Il a parcouru 2 400 km avec un seul plein dans une voiture de 1998 (seulement 3 litres aux 100 km !)

Il a parcouru 2 400 km avec un seul plein dans une voiture de 1998 (seulement 3 litres aux 100 km !)

Le 16 mai 2026, un conducteur allemand passionné d'écoconduite a parcouru 2 400 km avec un unique plein de carburant dans un vieux véhicule thermique. Un exploit qui repose avant tout sur une conduite maîtrisée et optimisée.

Trop gourmand et trop polluant, avec son faible rendement énergétique, le moteur thermique est condamné, dépassé par l'électrique. Si le verdict est globalement juste – et même prononcé avec l'interdiction programmée de la construction de nouveaux véhicules thermiques en Europe à partir de 2035 –, il mérite d'être nuancé. Au moins sur le terrain de la consommation.

De fait, en pratique, la consommation réelle d'un véhicule thermique sur autoroute tourne autour de 6 à 8 litres aux 100 km pour un moteur essence et de 5 à 7 litres pour un diesel. Les meilleures hybrides descendent à 4 litres en usage mixte, et parfois moins en ville. Des chiffres peu reluisants, mais qui peuvent baisser sensiblement quand on ajoute la conduite dans l'équation. Avec une pression des pneus optimale et un bon entretien, une conduite douce et anticipée, sans accélérations brutales ni freinages tardifs, peut en effet réduire la consommation de 20 à 30 % sur n'importe quel véhicule.

Poussés à leur extrême limite, ces principes d'écoconduite ont d'ailleurs donné naissance à une discipline particulière : l'hypermiling. L'objectif n'est pas de conduire confortablement en consommant raisonnablement, mais de réduire la consommation au minimum afin de parcourir un maximum de distance avec un seul plein. Un exercice de précision et d'optimisation qui permet d'atteindre des consommations extrêmement basses que les constructeurs eux-mêmes n'affichent pas dans leurs brochures.

© Offroadventure - YouTube

Offroadventure, un jeune youtubeur allemand passionné par cet exercice, vient d'en donner une illustration exemplaire : le 16 mai 2026, il a réussi à relier Hildesheim, une petite ville d'Allemagne située près de Hanovre, au cercle polaire arctique en Suède – soit une distance de 2 400 km – avec un seul plein de gazole. Un exploit qu'il n'a pas réalisé avec un véhicule dernier cri, mais avec un vieux modèle Diesel ordinaire, en l'occurrence une Volkswagen Passat B5 datant de …1998 !

La préparation du véhicule a été aussi méthodique que la conduite elle-même. Toutes les huiles et tous les filtres ont été remplacés pour minimiser les frottements internes. Des pneus d'été plus étroits ont été montés – une largeur réduite signifie moins de résistance au roulement. Les barres de toit, sources de turbulences même vides, ont été retirées. Et pour loger un maximum de carburant, Offroadventure a adapté son réservoir afin d'emporter 72 litres de gazole, soit bien plus que sa capacité normale. 

Le reste n'est qu'une histoire de conduite optimisée : vitesse basse et constante sur l'autoroute, anticipation permanente du trafic, exploitation du relief pour profiter des descentes, chaque kilomètre parcouru a été le fruit d'une attention soutenue, loin de la conduite du quotidien. À l'arrivée : 2 398,7 km au compteur, pour une consommation moyenne de 3,005 litres aux 100 km, comme il l'explique en détail sur sa chaîne YouTube.

Ce chiffre mérite qu'on s'y arrête. Une Passat de 1998 – soit presque trente ans d'âge ! – qui consomme moins qu'une hybride moderne en usage réel, et bien moins que la grande majorité des véhicules neufs sur autoroute : c'est un véritable exploit qui semble tenir de la magie. Mais il n'est pas dû uniquement à un moteur sobre, ni à un quelconque atout technologique. Il résulte surtout d'une conduite parfaitement maîtrisée et optimisée : une méthode qui s'apprend et qui peut même s'améliorer. Offroadventure avait déjà établi un record similaire en 2025 – celui de 2026 le dépasse de près de 500 kilomètres, preuve d'un apprentissage continu et d'une maîtrise qui s'affine.

L'exploit ne plaide pas pour autant contre l'électrique, dont les avantages environnementaux et techniques restent indiscutables. Il rappelle simplement que le conducteur compte au moins autant que le moteur, et que l'on peut diminuer drastiquement la consommation d'un véhicule thermique en adoptant une conduite douce. Souhaitons que l'exploit d'Offroadventure serve d'exemple, surtout à une période où le carburant coûte de plus en plus cher…