Frédéric Tourisseau, Citrix : « On a encore une forte marge de progression en France »

Frédéric Tourisseau, Citrix : « On a encore une forte marge de progression en France »
Avec plus de 200 000 entreprises clientes à travers le monde, Citrix est un acteur mondial important sur le marché des serveurs. L’entreprise est d’ailleurs au cœur des problématiques de virtualisation, qui anime en ce moment aussi bien les fabricants de hardware que les fournisseurs de service. Frédéric Tourisseau, vice-président Citrix Europe du Sud, croit, lui, en la virtualisation des applications.

CCM - Citrix est depuis longtemps un poids lourd du marché des applications centralisées. Alors que la concurrence devient de plus en plus rude, notamment sur le marché de la virtualisation, comment se porte Citrix aujourd’hui ?

FT - Plutôt bien ! Nous restons un acteur important du marché de la virtualisation puisqu’à l’heure actuelle Citrix compte 200 000 entreprises clientes dans le monde, dont 10 000 entreprises françaises. Cela montre bien que Citrix continue à être un acteur reconnu. On se rend compte qu’aujourd’hui n’importe qui peut être intéressé par la virtualisation à tous les niveaux : postes de travail, applications, serveurs, etc. Nous avons développé nos parts de marché en offrant des solutions plus efficientes dans ce domaine.

CCM - Justement, avec la virtualisation des serveurs de stockage, la problématique de la virtualisation des applications est aujourd’hui au cœur des préoccupations des services informatiques. Pour quelles raisons ?

FT - Je prends souvent l’exemple du boîtier Canal Plus pour faire comprendre en quoi la virtualisation des applications est intéressante. Si vous prenez le décodeur Canal Plus, tel qu’on l’a connu dans les années 90, par exemple, il s’agissait d’un simple boîtier qui permettait, sans rien stocker, d’accéder aux programmes que l’on désirait. Aujourd’hui, la virtualisation des applications c’est presque pareil : elle permet à des employés d’accéder vraiment au cœur des programmes utilisés dans leur entreprise, sans qu’ils aient besoin de les stocker sur leurs propres machines.

« S’adapter aux nouveaux modes de navigations qui sont les nôtres aujourd’hui, à savoir les PDA et les iPhones »

CCM - Et concrètement, quels avantages présente la virtualisation d’applications ?

FT - Cela représente 3 niveaux d’intérêt. D’une part technologique, puisque la virtualisation supporte n’importe quelle plateforme de travail et que n’importe qui peut y accéder dans l’entreprise.
D’autre part, ça permet aussi de réaliser des économies d’échelles considérables, selon la taille de la structure. Le fait de rendre une application disponible immédiatement permet d’être vraiment efficient, surtout dans le domaine informatique !
Enfin, ça permet de s’adapter aux nouveaux modes de navigations qui sont les nôtres aujourd’hui, à savoir les PDA et les iPhones pour ne citer qu’eux. La virtualisation d’applications permet, par exemple, de se connecter sans devoir être présent dans l’entreprise ou lorsqu’on est en déplacement à partir de n’importe quel type de terminal.
En proposant ce type de services, Citrix a su s’adapter à ces nouveaux besoins. Nous avons bien vu que cela intéressait les différents acteurs. Aujourd’hui, on se rend compte que les partenariats entre les fabricants de hardware et les distributeurs de service ont quelque chose d’automatique. Nous l’avons bien noté chez Citrix puisque le département RD de France Telecom dépose des brevets sur les technologies Citrix.

CCM - Vous avez aussi annoncé un partenariat avec Microsoft récemment…

FT - Oui, tout à fait ! Nous avons un partenariat étroit avec Microsoft. L’OS Windows équipe 80 % des entreprises. Nous avons donc conclu un partenariat qui repose sur la virtualisation des postes de travail. Nous avons fait de même avec Fujitsu. Cette démarche s’inscrit dans un axe plus global de développement de nos accords historiques allant de la virtualisation des applications, puis des serveurs et des postes de travail.

« Les PME nordiques sont beaucoup plus sensibles aux nouveautés »

CCM - En parallèle, vous avez aussi annoncé une évolution de NetScaler. A quelles améliorations peut-on s’attendre ?

FT - NetScaler supporte désormais l’angle Wlan, c’est une première chose. Ensuite, ce nouveau système permettra de supporter différentes réglementations, dans le domaine bancaire notamment. Les banques pourront implémenter NetScaler dans leur système informatique en toute sécurité. Globalement, la problématique des normes a été au cœur de NetScaler. Nous avons aussi axé cette nouvelle mouture sur le Green IT, puisque l’architecture multi-cœur permet des économies de CO2, mais aussi des économies tout court pour les entreprises.

CCM - Globalement, comment se porte le marché de la virtualisation en France ?

FT - La virtualisation, qu’elle soit des serveurs, des postes de travail ou des applications, est une technologie économique... elle intéresse donc de plus en plus les entreprises ! Mais fondamentalement, la France est en retard sur les Etats-Unis. Traditionnellement, les choses vont un peu moins vite en Europe : on maîtrise moins bien l’outil, la zone de couverture est moins forte, etc. Mais même en Europe, on constate des disparités, les PME nordiques, par exemple, sont beaucoup plus sensibles aux nouveautés. Enfin, la dépense informatique est en moyenne moins forte que dans d’autres pays. Ce qui fait que même si la virtualisation intéresse, on a encore une forte marge de progression en France.

CCM - Frédéric Tourisseau, je vous remercie.