber à la mode du cloud computing?

Faut-il succomber à la mode du cloud computing?
C'est une question que tout patron de PME s'est posé au cours de ces derniers mois ou sera amené à se poser dans les mois à venir. Doit-on externaliser le stockage, la comptabilité et la gestion de ses ressources numériques ? Selon Google, 3000 entreprises rejoignent chaque jour Google Apps. Salesforce annonce avoir passé la barre du milliard de dollars de chiffre d'affaire pour l'année 2009. Faut-il participer à cette virtualisation des logiciels et des données de l'entreprise ?

Une offre foisonnante


Le marché a connu une explosion de l'offre depuis que la technologie a trouvé un débouché commercial :
  • Amazon, pionnier du secteur, a inauguré ce type d'offres en 2006.
  • Salesforce a été le premier à proposer la location des logiciels de gestion de relation client.
  • Google Apps se démarque par une solution bureautique complète à prix minimum.
  • IBM, Hewlett-Packard et même France Télécom ont annoncé la venue de leur offre de cloud.

Dernière annonce, à la mi-juillet, Microsoft commercialisera dès novembre Azure, sa solution complète.

Cloud privé ou cloud public ?


Les entreprises sont réceptives à cette nouvelle technologie. Selon une étude d'IDC, 1 patron sur deux connaît de manière partielle le cloud. Mais ils sont 2 sur 3 à ne pas en maîtriser les avantages et les inconvénients.
La distinction entre le cloud privé et le cloud public est nécessaire pour s'orienter :
  • le premier laisse à l'entreprise la détention et la gestion des données. Seuls des utilisateurs désignés et identifiés peuvent exploiter le service. Amazon et Microsoft orientent leurs offres dans cet esprit.
  • le cloud public quant à lui, privilégié par Google ou le logiciel Zoho, assure un hébergement externe des données sous forme de location dans des fermes de serveur.

Vers un nouveau modèle, vers de nouvelles méthodes?


Alors en quoi, ce passage au clouding, véritable renversement de modèle économique pour le secteur de l'informatique, pourrait bénéficier à une PME ?
Quelques éléments d'explication :
  • l'adaptabilité à la taille et aux métamorphoses de l'entreprise.
  • la fin des problèmes d'installation, de logistique et de maintenance.
  • le désencombrement et la réduction a minima des archives.
  • la mobilité absolue puisqu'un simple navigateur permet d'accéder à l'ensemble de ses documents.
  • la réduction des coûts : investissement faible, moins de personnel compétent, simplicité de la formation pour utiliser les données.

Il est évident que ces nouvelles caractéristiques risquent de bouleverser en profondeur le rapport au travail et la productivité: possibilité de travailler partout dans le monde, mutualisation des savoirs, collaboration à distance et peut-être même dématérialisation du lieu de travail.

De réticences persistantes chez les patrons


Les champs d'application sont tellement larges qu'il est presque impossible d'anticiper les délices et les poisons du clouding. On constate cependant une profonde méfiance de toute une frange de patrons, même chez les plus jeunes, quant à l'opportunité de se convertir au cloud. Parmi les motifs les plus couramment invoqués, retenons :
  • l'absence de confiance. A l'heure où certains soupçonnent le géant américain Google de s'emparer d'informations confidentielles ou Facebook d'exploiter les données de ses usagers, comment être certain que ces entreprises n'abusent pas d'informations stratégiques à votre insu ?
  • la dépendance à l'égard d'une autre entreprise et d'un réseau. Véritable point d'achoppement pour tout entrepreneur soucieux de son autonomie. Qui serait prêt à adosser son fonctionnement à celui d'une entreprise aux intérêts autres ?
  • la fiabilité des serveurs. Il est déjà arrivé que des défaillances surviennent sur les serveurs et une cyber-attaque massive n'est pas moins envisageable. Les données sont souvent conservées dans plusieurs serveurs mais la vulnérabilité physique et les erreurs humaines restent de mise. Etes-vous prêt à les faire reposer sur des employés qui ne sont pas de votre équipe ?


Le clouding n'en est aujourd'hui qu'à ses balbutiement mais l'externalisation semble s'imposer comme le modèle de demain."Le cloud va mettre dix à quinze ans pour se mettre en place", reconnaît Philippe Bournhonesque directeur de la stratégie logiciels chez IBM France. Il n'apparaît pas comme une priorité immédiate pour bon nombre de PME. Néanmoins un patron au fait a le devoir de se pencher sur une technologie susceptible de modifier, et peut-être d'améliorer, le fonctionnement de son entreprise.
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