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Foodvisor : l’intelligence artificielle au service de la nutrition

Perrine Tiberghien - jeudi 22 mars 2018 - 14:34

Foodvisor : l’intelligence artificielle au service de la nutrition

L’intelligence artificielle offre de nouvelles perspectives pour les entreprises. Elle peut avoir un rôle dans l’organisation du quotidien. Mais elle peut aussi servir de passerelle pour un service différent et innovant : c’est le cas de l’application Foodvisor. Développée par la jeune société française du même nom, elle utilise la reconnaissance de l’image et des algorithmes apprenants pour proposer un suivi nutritionnel.
Comment l’intelligence artificielle répond-elle au projet des fondateurs de Foodvisor ? Les réponses de Charles Boes, l’un des créateurs de l’entreprise.


CCM : Pouvez-vous présenter Foodvisor, l'application et l'entreprise ?

Charles Boes :
Foodvisor a deux ans et demi. C’est une société de reconnaissance d’images, spécialisée dans l’alimentation et la nutrition. Nous avons lancé un premier produit il y a un an et demi : notre application mobile qui permet de suivre son alimentation simplement en prenant une photo de son assiette pour obtenir un journal avec les informations nutritionnelles. Cette application s’adresse aux personnes qui veulent suivre leur alimentation, soit dans un objectif de prise ou de perte de poids, soit pour équilibrer leur rythme de vie.
Foodvisor compte une quinzaine de collaborateurs actuellement et nous sommes basés à Paris.

CCM : Comment est née l'application, et en quoi l'intelligence artificielle est une composante intéressante du concept ?

C. B. :
Foodvisor est d’abord parti d’un projet étudiant de recherche, en dernière année à l’Ecole Centrale de Paris avec l’un de mes associés Yann Giret. Nous avons commencé à étudier les possibilités liées à la reconnaissance d’images, à un moment où c’était encore assez peu connu. C’était en 2014 et les avancées majeures étaient toutes récentes (2013).
Yann revenait d’une expérience aux Etats-Unis, chez un acteur des objets connectés de santé. Il s’était alors rendu compte que les applications qui permettaient de suivre des habitudes alimentaires (« food diaries ») étaient 100 % manuelles. L’utilisateur devait rentrer manuellement toutes les composantes de son repas et avait donc tendance à abandonner assez vite.
Nous avons donc pensé à la simplification de ce process. Nous avons été rejoints par notre troisième associé pour le développement de l’application mobile, puis une quatrième pour le marketing. Depuis, nous avons levé un million d’euros pour le financement, et nous préparons une deuxième levée de fonds.

Nous avons d’abord réfléchi à la technologie, mais nous avons assez vite inversé le processus de réflexion. Il s’agissait en effet de permettre d’abord aux utilisateurs d'enregistrer leur repas simplement, avec une technologie qui reconnaisse l’image.

CCM : L'intelligence artificielle reste un concept abstrait pour beaucoup d'internautes en général : concrètement, comment est utilisée l'IA pour l'application ?

C. B. :
Au moment où l’utilisateur prend une photo, elle est envoyée à nos serveurs qui l’analysent et envoient un résultat. Ce résultat doit être modifiable, facilement compréhensible et doit permettre de faire certains ajustements manuels si besoin. Par exemple en ajoutant des éléments qui ne sont pas visibles : ainsi, l’utilisateur peut préciser s’il a ajouté du sucre dans son café parce que même à l’œil nu on ne le verrait pas !

Ces informations nous permettent d’apprendre de plus en plus. Le moteur de reconnaissance devient de plus en plus performant, et va pouvoir s’adapter à chaque utilisateur, à chaque pays, à chaque heure pour pouvoir donner un résultat le plus pertinent possible.
Nous utilisons des algorithmes apprenants : plus nous avons d’utilisateurs sur l’application, plus les résultats sont affinés.

CCM : L’utilisateur peut donc apporter des précisions complémentaires ?

C. B. :
Lorsque l’utilisateur prend en photo son repas, il reçoit une analyse et une estimation de ce qu’il y a dans son assiette. C’est à ce moment qu’il est en mesure d’ajouter un élément manquant, supprimer ou modifier certaines spécifications. Par exemple, une salade composée avec un certain type d’assaisonnement, ou avec du surimi. Tous ces éléments permettent à l’utilisateur d’avoir un décompte calorique précis de ce qu’il a consommé.

Dès lors qu’un aliment est reconnu par les algorithmes, c’est déjà un gain de temps très important par rapport à une application plus classique 100 % manuelle. On tend vers le fait qu’un jour, l’utilisateur pourra simplement prendre en photo son assiette et remettre son téléphone dans sa poche.

CCM : Quel est l'accueil de vos utilisateurs en général sur cette utilisation de l'intelligence artificielle ?

C. B. :
Les retours que nous avons sont positifs : des algorithmes qui fonctionnent, une communauté d’utilisateurs très engagés, qui a compris le fonctionnement de l’application et ses avantages. L’application est d’ailleurs bien notée sur l’AppStore.
Sur l’intelligence artificielle en elle-même, il n’y a pas de peurs ou d’inquiétudes : les internautes sont soit éberlués, soit nous font des remontées plus ou moins poussées selon leurs exigences. Notre objectif est de convaincre les plus exigeants. Et on observe davantage de la curiosité et un l’effet wahou que de la méfiance.

CCM : Selon vous, quelles activités, ou quels types d'entreprises pourraient aussi bénéficier des avancées autour de l'IA ?

C. B. :
Nous avons justement un deuxième produit plus orienté vers les entreprises : une solution de reconnaissance d’encaissement automatique pour la restauration. La facturation est établie en passant le plateau repas sous une caméra. C’est une solution qui peut apporter tant aux entreprises qu’aux consommateurs : l’encaissement est plus simple et plus rapide.
Je pense que l’intelligence artificielle peut faire beaucoup. De notre côté, nous avons spécialisé notre activité sur l’alimentation et on sait qu’il y a beaucoup à faire, autant sur la nutrition que la supply chain. Mais l’une des limites actuelles à bien comprendre, c’est que les belles démonstrations des grands groupes ou grands acteurs du secteur ne doivent pas faire oublier qu’on est encore loin de la perfection en termes de reconnaissance. La solution à cela, c’est d’utiliser des intelligences artificielles spécialisées sur certaines tâches. En les spécialisant, on arrive à avoir des performances et à créer des produits qui vont être intéressants.

Repères

Foodvisor

  • Société créée en 2015, fondée par Charles Boes, Yann Giret, Gabriel Samain et Aurore Tran, qui compte 15 collaborateurs en 2018 ;
  • Elle exerce son activité autour de la reconnaissance d’images dans le secteur de l’alimentation et de la nutrition. Son application phare, Foodvisor, est disponible en versions gratuite et premium et permet à ses utilisateurs d’obtenir et de suivre les informations nutritionnelles de leurs repas ;
  • L’application est disponible sur iOS et sur Android ;
  • Foodvisor développe également un service dédié aux entreprises avec une solution d’encaissement automatique.
  • site web

L’intelligence artificielle


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