L’e-commerce ne connait pas la crise

L’e-commerce ne connait pas la crise
L’institut de mesure Mediamétrie vient de révéler que 33,5 millions de Français étaient connectés à Internet en septembre dernier. Dans un contexte économique morose, les e-commerçants, et plus particulièrement les pure-players pourraient bien tirer leur épingle du jeu, en voyant leur audience grimper.

Casino qui sort la tête de l’eau grâce à sa filiale Cdiscount, chiffre d’affaires record pour eBay… Les e-commerçants nés avec Internet ne semblent pas craindre le ralentissement économique induit par la crise en 2009. Le moral des ménages est au plus bas ? Les e-commerçants attaquent et mettent en avant des prix toujours plus bas ! Et du côté des consommateurs, la recette semble fonctionner puisque, dans une récente enquête de l’Ifop pour le compte de L4-Epsilon Logistics Systems, 62% des sondés estiment que les prix constituent l’atout le plus sérieux du commerce en ligne par rapport au commerce traditionnel.

C’est donc sur la bataille des prix que les commerçants en ligne sont attendus par les consommateurs… et pas seulement en période de crise. Car pour eux, le contexte de crise n’influe pas vraiment sur leurs comportements d’acheteurs en ligne. Ils sont 56% à déclarer qu’ils achètent autant en ligne en période de crise et 44% à considérer que la crise n’a aucun effet (ni positif, ni négatif) sur le secteur du commerce à ligne. Est-ce à dire que le secteur du e-commerce profite d’une certaine homéostasie ?

Le montant des commandes en baisse
Pas tout à fait, car contrairement à ce que semble montrer l’étude de l’Ifop, les sites d’e-commerce continuent d’enregistrer de forts taux de croissance : rien que pour le premier semestre 2009, au plus fort de la crise, le secteur enregistrait une progression de 25% de son chiffre d’affaires par rapport au premier semestre 2008. Car le secteur est bien soutenu par la demande, selon la Fevad (Fédération du E-commerce et de la Vente à Distance) : le nombre de cyberacheteurs a encore grimpé de 7% au second semestre. Mais les modes de consommation changent : tandis que le montant des commandes connaît une baisse de 7%, passant de 93€ à 89€, le nombre des commandes grimpe pour atteindre une moyenne d’environ d’une transaction par mois et par cyberacheteur. Le nombre de sites de e-commerce devrait lui franchir la barre des 60 000 en France.

Les sites de vente en ligne au cœur des recherches sur Google
Mais le dynamisme du secteur s’exprime aussi sur Google, où les poids-lourds du e-commerce restent très recherchés. Ainsi, entre août et septembre, les recherches avec la requête « leroy-merlin.fr » a bondi de 237%, tandis que les recherches sur le pure-player Amazon montait à + 206%. Ces augmentations traduisent bien l’intérêt des acheteurs pour les marques !

Le B to Bo plus touché
Pourtant, malgré des chiffres encourageants la situation reste disparate. Ainsi, les transactions en B to B ne jouissent pas du même dynamisme, elles affichent même une croissance en baisse de 3% au premier semestre. Si la crise ne semble pas avoir eu d’impact réellement négatif sur les particuliers, les professionnels semblent eux avoir ralenti leurs dépenses. A moins que l’attractivité des sites de e-commerce ne soit à remettre en cause. Selon une étude Benchmark Group de mai dernier, les clients estiment ne pas recevoir de promotions suffisamment attractives pour leur faire franchir le pas du e-commerce. Les e-commerçants devront donc faire preuve d’imagination s’ils veulent séduire une clientèle professionnelle.

En savoir plus
Consulter l’étude sur les internautes et le e-commerce
Voir les chiffres-clés du e-commerce sur le site de la Fevad
Un quart des consommateurs ont testé le "m-commerce"