Alexis Dormoy, Inapa : « avec la 3D, raccrocher le web à la réalité »

Alexis Dormoy,  Inapa : « avec la 3D, raccrocher le web à la réalité »
A l'heure où la 3D fait son apparition sur les téléviseurs et les consoles de jeux vidéos, la question du web 3D et de ses usages professionnels refont surface. Longtemps évoquée comme « l'avenir du web » et propulsée par les créateurs d'univers virtuels comme Second Life, la 3D trouve aujourd'hui des débouchés dans les plans de communication des entreprises. Inapa, société spécialisée dans la distribution de papiers et supports d'impression pour les usages graphiques et bureautiques, fait partie des entreprises qui croit en l'avenir de la 3D sur le web. Elle est notamment présente sur deux espaces virtuels qui servent de vitrines à ses activités et de support de présentation à ses produits. Alexis Dormoy, directeur marketing chez Inapa, revient en détails sur les raisons du choix de la 3D, la prise en charge de cette technologie et les objectifs de communication de l'entreprise autour de ces espaces virtuels.

CCM - Inapa est présent sur deux salons web virtuels. Qu'est-ce qui a motivé le choix de la 3D comme vecteur de communication ?
Alexis Dormoy - Nous l'avons fait pour assurer à la fois une présence et une visibilité. Nous avons mis en œuvre deux projets pour créer le buzz par rapport à nos produits mais aussi pour nous positionner en avant-garde sur la 3D. Notre partenaire (la société NEW3S) a créé une tour de business virtuel « 3dTradecenter » dans lequel nous avons installé notre propre bureau virtuel, où les internautes peuvent donc visiter notre entreprise en 3D.

Nous sommes également présents sur un salon virtuel en partenariat avec l'association « Terralliance », avec un stand présentant notre gamme de papiers recyclés. Notre support étant souvent montré du doigt comme n'étant pas environnemental, nous avons développé un concept où l'on retrouve nos produits recyclés écoresponsables. Il y a donc un lien thématique entre cette gamme de produits et ce salon virtuel dédié à l'écologie et au développement durable.

CCM - Quel est l'objectif lié à votre participation à un salon virtuel écoresponsable ?
AD - L'objectif de ce salon est de permettre aux internautes de découvrir certains de nos produits sans avoir à se déplacer. Ils peuvent y naviguer comme s'ils étaient dans un vrai un salon. C'est l'occasion pour nous de participer à une initiative globale qui permet de réduire l'impact environnemental des salons, qui sont très émetteurs en Co2. L'autre avantage évidemment, c'est que nous y sommes présent toute l'année 24h/24 et partout dans le monde, et ce dans un cadre ludique et interactif.

CCM - Ces espaces virtuels s'adressent à quels types de publics ?
AD - Le bureau virtuel est une opportunité pour nous de réseauter, de rencontrer des entreprises qui ont déjà un bureau virtuel et qui comme nous croient à l'internet 3D, c'est une façon d'avoir des accroches de business.

En ce qui concerne le salon virtuel dédié à nos produits recyclés, nous ciblons simplement les internautes, consommateurs, entreprises ou simples curieux- qui sont sensibles aux démarches environnementales et qui suivent ça de près.

Le fait d'être présent aujourd'hui sur la 3D va nous servir plus tard à porter de nouveaux projets sur ce créneau.

CCM - Comment avez-vous sélectionné votre prestataire 3D ?
AD - C'est très simple, J'ai été bluffé par ce qu'il m'a montré. Au-delà du choix du partenaire, je suis convaincu que le pas technologique qui pouvait gêner le développement de la 3D est aujourd'hui franchi et qu'il est désormais possible de raccrocher Internet à la réalité.

CCM - Est-ce que la présence d'Inapa sur le créneau de la communication 3D implique une redéfinition du modèle économique de l'entreprise ?
AD - Pour moi le business model il est clair : plus les gens sont proches de la réalité pour apprécier un produit, comme c'est le cas grâce à la visualisation 3D, plus ils sont rassurés et à l'aise pour acheter. Grâce à toutes les fonctionnalités audiovisuelles qui se greffent à la 3D, je dirais qu'on arrive quasiment à recréer de la matière.

CCM - On se représente assez facilement les usages de la 3D appliqués à des objets d'un certain volume et qui offrent des perspective et des angles, mais pas vraiment ce que cela peut donner avec du papier. N'est-ce pas à contre-emploi?
AD - Quand on pense au papier, on imagine une surface assez standard et lisse, comme une feuille blanche pour l'impression. En réalité, nous avons plus de 4500 sortes de papiers qui se distinguent par leur surface et leur couleur. Évidemment, avec le blanc standard, difficile d'apprécier la différence sur une présentation 3D. Mais parmi nos clients, nous avons beaucoup de graphistes qui sont à la recherche de supports différents pour leurs faire-parts ou leurs cartes d'invitations, et la 3D peut alors devenir un outil de visualisation qui facilite le choix du produit. Le web 3D est également plus économique pour notre client : pour reprendre l'exemple du graphiste, celui-ci va pouvoir faire une présélection de produits beaucoup plus sûre et beaucoup mieux guidée pour les présenter à ses clients, et donc en commander un peu moins.

CCM - Qu'en est-il de la la prise en charge technologique de la 3D et de sa difficulté d'intégration sur une site web ?
AD - Ce n'est pas plus difficile que pour un site site standard. Le cahier des charges est simplement plus lourd à monter, car il faut « raisonner » en 3D. D'un point de vue purement informatique, l'investissement est le même que pour un site 2D sauf que le travail préalable est plus important. Il faut notamment dématérialiser les objets pour les représenter à l'écran, ce qui est un processus assez long. Là, nous essuyons vraiment les plâtres, car peu d'entreprises ont fait ce choix, et on est donc en terre inconnue. On navigue à vue et on valide étape par étape. Il y a toujours des surprises et des choses inattendues et le contrôle se fait donc en continu. Nous sommes partis sur 6 à 10 mois de développement pour aboutir à quelque chose d'efficace. C'est là que notre collaboration avec NEW3S joue pleinement son rôle.

CCM - Une des clés pour le développement réussi d'un site web, c'est le retour utilisateur, l'analyse de statistiques des visites et des pages vues. Comme ces aspects sont pris en charge sur un présentation 3D ?
AD - Exactement de la même façon que sur un site 2D. Les bornes virtuelles grâce auxquelles l'internaute navigue permettent de tirer des statistiques, les possibilité et techniques de suivi sont donc les mêmes. Nous faisons des reportings réguliers et en fonction des résultats obtenus, nous améliorons certains aspects de la navigation virtuelle, comme l'orientation de l'internaute dans l'espace. La 3D est très attractive et du coup il y a un trafic spontané beaucoup plus fort que sur un site 2D. D'où la nécessite de mettre en place un système de suivi.

CCM - Est-ce que la création d'espaces virtuels représente un investissement lourd ?
AD - Non, de notre côté, ce n'est pas très impactant, mis à part le travail de réflexion et de concertation entre les différentes équipes techniques de l'entreprise. Derrière, la mise en œuvre est assez rapide.

Pour en savoir plus :
Le Bureau virtuel d'INAPA
Le Salon virtuel d'Inapa
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