Test du Samsung Galaxy Z Fold8 : le pliable nouvelle génération aux grandes ambitions
Après le Z Fold de type carnet et le Z Flip à clapet, Samsung inaugure un nouveau format de smartphone pliable avec le Z Fold 8, un mobile compact qui une fois ouvert, se mue en mini tablette… Un concept très séduisant, mais à quel prix !
Samsung a profité de son événement estival Galaxy Unpacked pour réorganiser sa famille de smartphones pliants et introduire un modèle au format inédit : le Z Fold8.
Le nom n’est pas inconnu et malgré la confusion, il y a une logique. Pour clarifier son offre et recoller à la nomenclature de la gamme premium Galaxy S, le très grand modèle historique au format livre et au ratio étiré s’appelle désormais Z Fold Ultra. Il reste réservé à ceux qui privilégient la productivité. Le Z Flip, smartphone à clapet, s’adresse à ceux qui recherchent compacité et style. Quant au Z Fold (tout court) testé ici, il doit incarner le smartphone avant tout pensé pour les contenus multimédias et les réseaux sociaux.
Sa particularité réside dans son format « passeport ». Si Oppo, Google ou Huawei ont défriché ce terrain, Samsung est le premier constructeur à offrir une distribution mondiale, devançant de plusieurs semaines l’iPhone Duo d’Apple. Mais ce format séduisant justifie-t-il les compromis techniques concédés face au modèle Ultra ? Réponse dans ce test.
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Design : un format finalement très agréable au quotidien
Difficile de comprendre pourquoi Oppo et Google ont jeté l’éponge avec ce format de smartphone pliant dit « passeport ». L’arrivée de Samsung sur ce type d’appareil et, plus encore d’Apple avec son iPhone Duo, pourrait bien le remettre au goût du jour chez l’ensemble des constructeurs. Et ce n’est pas pour déplaire tant il se montre confortable au quotidien.
Passé la surprise de la largeur du Z Fold8 en mode plié, la prise en main se révèle tout à fait agréable, même si elle demande un léger temps d’adaptation.
Mesurant 123,9 mm de haut pour 81,9 mm de large en position fermée, le Z Fold8 est plus large (+9,1 mm) mais nettement moins haut (-34,5 mm) que le Z Fold « traditionnel » rebaptisé aujourd’hui Ultra. Il en résulte une petite gymnastique pour atteindre le bord gauche avec le pouce droit (pour les droitiers) mais on finit par s’y habituer. Son écran externe au ratio 10:6 transforme l’essai : la frappe au clavier virtuel est infiniment plus précise qu'avec les écrans étroits habituels, même si le clavier occupe une large partie de la surface d’affichage.
Ce petit gabarit a aussi pour avantage de tenir aisément dans une poche de jeans. Il ne dépasse pas contrairement à l’ensemble des smartphones traditionnels ou pliants du moment (à l’exception des modèles à clapet bien sûr). Son épaisseur reste raisonnable avec 9,7 mm plié.
Pour ce Z Fold8, Samsung n’a fait d’entorse à son design étrenné sur ses autres mobiles avec des lignes effilées et des angles droits plutôt saillants. C’est aussi l’un des points qui le distingue de l’iPhone Duo qui adopte un look asymétrique avec des bords arrondis d’un côté et droits de l’autre. Autre différence significative : le poids. 201 g pour le Z Fold8, soit l’équivalent d’un smartphone premium d’aujourd’hui, contre 254 g pour l’iPhone Duo. Un écart conséquent qui risque de se remarquer au fond de la poche d’une veste.
Déplié, avec sa taille de 123,9 x 161,4 x 4,5 mm, le Z Fold8 offre une sensation de mini-tablette. Son écran de 7,6 pouces au ratio 4:3 s’avère idéal pour la lecture vidéo sur YouTube par exemple.
Il est aussi confortable pour la consultation des réseaux sociaux, de sites Web ou pour la rédaction de longs messages ou de mails une fois basculé à la verticale.
