Secure Network : Microsoft intègre un VPN dans Edge

Secure Network : Microsoft intègre un VPN dans Edge

Avec la fonction Secure Network, Microsoft va doter son navigateur Edge d'un véritable VPN intégré. Pratique pour masquer son adresse IP sur Internet, cet outil est toutefois limité à 1 Go de données par mois dans un premier temps.

Cette fois, c'est officiel : Microsoft va intégrer un VPN dans Edge, son navigateur Web nouvelle génération, livré en standard avec Windows 11 et 10, mais également disponible pour d'autres versions et même pour macOS, Android et iOS. L'information circulait depuis quelque temps, mais l'éditeur l'a confirmé dans un billet publié le 12 mai 2022 sur le site de sa communauté technique pour accompagner le lancement de cet outil dans une préversion de test diffusée via le canal Canary, à l'attention d'un petit groupe d'utilisateurs cobayes (volontaires), l'idée étant, comme toujours, de recueillir des avis avant un déploiement plus large. Pour l'heure, Microsoft ne donne aucune date concernant une intégration définitive de ce VPN dans l'édition standard d'Edge. Mais on peut raisonnablement supposer que c'est une question de semaines ou de mois et que le navigateur Web sera bientôt doté systématiquement de cette nouvelle fonction. 

Baptisé Secure Network, le VPN de Microsoft d'établir une connexion "privée" à Internet en passant un serveur relai et en chiffrant les données qui transitent – c'est le principe du VPN (Virtual Private Network en anglais, ou réseau privé virtuel en français). En utilisant un VPN, l'utilisateur peut ainsi masquer sa véritable adresse IP (qui est remplacée par celle du serveur relai) et donc sa localisation précise, tout en protégeant les informations qui circulent (sites visités, identifiants, etc.) des regards indiscrets. C'est un outil pratique pour surfer de façon plus "anonyme" sur Internet, notamment depuis des lieux publics, avec des réseaux ouverts (gares, aéroports, trains, bars, médiathèques, etc.) mais aussi pour contourner les limitations géographiques mises en place par certaines services, en particulier de streaming vidéo (Netflix, Disney+ et consorts) afin d profiter de contenus théoriquement inaccessibles. Enfin, un VPN empêche de fournisseur d'accès à Internet (FAI) de connaître précisément les activités de ses utilisateurs tout en limitant le suivi des sites Web, qui n'hésitent pas à pister leurs visiteurs, généralement pour diffuser de la publicité ciblée. Autant de raisons qui, combinées à l'inquiétude face au piratage et au vol de données confidentielles, expliquent l'engouement pour les VPN qui fleurissent sur le marche depuis quelques années.

Secure Network : un VPN intégré mais limité

La solution de Microsoft n'est toutefois pas strictement équivalente aux VPN commerciaux. D'une part, elle se limite à Edge, et donc à ce qui se fait à travers le navigateur. De l'autre, elle s'appuie sur un ensemble de serveurs relais sécurisés de Cloudflare – une entreprise américaine spécialisée dans les réseaux et Internet – qui présente la particularité de ne proposer que des adresses IP "virtuelles" à proximité de l'adresse IP véritable. Avantage, on conserve les fonctions de localisation utilisées par défaut par le navigateur pour les services, lors des recherches notamment. Inconvénient, on ne peut pas se positionner dans un pays à l'autre bout du monde pour déjouer les restrictions… Enfin, Secure Network exige de passer par un compte Microsoft, ce qui ne sera sans doute pas du goût de tout le monde, pour d'évidentes raisons de confidentialité même si l'éditeur promet que la connexion est utilisée uniquement pour s'authentifier auprès du service

Surtout, plusieurs questions demeurent, faute d'explications claires de Microsoft. Ainsi, on ne sait pas si Secure Network sera proposé gratuitement ou moyennant un abonnement payant, comme le font les autres fournisseurs de VPN. Car opérer un réseau de serveurs et de services VPN implique un coût non négligeable, tant en investissement qu'en entretien. Un modèle gratuit financé par de la publicité (ciblée) est-il envisageable ? Sans doute pas. D'autant que Microsoft a déjà l'habitude de gérer des solutions payantes, comme Microsfot 365, sa suite bureautique proposée en abonnement. Toujours est-il que, pour l'heure, la version de test est limitée à un trafic de 1 Go de données par mois : suffisant pour surfer sur le Web, effectuer des paiements et consulter des mails, mais certainement pas pour regarder des vidéos en streaming ou pour télécharger de gros fichiers.