Les utilisateurs d'IPTV pirate auront un écran noir pendant les matchs de la Coupe du monde
Vous aurez une très mauvaise surprise si vous comptiez regarder des matchs de la Coupe du monde avec de l'IPTV pirate : l'Arcom va déployer un nouveau dispositif permettant de bloquer les flux illégaux en temps réel. On ne rigole plus !
Ça y est, le jour tant attendu par les sportifs et les fans de football est enfin arrivé ! Ce jeudi 11 juin, la Coupe du monde FIFA 2026 débute enfin avec un match opposant le Mexique à l'Afrique du Sud. C'est tout simplement la compétition sportive la plus suivie de la planète avec les Jeux olympiques !
Cette année, c'est BeIN Sports qui détient l'intégralité des droits de diffusion de la Coupe du monde 2026 en France, avec des options de visionnage via Canal+, des offres à la carte ou des passes courte durée. Sinon, il faudra se contenter de M6, qui diffusera 54 matchs gratuitement en clair (voir notre programme complet pour suivre les matchs).
Forcément, cela risque d'entraîner un recours massif à l'IPTV (Internet Protocol Television) illégale pour suivre cet événement, déjà qu'il s'agit d'une pratique extrêmement populaire en temps normal ! Aussi, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) prévoit de bloquer les flux pirates en temps réel, pendant la diffusion des matchs !
Coupe du Monde 2026 : l'Arcom va couper l'IPTV illégale à sa source
Invitée mercredi sur Radio France, Pauline Combredet-Blassel, la directrice générale adjointe de l'Arcom, a prévenu les utilisateurs d'IPTV qu'ils risquaient de se retrouver avec "un écran noir au moment d'un penalty". En effet, le "gendarme du numérique" a mis en place un nouveau système de blocage des flux pirates en temps réel, inédit en France et testé pendant Roland-Garros. Il cible les infrastructures techniques utilisées pour diffuser illégalement les rencontres, notamment les adresses IP associées aux flux pirates, pour ensuite les bloquer directement.
"L'intérêt du blocage IP, c'est de toucher les serveurs. Une fois qu'on touche la source, c'est quand même beaucoup plus compliqué de créer de nouvelles plateformes", explique Pauline Combredet-Blassel. Les pirates ont beau créer autant d'adresses qu'ils veulent, "une fois que les serveurs ne sont plus accessibles, c'est quand même plus compliqué de se répliquer".
Cette approche marque une nouvelle étape dans la lutte contre le piratage sportif. Il ne s'agit plus seulement de bloquer des sites, des noms de domaine ou des accès identifiés en amont, mais de réduire le temps de réaction face à des flux qui changent rapidement d'adresse et d'infrastructure et d'interrompre les flux à leur source. L'Arcom dispose désormais d'outils lui permettant d'obtenir l'interruption de flux pirates dans des délais pouvant descendre à moins d'une heure après leur signalement par les détenteurs de droits.
La Coupe du Monde 2026 sera l'occasion de voir si ce dispositif est efficace ou non. Autant dire qu'entre ça, les amendes, l'inscription au casier judiciaire et le risque de vol de coordonnées bancaires, recourir à l'IPTV illégale pour suivre l'événement commence à devenir très risqué !
IPTV pirate : une riposte qui s'organise soigneusement
Cette offensive s'inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de la lutte contre le piratage sportif. Jusqu'à présent, les procédures permettaient principalement de bloquer des noms de domaine ou des sites identifiés comme illicites. Or, les opérateurs pirates ont pris l'habitude de contourner ces mesures en créant rapidement de nouveaux sites miroirs ou en modifiant leurs infrastructures techniques. Les ayants droit et les diffuseurs réclament depuis plusieurs années des outils plus réactifs, capables d'agir pendant la diffusion même des événements sportifs.
Le nouveau dispositif a déjà fait l'objet d'un premier test lors du tournoi de Roland-Garros. Cette expérimentation doit permettre à l'Arcom d'évaluer l'efficacité du nouveau système. L'autorité souhaite également renforcer ses capacités de surveillance afin d'identifier les flux illicites à mesure de leur apparition.
Enfin, elle plaide notamment en faveur d'une plus grande automatisation des procédures, un sujet qui doit être discuté dans le cadre de l'examen d'une proposition de loi consacrée au sport professionnel. Malheureusement, les allers-retours parlementaires s'éternisent et l'examen du texte à l'Assemblée nationale a été repoussé en raison d'autres priorités législatives. Le Gouvernement a toutefois assuré qu'il allait tout faire pour que le texte soit inscrit avant la trêve estivale, qui débutera le 30 juin.
