Dématérialisation fiscale : un bond numérique pour les entreprises

Dématérialisation fiscale : un bond numérique pour les entreprises
Le spécialiste des voyages d'affaires Carlson Wagonlit Travel France a récemment annoncé la dématérialisation progressive de ses factures clients. De même que la RATP, qui traite environ 250 000 factures fournisseurs par an. La dématérialisation fiscale apparaît aujourd'hui comme un première étape vers l'adoption de procédés Green IT plus ambitieux. Depuis deux ans, ce marché connaît un véritable essor : les prestataires sont de plus en plus nombreux. Selon les prévisions du cabinet Markess International, cette tendance est durable: avec une croissance annuelle estimée à 29% jusqu'à 2011. Apanage des grands comptes, la dématérialisation fiscale s'ouvre aujourd'hui aux PME.

Pour les grosses et petites entreprises, la dématérialisation fiscale des factures est avant tout un enjeu économique : réduction des coûts de traitement bien sûr, gain de productivité par l'automatisation des procédures... La finalité est la même : supprimer les conséquences des litiges qui ont pour origine un erreur humaine lors du traitement « manuel » des documents papiers.

Dans tous les cas, le processus entre dans un cadre juridique précis. C'est l'article 289 du code des impôts qui régit les conditions de dématérialisation des factures. Et la mise en conformité des prestataires de solutions avec ce cadre est plus qu'un critère de choix, c'est une obligation légale.

Le choix des grands comptes
Carlson Wagon Lit Travel France et la RATP ont récemment adopté une solution de dématérialisation fiscale pour leurs factures clients et/ou fournisseurs : le choix du voyagiste s'est porté sur Accelya, un prestataire qui offre deux solutions : l'une s'articulant autour d'une plateforme de dématérialisation déjà en place, l'autre sous forme de « package » complet permettant la mise en oeuvre du procédé ex nihilo. La RATP a quant à elle misé sur DESCOM, une solution qui a l'avantage de s'intégrer aux progiciels de gestion intégré comme SAP. Deux prestataires dont les solutions supportent de gros volumes de factures (3 millions dans le cas de Carlson Wagon Lit) notamment grâce à leur force de déploiement.

Mais une caractéristique les rapprochent des prestataires plutôt orientés vers les PME : la souplesse d'intégration.

Des offres économiques pour les PME
Plusieurs dizaines de prestataires dans le champ de la dématérialisation des factures ont émergé récemment. La plupart offre des solutions « ad hoc » et une tarification préférentielle pour séduire les TPE/PME au budget limité. C'est le cas de la solution de dématérialisation « eFlow » de la société Inge-com qui s'interface avec les applications existantes pour permettre aux entreprises de rentabiliser plus vite leur investissement. Une caractéristique partagée par de très nombreux d'éditeurs aujourd'hui.

Dématérialisation mixte : version logicielle et hébergée
Toujours dans une logique de réduction des coûts de fonctionnement, certains éditeurs proposent une version hébergée de leurs solutions : c'est le cas d'Invoice Manager de Generix Group disponible en version logicielle et mode SaaS. D'autres misent sur une solution entièrement SaaS comme l'éditeur Esker qui, avec son offre « Esker on Demand », cible les PME qui souhaitent mieux maîtriser leurs coûts en s'affranchissant des contraintes techniques.

La dématérialisation au-delà des frontières
Un des grands obstacles à la dématérialisation fiscale des factures est le manque d'harmonisation des pratiques de dématérialisation, notamment au niveau européen. Le géant B-process a ainsi développé une plate-forme, « BillManager » certifiée dans 18 pays et qui mise sur l'interopérabilité avec les plate-formes de certains éditeurs internationaux. Une solution qui s'adresse bien sûr aux plus grands groupes.

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