Déception en revanche côté charnière. Samsung l’a renforcée, mais elle a du coup tendance à s'ouvrir complètement et n'autorise pas le maintien semi-ouvert. Samsung a d'ailleurs retiré le mode Flex qui permet sur son Z Fold8 Ultra et les Z Fold précédents de répartir l’affichage sur les deux moitiés de l’écran (par exemple avec YouTube, la vidéo est lue sur la partie supérieure quand les contrôles et les commentaires s’affichent au-dessous).
N’espérez pas non plus dégainer un stylet S Pen pour prendre des notes. Un point qu’Apple s’est empressé de mettre en avant en rendant son iPhone Duo compatible avec son stylet Apple Pencil.
Côté solidité, l'étanchéité reste cantonnée à l'indice IP48. Il peut sortir indemne d’une immersion dans l’eau douce par 1,5 m de fond pendant 30 mn, mais souffrira de la présence de poussières de moins d’un millimètre de diamètre. Enfin, sous le capot, rien ne manque : Wi-Fi 7 tri-bande, Bluetooth 6 LE Audio, capteur d’empreinte réactif sur la tranche et port USB-C 3.2. Le tiroir accueille deux nanoSIM, sans possibilité d'extension du stockage par carte mémoire microSD.
Écrans : un pli de moins en moins visible
Samsung Display étrenne sa dalle interne « Flex Titanium ». Armé de deux couches de titane cet écran AMOLED (que l’on retrouve aussi sur le Z Fold8 Ultra) procure une plus grande résistance aux chocs, une meilleure atténuation des reflets et une plus grande fermeté dans la charnière. Surtout, le pli central franchit un cap. S'il se devine encore sous le doigt, il disparaît presque totalement à l'œil face au contenu affiché. Un beau progrès technique qui n’a pas manqué d’attirer Apple puisque l’écran de son iPhone Duo est lui aussi signé Samsung Display.
La dalle interne Dynamic Amoled 2X LTPO de 7,6 pouces (d'une définition de 1848 x 2448 pixels pour une résolution de 403 ppp) crève le plafond sous notre sonde Calibrite : 3185 cd/m² en SDR adaptatif (2907 cd/m² en HDR) et un Delta E fidèle de 2,21. De quoi profiter très confortablement de ses contenus, même sous le soleil.
L'écran externe de 5,5 pouces (1248 x 1972 pixels pour une résolution de 428 ppp) se montre tout aussi satisfaisant avec 2741 cd/m² mesurés en SDR. Il présente une surface d’affichage confortable pratique pour presque tous les usages. Il est en revanche un peu plus sujet aux reflets.
Performances : une puce Snapdragon entravée
Équipé du Snapdragon 8 Elite Gen 5 épaulé par 12 Go de RAM dans la version 256 Go (16 Go pour la version 1 To), le Z Fold8 ne fait pas mieux que les autres membres de la famille. Comme de coutume, ses performances sont bridées pour éviter la surchauffe, et plus particulièrement ici avec un boîtier très fin.
Aussi, en test de charge extrême (throttling), la puce retombe à 43 % de sa fréquence maximale. Regrettable mais indispensable aussi pour conserver une température raisonnable.
Durant nos tests, le dos de l’appareil n’a pas dépassé les 47,3 °C. En usage réel et en jeu 3D, le confort demeure et la fluidité reste au rendez-vous sans ralentissements perceptibles.
Système : One UI 9 se dévoile
Ce Z Fold8 est animé par Android 17 et la surcouche logicielle maison One UI 9. La sécurité se durcie pour protéger les données contenues dans l’appareil en cas de vol (blocage temporaire croissant puis réinitialisation requise au 13ᵉ code erroné saisi). Les transferts de fichiers sans fil avec un iPhone s’avèrent compatibles avec AirDrop. Côté vidéo, la caméra gagne un recadrage dynamique a posteriori sur les sujets filmés.
Enfin, tous les outils habituels d’intelligence artificielle regroupés sous la bannière Galaxy AI répondent présents pour la retouche photo avancée, la traduction instantanée et la synthèse de notes, etc. Un système complet et efficace et taillé pour durer puisque Samsung annonce, comme pour tous ses modèles haut de gamme, 7 ans de mise à jour logicielle et de correctifs de sécurité.
