Shein, Temu, AliExpress… La France supprime déjà la taxe sur les petits colis chinois
Quatre mois à peine après son entrée en vigueur, la taxe française sur les petits colis en provenance de pays non européens est supprimée. Elle laissera bientôt la place à une autre redevance, mise en place cette fois par l'Europe.
Pour lutter contre les plateformes chinoises comme Shein, Temu ou AliExpress – qui font de l'ombre aux commerces et aux distributeurs français en raison de leurs produits vendus à des prix défiant toute concurrence –, le Gouvernement avait instauré une taxe. Depuis le 1er mars 2026, tous les petits colis qui proviennent de pays hors de l'Union européenne sont soumis à des frais.
En pratique, il s'agit d'une amende forfaitaire de deux euros, qui est appliquée sur tous les articles de moins de 150 euros dans un paquet. Cette taxe de deux euros devait ensuite être complétée par un droit de douane européen de trois euros par article, applicable à partir de ce mercredi 1er juillet 2026. Ainsi, chaque article provenant de plateformes extra-européennes devait être soumis à une taxe totale… de cinq euros.
Taxe sur les petits colis : un système vite détourné
Malheureusement, la stratégie déployée par l'État français n'a pas été très efficace. En effet, les plateformes chinoises ont trouvé un moyen très simple de contourner la taxe : elles faisaient atterrir leurs avions-cargos remplis de colis dans des pays voisins, comme les Pays-Bas ou la Belgique (voir notre article). Dès lors que les paquets avaient atterri sur le sol européen, ils profitaient du principe de libre circulation des biens et étaient acheminés via des camions. La taxe douanière ne pouvait donc pas s'appliquer, puisqu'elle ne s'applique qu'aux colis qui arrivent directement sur le sol national.
Face à cette ruse, le Gouvernement français a pris une décision drastique. Dans un communiqué adressé à l'AFP, le cabinet du ministre du Commerce, Serge Papin, a annoncé la suspension de la taxe sur les petits colis provenant de pays hors de l'Union européenne. "Comme nous sommes dans un marché unique, que nous travaillons avec nos partenaires européens, il ne se justifie plus de garder uniquement notre taxe petits colis", a confirmé le Gouvernement, précisant que la France s'alignait sur la réglementation européenne en appliquant uniquement un "droit de douane de trois euros", instauré à partir de ce mercredi 1er juillet.
La taxe de deux euros sur les petits colis aura seulement duré quatre mois. Pourtant, l'État semble satisfait par cette mesure, qui aurait incité l'Europe à appliquer un droit de douane aux plateformes de commerce en ligne extra-européennes. "Notre objectif, c'était (…) de pousser l'Europe à prendre des mesures" et "nous avons obtenu gain de cause", a précisé le cabinet du ministre du Commerce. Une victoire plus que contestable quand on sait que plusieurs zones de fret parisiennes ont été touchées par de nombreux licenciements liés au fait que les avions de marchandises n'atterrissaient plus dans l'Hexagone.