Social Sentry : Big Brother aux portes de l'entreprise ?

Social Sentry : Big Brother aux portes de l'entreprise ?
L'éditeur de solutions de sécurité Teneros vient d'annoncer la sortie de Social Sentry, une solution SaaS qui permet de contrôler l'activité des collaborateurs d'une entreprise sur les réseaux sociaux. Via une interface Web, l'administrateur peut ainsi suivre à la trace les connexions sur les réseaux comme Facebook, Twitter et bientôt MySpace, LinkedIn et YouTube. A mi-chemin entre la solution de surveillance, de sécurité et de productivité, Social Sentry – pour l'heure disponible aux Etats-Unis – déploie des fonctionnalités étendues : avec des rapports analytiques détaillés, un système d'alertes et de notifications, et surtout la possibilité de monitorer les connexions opérées depuis les terminaux mobiles. Du fait de son mode de surveillance particulièrement intrusif, Social Sentry est déjà pointé du doigt pour le risque d'atteinte à la vie privée qu'il pose. Pourtant d'autres solutions, plus simples existent aujourd'hui pour éviter aux entreprises d'en arriver jusque-là...

Social Sentry : « l'œil » de Moscou ?
La sortie de Social Sentry préfigure-t-elle des nouveaux modes de régulation de l'accès aux réseaux sociaux dans l'entreprise ? Toujours est-il que le nouvel outil édité par Teneros opère un glissement risqué vers des méthodes de contrôle radicales de la « navigation Internet professionnelle ». Le logiciel en mode SaaS justifie son « arsenal » de fonctionnalités par une gestion complète des risques liés à la fréquentation des médias sociaux dans l'entreprise : usage illégal, fuite d'informations sensibles, atteinte à la marque ou à l'image de l'entreprise, impacts financiers... Les médias dans le collimateur de Social Sentry ? Facebook et Twitter d'abord, auxquels succèderont bientôt YouTube, MySpace, et plus surprenant... LinkedIn. Le logiciel est disponible en service hébergé, et le coût de l'abonnement est fixé entre 2 et 8 dollars par employé.

L'Internet professionnel en garde rapprochée
Social Sentry permet à l'administrateur de paramétrer les mots clés à surveiller et d'ajuster le niveau de détails demandé dans les rapports. Il peut ainsi déterminer si les employés respectent la confidentialité des données de l'entreprise, dénigrent leur employeur, ou s'ils entretiennent des rapports avec la concurrence. L'outil permet notamment d'enregistrer le temps passé par chaque employé sur les réseaux sociaux et d'en déterminer la part d'usage récréatif... Une solution « clé en main » opérationnelle « en moins d'une heure », annonce-t-on sur le site de l'éditeur.

Atteinte à la vie privée ?
Social Sentry est en tous cas déjà au cœur d'un débat éthique et juridique : à l'heure où les usages mobiles se généralisent, la frontière entre accès personnel et professionnel aux réseaux sociaux disparaît. En d'autres termes, Social Sentry peut « espionner » la vie privée des utilisateurs du matériel de l'entreprise, en dehors de leur temps de travail. Mais pourquoi faire compliqué... quand on peut faire simple?

Les méthodes de contrôle « conventionnelles »
Si Social Sentry présente « l'avantage » d'aider les RH à mieux comprendre l'utilisation d'Internet par leurs employés, la solution est loin d'être la plus simple à mettre en pratique. Car il faut bien un « pilote » pour digérer les informations recueillies. Hors aujourd'hui, d'autres méthodes de contrôle plus classiques et moins coûteuses existent. Outre la mise en place d'une charte d'utilisation d'Internet qui mise sur le principe de confiance et installe un climat par définition moins lourd dans l'entreprise, les filtres de contenus (URL/mot clé/types de fichiers) comme Internet Limiter par exemple offrent, en principe, de bonnes garanties.

Pour en savoir plus : Social Sentry, descriptif du produit