Comme Vinted, Leboncoin et Etsy hébergent des contenus pornographiques

Comme Vinted, Leboncoin et Etsy hébergent des contenus pornographiques

Vinted, Leboncoin et Etsy sont sous le feu des projecteurs et des autorités ! Des utilisateurs détournent ces plateformes populaires pour promouvoir des contenus pornos, ce qui les place en infraction avec la loi française.

Shein et son scandale des poupées sexuelles d'enfants ont déclenché un véritable raz-de-marée. Depuis, l'attention des politiques et des journalistes s'est tournée vers les plateformes de vente en ligne, pour voir si certaines d'entre elles n'abritaient pas elle aussi du contenu pornographique qui ne respecterait pas la législation française – après tout, AliExpress a lui aussi été pris en flagrant délit de vente de poupées pédopornographiques ! Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y a de la matière ! La semaine dernière, AliExpress, Joom, Wish, Temu et eBay ont été accusés d'avoir permis la vente de produits illégaux tandis qu'Amazon, Wish et Temu avaient laissé des annonces à caractère pornographique accessibles aux mineurs. Et c'est loin d'être fini !

Il y a quelques jours, L'Informé révélait que la plateforme de seconde main Vinted comportait de nombreux profils de membres qui servaient de relais vers leurs comptes OnlyFans et Mym. Une découverte qui a poussé Sarah El Haïry, la haute-commissaire à l'Enfance, à saisir l'Arcom. Peu après, un reportage réalisé par France 2 mettait en lumière des contenus similaires sur Etsy et Leboncoin, poussant, une fois de plus, la Haute-Commissaire à l'enfance à s'emparer du dossier en saisissant l'Arcom. 

© CCM

Pornographie en ligne : les plateformes de e-commerce dans le viseur

Sur Vinted, les annonces problématiques s'appuient généralement sur des images générées par intelligence artificielle mettant en scène des individus dénudés dans des poses particulièrement suggestives. C'est par exemple le cas pour des annonces de maillots de bain ou de lingerie. Lorsque l'on se penche sur le profil du vendeur, la personne invite alors à échanger via Telegram avant de proposer du contenu pornographique payant, ou redirige vers des comptes OnlyFans ou Mym. En soi, le contenue érotique ou pornographique n'est pas illégal. Sauf que le site qui héberge ce contenu est tenu par la loi d'imposer une vérification d'âge aux internautes qui cherchent à y avoir accès – c'est d'ailleurs toute la problématique avec les sites pour adultes. C'est d'autant plus problématique que les conditions d'utilisation de Vinted imposent un âge minimum de 18 ans pour créer un compte et utiliser la plateforme, sans qu'aucun contrôle ne soit effectué.

C'est exactement le même son de cloche pour Etsy et Leboncoin. Certains vendeurs, sous prétexte de vendre des vêtements ou d'autres objets, proposent en réalité d'acheter des contenus pornographiques, ou redirigent les internautes vers des plateformes consacrées aux contenus pour adultes et des messageries instantanées. Sur Etsy, le reportage montre notamment des images de jeunes filles nues générées par l'intelligence artificielle – ce que nous pouvons effectivement confirmer –, soit des contenus qui peuvent être considérés comme pédopornographiques. Sur Leboncoin, nos confrères ont constaté des annonces et des profils similaires à ceux trouvés sur Vinted. Bien entendu, aucune des deux plateformes ne vérifie l'âge des utilisateurs, ce qui fait que n'importe quel mineur peut tomber sur ce genre "d'annonces".

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Vinted, Leboncoin, Etsy : des usages complètement détournés

L'Arcom a d'ores et déjà contacté son homologue en Lituanie, où se situe le siège de Vinted, compétent pour "superviser les obligations" de la plateforme "au titre du règlement européen sur les services numériques (DSA)", a déclaré le régulateur français à l'AFP"Vinted fait de l'argent avec ses annonces donc ils ont une responsabilité directe. Quand vous êtes une plateforme aussi grande, aussi importante et aussi familiale que Vinted, vous avez la responsabilité des annonces qui sont sur votre site", s'est insurgée la Haute-Commissaire à l'enfance Sarah El Haïry sur franceinfo. Contactée par RMC, Vinted a assuré disposer d'une "politique de tolérance zéro concernant les communications non sollicitées à caractère sexuel ou la promotion de services sexuels" et prendre "ces situations très au sérieux". L'entreprise affirme disposer "d'outils de détection proactive pour identifier les comportements suspects".

Concernant Etsy et Leboncoin, l'entourage de la Haute-Commissaire à l'enfance a indiqué à l'AFP qu'elle allait également saisir l'Arcom. "Que ce soit sur Etsy, sur Leboncoin ou ailleurs, les plateformes ne peuvent pas fermer les yeux quand des annonces permettent, contre paiement, d'accéder à des contenus pornographiques", a-t-il indiqué. "Dès lors qu'un risque de mise en contact entre mineurs et pornographie existe, l'alerte doit être immédiate, la réaction doit être totale". Alors, qui sera la prochaine plateforme épinglée ?