Finalement, Meta n'utilisera pas vos publications Instagram pour générer des contenus avec l'IA

Finalement, Meta n'utilisera pas vos publications Instagram pour générer des contenus avec l'IA

Avec son nouvel outil de génération d'images par IA, Muse Image, Meta devait permettre aux utilisateurs de générer du contenu en se basant sur les publications des comptes publics. Mais, face aux critiques, la firme a fait marche arrière.

C'est un sacré revers que vient d'essuyer Meta ! La semaine dernière, l'entreprise a annoncé le déploiement de Muse Image, son premier modèle de générateur d'images maison destiné à être intégré à Meta AI, Instagram et WhatsApp. L'outil doit notamment permettre aux utilisateurs de retoucher des images avec plus de précision et de polyvalence que les anciens modèles, tout en étant parfaitement intégré à l'écosystème de l'entreprise. Mais il y a une fonction qui a particulièrement attiré l'attention. Et pour cause : Muse Image était capable de générer une image à partir des publications des utilisateurs de la plateforme dont le compte est public.

Mais cette nouveauté n'a pas rencontré le succès escompté, loin de là. Aussi, après avoir "entendu les retours" et compris que "cette fonction n'a pas fait l'unanimité", l'entreprise de Mark Zuckerberg a fini par faire marche arrière en la désactivant, comme elle l'annonce dans une mise à jour de son billet de blog

Muse Image : quand Meta piétine le consentement des utilisateurs

Initialement, toutes les photos et vidéos des profils publics devaient pouvoir être utilisées par défaut par n'importe quel utilisateur pour générer du contenu via Meta AI. Il lui suffisait pour cela de mentionner "@nom d'utilisateur" dans son prompt adressé à l'intelligence artificielle. Le problème, c'est que cette fonction était activée par défaut sur tous les comptes publics, et Meta s'était bien gardé de prévenir les principaux concernés avec une notification. Reste que les utilisateurs et créateurs de contenu étaient loin d'être ravis que leur travail puisse être pillé en quelques secondes.

Les critiques n'ont pas tardé à aussi se faire entendre du côté d'Hollywood, le syndicat des professionnels du cinéma SAG-AFTRA ayant immédiatement recommandé à tous ses membres de désactiver la réutilisation de leurs contenus afin de "protéger [leur] image". Enfin, les associations de protection de l'enfance ont de leur côté eux aussi dénoncé ce choix de conception"Non seulement cela érode manifestement nos droits sur notre propre image, mais c'est un outil évident pour la sextorsion et d'autres escrocs", s'est révolté Haley McNamara, représentante du National Center on Sexual Exploitation. "Poursuivre un design à haut risque puis faire porter la responsabilité aux individus de multiplier les démarches pour se désinscrire est inacceptable".

S'il était tout à fait possible de s'opposer à ce que l'IA de Meta utilise nos photos et vidéos (voir notre guide pratique), il fallait pour cela aller fouiller dans les paramètres d'Instagram, sans que l'entreprise de Mark Zuckergerg indique clairement la manipulation à effectuer. Tout était donc fait pour que les utilisateurs ne puissent pas donner leur non-consentement.

"Notre intention était de proposer un outil créatif utile tout en permettant aux personnes de décider si leur contenu public pouvait être utilisé de cette manière", s'est défendu Meta. "Nous avons entendu les retours indiquant que cette fonction ne répondait pas aux attentes ; elle n'est donc plus disponible."