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Marco Hormazabal, Cisco : « La vidéo-conférence n’est plus l’œil de Moscou qui épie les collaborateurs »

CommentCaMarche - lundi 25 mai 2009 - 14:00
Marco Hormazabal, Cisco : « La vidéo-conférence n’est plus l’œil de Moscou qui épie les collaborateurs »
Depuis 2007, Cisco propose son service Téléprésence. Véritable révolution dans la sphère de la vidéo-conférence, le système offre la possibilité de recevoir le son et la vidéo en haute-définition. Une technique qui permet une véritable immersion pour les participants à la réunion, selon Marco Hormazabal responsable du développement des ventes visio et Téléprésence de Cisco France.

CCM - A quels besoins répond votre gamme de service Téléprésence ?


MH – Ca répond aux attentes des déçus de la vidéo-conférence ! Concrètement, nous avons réussi à proposer un service qui permet aux entreprises non seulement l’économie des voyages et des billets d’avions et de trains mais aussi d’avoir une meilleure productivité et de permettre le travail à distance. Pendant plus de 10 ans, nous les solutions de vidéo-conférence développés par les constructeurs n’ont pas été à la hauteur. Les utilisateurs attendaient un meilleur outil.

CCM – Les solutions n’étaient pas à la hauteur, mais les freins ne venaient-ils pas des utilisateurs eux-mêmes ?


MH – Sans aucun doute. Il y bien eu une évolution des mentalités par rapport aux premières vidéo-conférences. Il faut bien comprendre qu’au début c’étaient les grands patrons qui se servaient de ce type de techniques. Alors quand cet usage a commencé à se démocratiser, certains collaborateurs pensaient qu’ils étaient espionnés par leurs patrons, comme s’ils étaient observés par l’œil de Moscou ! Heureusement, depuis les regards sur la vidéo-conférence ont changé, notamment grâce à l’entrée des webcams dans les foyers, qui jouissent d’une image plus ludique.

« L’utilisateur ne se rend pas vraiment compte de la distance qui le sépare de son collaborateur »

CCM – Justement, aujourd’hui les utilisateurs ont accès aux webcams ainsi qu’à des logiciels comme Skype ou Windows Live qui permettent de coupler vidéo et audio. Dans ces conditions, quelles plus-values peut-on attendre de services de Téléprésence ?

MH – Les solutions gratuites ne sont pas adaptées aux besoins des entreprises. La première raison de ne pas utiliser les solutions gratuites dans le cadre professionnel, c’est bien sûr la sécurité.
Lorsque vous utilisez un logiciel gratuit, les données que vous utilisez ne sont pas chiffrées. Or, lorsqu’on est professionnel, on ne peut pas se permettre de laisser s’échapper des données.
Le deuxième point, c’est bien sûr une qualité d’image et de son incomparable !
Avec Téléprésence, nous avons voulu créer une véritable immersion, de façon à ce que l’utilisateur ne se rende pas vraiment compte de la distance qui le sépare de son interlocuteur.
Le développement de l’internet et des protocoles IP nous a permis d’améliorer la qualité du service mais aussi sa facilité d’accès.

CCM– Quels types d’entreprises sont véritablement concernés par l’utilisation de ce système ?

MH – Je crois que toutes les entreprises peuvent avoir besoin d’accéder à ce type de service. Il faut bien comprendre que la vidéo participe à la qualité de l’échange. Lorsque vous avez des collaborateurs ou des clients à Marseille, d’autres à Tokyo ou à Londres et que votre entreprise est basée à Lyon, la vidéo-conférence permet quand même de faciliter la communication.
Imaginez que lorsque vous êtes au téléphone, sans prendre de notes, vous ne retiendrez que 40% de la conversation que vous aurez avec vos interlocuteurs, ça monte à 70% si vous prenez des notes.
Le système de vidéo-conférence Téléprésence permet une véritable mise en situation, l’attention des participants s’en retrouve forcément accrue.
Dès que l’entreprise commence à compter entre 10 et 20 collaborateurs, Téléprésence peut vraiment être intéressant.

« La vidéo-conférence permet de faire l’économie de 4 à 5 voyages par mois »


CCM – Quel est le prix « plancher » pour accéder à Téléprésence ?


MH – Selon les services dont l’entreprise a besoin, ce coût s’échelonne d’un peu moins de 1000€ à 10 000€ par mois, sur 5 ans. L’offre à 1000 euros en leasing a été lançée le 31 mars dernier. Nous avons vraiment voulu démocratiser l’utilisation de la vidéo-conférence qui a longtemps été réservées aux dirigeants de grandes entreprises.

CCM – Les offres en leasing destinées aux professionnels explosent en temps de crise, est-ce l’environnement économique actuel qui vous a poussé vers cette voie ?


MH – Non, pas vraiment. Vous savez, chez Cisco, nous avons toujours su anticiper les grandes ruptures. L’offre en leasing n’est pas spécialement liée à la crise. Nous avons simplement voulu déployer la solution sur des réseaux moins contraints, moins onéreux. Précisément, sur ce type d’offre, nous proposons une résolution d’écrans de 2 mégabits contre 5 mégabits sur le Téléprésence standard. Si l’entreprise accepte une baisse de qualité sur une fonctionnalité, elle peut parfaitement se satisfaire de ce type d’offre.
Après, c’est vrai qu’en temps de crise, les entreprises cherchent à faire des économies, notamment sur tout ce qui est voyage. Quand on sait qu’une salle de vidéo-conférence permet de faire l’économie de 4 ou 5 voyages par mois… ça n’est pas négligeable.

CCM – Marco Hormazabal, je vous remercie