Photo : un équipement minimaliste pour un prix élitiste
C'est ici que Samsung protège sa version Ultra et signe le compromis le plus frustrant. Manque de place oblige, le Z Fold8 abandonne l’idée d’embarquer tout téléobjectif optique. Il faut se contenter d'un double capteur dorsal de 50 Mpx (grand-angle 23 mm f/1,8 et ultra grand-angle 13 mm f/1,9), complété par deux caméras selfies de 10 Mpx. Une monture très légère digne d’un mobile de milieu de gamme (et encore).
Le capteur principal livre des clichés nets, aux contrastes équilibrés et au bruit bien maîtrisé lorsque la lumière ambiante décroit. Il produit des images agréables à l’œil mais guère plus.
Le zoom 2x numérique par recadrage reste exploitable de jour. Les clichés conservent une belle quantité de détails et une colorimétrie naturelle.
En revanche, au-delà du 2x ou en basse lumière, le lissage numérique peine à masquer la perte de détails. Malgré tous les efforts des algorithmes, le bruit numérique s’installe et les détails se perdent.
L'ultra grand-angle se montre quant à lui très moyen : manque d'homogénéité sur les bords, piqué en retrait et flous de bougé fréquents de nuit. Pour un terminal vendu à un prix aussi élitiste, cette configuration photo manque cruellement de polyvalence.
Autonomie et recharge : du silicium-carbone, enfin
Dix ans après le fiasco mondial du Galaxy Note 7 et sa batterie explosive, Samsung sort de sa zone de confort en adoptant une nouvelle technologie : le silicium-carbone à haute densité. La plupart des autres constructeurs (chinois pour la plupart) ont essuyé les plâtres depuis plusieurs années. Il était temps que Samsung s’y mette pour gagner en capacité sans pour autant augmenter la taille des accus.
Les deux cellules qui se répartissent sur chacun des panneaux présentent une capacité totale de 4800 mAh qui peut paraître un peu légère au premier abord. Et pourtant, les accus Si-Ca en ont dans le ventre. Lors de notre test de lecture vidéo 4K HDR en streaming, le Z Fold8 a tenu 25h13 sur son grand écran. L’autonomie grimpe à 32h17 sur l’écran externe, égalant les meilleurs smartphones du moment. Avec un usage classique et en alternant le recours à l’écran externe et interne, il est facile d’envisager deux bonnes journées d’utilisation.
Bonne nouvelle aussi côté recharge avec une puissance de 45W (contre 25W habituellement). Samsung a bien travaillé son sujet puisque la charge se répartie intelligemment entre les deux panneaux pour éviter la surchauffe. Branché à notre chargeur Anker 45W justement, le Z Flod8 a affiché 39 % d’autonomie récupérée en 15 mn et 66 % en 30 mn. Une charge complète a nécessité 75 mn. Ce n’est pas le plus rapide de tous mais il y a du mieux.
Samsung Galaxy Z Fold8 : la formule gagnante pour le pliable ?
Avec ce format passeport, le Galaxy Z Fold8 inaugure une nouvelle lignée. Et c’est un véritable coup de cœur ergonomique. Moins contraignant qu'un grand pliant étiré, plus maniable au quotidien et plus polyvalent qu’un petit Z Flip à clapet, le Z Fold8 trouve le bon compromis et pourrait bien séduire, par sa forme, tous ceux qui hésitent encore à se tourner vers un smartphone pliable. Mais comme tout premier essai, le Z Fold8 n’est pas exempt de défauts. Et le plus flagrant de tous concerne le volet photo particulièrement décevant.
L’autre frein concerne immanquablement le tarif stratosphérique (même s’il reste légèrement en-dessous de la proposition d’Apple). Pour le prix demandé, on profite d’un smartphone certes original mais encore imparfait. Une formule que l’on peut espérer meilleure l’an prochain. La compétition démarre seulement avec Apple tout d’abord et peut-être d’autres ultérieurement. Xiaomi a montré au salon berlinois IFA son Fold 18, un smartphone au format passeport armé de trois modules photo dont la sortie n’est malheureusement pas prévue en France pour le moment. De quoi motiver le Coréen à pousser le bouchon un peu plus loin.





















