Bug de l’an 2010 : l'Allemagne tire une mauvaise carte

Bug de l’an 2010 : l'Allemagne tire une mauvaise carte
Le monde entier avait craint le bug de l’an 2000… mais personne n’avait envisagé celui de 2010 ! Pourtant, en Allemagne, les banques sont bel et bien en train de vivre un cauchemar informatique. Car Outre-Rhin, les logiciels gérant les distributeurs automatiques de billets n’ont, semble-t-il, pas apprécié le passage en 2010. Résultat : plus de 23,5 millions de cartes bancaires sont bloquées et un vrai casse-tête pour les banques, leurs clients… et le fabricant de puces français, Gemalto, qui fournit la majeure partie des banques allemandes.

Souvenez-vous, c’était il y a 10 ans. On craignait que le 1er janvier 2000 à 00h01, les ascenseurs allaient s’arrêter, que toutes les lumières s’éteindraient… bref le blackout complet ! Le monde entier retenait son souffle : les ordinateurs allaient-ils pouvoir gérer le passage à un nouveau millénaire ? Finalement, le passage à l’an 2000 n’aura pas eu le retentissement craint et le millénaire a pu démarrer sans grosses catastrophes informatiques !

En revanche, personne n’avait apparemment prévu le bug… de l’an 2010 ! Passé relativement inaperçu en France, il sème littéralement la pagaille en Allemagne où plus de 23,5 millions de cartes bancaires se retrouvent bloquées. En cause : un bug informatique. Une erreur de programmation des puces des cartes ne géreraient pas bien le passage à l’an 2010. Résultat, il est impossible aux titulaires de ces cartes bloquées d’effectuer des paiements en magasins ou simplement de retirer de l’argent.

Le fabricant français Gemalto, dans la tourmente, gère la crise
Ce bug, qui ne touche que le territoire allemand, inquiète, car il est dû à une erreur de programmation du fournisseur français de cartes à puces Gemelto… leader sur le marché des cartes à puces. Du coup, les clients de Gemelto commencent à avoir quelques sueurs froides… et se demandent si eux aussi vont être victimes de bugs qui touchent, pour le moment, un quart des cartes bancaires en circulation en Allemagne.

De son côté, Gemalto tente de gérer la crise tant bien que mal et se veut rassurant, alors même que l’entreprise est montrée du doigt par les banques allemandes. Dans un communiqué diffusé hier matin sur son site internet, le fabricant assurait développer une solution corrective avec les banques allemandes depuis dimanche, tout en soulignant que seules les cartes bancaires allemandes avaient été concernées par ce dysfonctionnement. Selon le Zentraler Kreditausschuss (la commission centrale des groupes bancaires allemands), le fonctionnement des cartes bancaires étaient rétabli sur la majeure partie du territoire allemand.
Olivier Piou, directeur général de la société indiquait hier que Gemalto s’efforçait « de minimiser la gêne occasionnée aux porteurs de carte. En notre qualité de partenaire, nous nous conformerons bien évidemment à nos obligations contractuelles, et continuerons à soutenir nos clients. Nous pensons pouvoir déployer rapidement avec les banques allemandes une solution qui permettra le retour complet à la normale. »

Malgré ces déclarations rassurantes, ce bug pourrait coûter très cher à Gemalto, tant en termes financiers qu’en terme d’image. Hier, le titre de Gemalto avait déjà perdu 3,37% de sa valeur sur les places boursières.

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Voir le site de Gemalto

Crédit photo : © Tuulum | Dreamstime.com