Google Apps : 20 millions d’utilisateurs, qu’est ce que ça change ?

Google Apps : 20 millions d’utilisateurs, qu’est ce que ça change ?
Microsoft n’a plus vraiment le droit à l’erreur, à l’aube du lancement d’Office 2010. Car en face, avec sa suite en cloud-computing, Google est littéralement en train de se tailler la part du lion sur le marché des suites bureautiques, surtout du côté des professionnels.

Les chiffres donnent le vertige : à ce jour, plus de 20 millions de personnes utilisent chaque jour la suite Google Apps au travers de 100 pays dans le monde. Mais ce qui devrait faire peur à Microsoft, c’est surtout les 2 millions de clients professionnels que Google a d’ores et déjà séduit. On est certes loin des 500 millions d’utilisateurs de Microsoft Office à travers le monde, mais force est de constater que les Google Apps sont en train de sérieusement bousculer un géant installé depuis une vingtaine d’années sur le marché des suites bureautiques ! A quoi ça tient ? A un effet de génération peut-être. A une promesse de réduction des coûts, sans doute. Mais c’est aussi le signe d’une nouvelle conception du travail : Google Apps ouvre la porte au travail collaboratif au sein des entreprises.

Des coûts très légers
C’est en partie l’allègement des coûts qui a conquis les entreprises. Plus léger et imposant moins de gestion à une DSI, les Google Apps pour les entreprises sont disponibles à partir de 40€ par utilisateur et par an.
Pas étonnant alors que de grands groupes comme Konica Minolta ou le français Valéo aient migré vers les Google Apps ! Chez Google, la version gratuite des Google Apps pour les particuliers et la version Premier destinée aux entreprises repose sur la même architecture : résultat, le nombre grandissant de d’utilisateurs ne génère pas de coûts supplémentaires à Google. Puisque la suite est disponible en cloud, les frais de maintenance sont très réduits pour Google. Bref, les calculs sont vite faits pour les chefs d’entreprise quand on sait que la gestion d’une simple messagerie coûte environ 110€ par utilisateur à une entreprise.

Un système éprouvé, mais vraiment fiable ?

Avec 20 millions d’utilisateurs, on peut dire que les Google Apps sont bien rôdées. Pourtant, lorsqu’elles sont en panne c’est la panique à bord ! Et c’est bien ce qui fait tiquer certains DSI… Qu’est-ce-qui se passe lorsque le système pédale dans la semoule ? Pour sa version Premier, Google affirme garantir le service à 99,99% grâce à un service maintenance disponible 7 jours sur 7 et 24h/24h. Peu de chance que les pannes durent longtemps donc.
Ouvrir son marché aux entreprises a aussi forcé Google à revoir sa copie. Ainsi, sous la pression de ses concurrents, le géant américain a rendu disponible toute la suite en mode off-line. Un moyen de rassurer ses clients, qui se demandaient « Comment on fait si on a une panne d’internet ? »

Vers le tout collaboratif ?
Mais le succès de la suite Google Apps s’explique aussi en partie par une tendance forte qui s’est installée dans les entreprises depuis environ 5 ans : le travail collaboratif. C’est particulièrement vrai pour les entreprises multinationales et multisites ! Alors que l’organisation de travail par projets s’accentue, ces entreprises avaient besoin d’outils résolument collaboratifs et accessibles en mobilité. Et c’est bien sur cela que Google pariait. Lors d’un entretien qu’il nous avait accordé en mai dernier, Laurent Lasserre, directeur de Google Entreprises pour la France, nous confiait qu’il pariait aussi sur une nouvelle génération d’utilisateurs qui arrivaient sur le marché du travail qui « sont souvent habitués à travailler avec des outils légers et veulent se débarrasser des outils lourds ».
Pourtant, tout le monde n’est pas prêt à se débarrasser de sa suite Office installée en « dur » sur son ordinateur ! Par habitude mais aussi par souci de compatibilité avec d’autre logiciels CRM ou ERM. Malgré un partenariat avec Salesforce, la compatibilité des Google Apps avec une large palette de logiciels CRM reste le point faible de Google. C’est aussi l’un des revers de son succès ; avec 2 millions d’utilisateurs professionnels, Google ne pourra pas rester indéfiniment « indépendant » et devra passer des accords avec plusieurs fabricants de logiciels s’il veut voir son portefeuille de clients s’agrandir.