Utiliser l'impression 3D pour la création d'accessoires de mode

ldelvalle - mercredi 5 mars 2014 - 18:22

Utiliser l'impression 3D pour la création d'accessoires de mode

La création artistique est un domaine d'applications particulièrement porteur pour les technologies d'impression 3D. Une technologie au coeur de l'activité de Nicolas Theil, directeur artistique, qui conçoit et fabrique des sacs, bijoux et accessoires, sous la marque portant son nom.

Son retour d'expérience sur un procédé qui l'aide à différentes étapes du processus de fabrication : du prototypage de ses idées à la réalisation, en passant par la personnalisation de ses créations.




CCM - Pouvez-vous vous présenter ?

Nicolas Theil - Je suis directeur artistique de ma marque éponyme, que j'ai fondée en 2011. Je suis spécialisé dans la conception de sacs, d'accessoires et de bijoux.

Je suis concepteur, designer et prototypiste pour mes différentes collections.

Je travaille également en freelance pour différentes maisons parisiennes.

CCM - Dans quel contexte avez-vous décidé d'utiliser une imprimante 3D pour vos créations ?

NT - Le recours à l'impression 3D s'est imposé assez logiquement dans ma démarche créative. Je travaillais au départ sur des sculptures manuelles, des formes et des moules en silicone. Je coulais des résines pour obtenir des bracelets et les retravailler. C'est un processus long et fastidieux.

Lorsque les premières imprimantes 3D ont été commercialisées, je me suis dit qu'elles pourraient m'aider à simplifier et améliorer certaines étapes complexes du processus de création.

Leur utilisation est très pertinente pour l'évaluation des volumes et le prototypage.

CCM - Concrètement, comment avez-vous appris à maîtriser la modélisation 3D d'une part, le pilotage et la réalisation d'autre part ? Quel matériel utilisez-vous ?

NT - Quand on aborde l'impression tridimensionnelle, il y a effectivement deux aspects à maîtriser : la modélisation d'une part, et l'utilisation de la machine d'autre part.

Ayant suivi des études d'ingénieur en France dans l'optique de devenir designer automobile, j'ai pu me former à l'utilisation de différents outils numériques, comme le logiciel de CAO 3D SolidWorks. Cette formation m'a permis de me familiariser avec le fonctionnement de la 3D, avant de poursuive des études en Design de Mode et Accessoires.

Le deuxième aspect à maîtriser, c'est l'utilisation de la machine proprement dite : il faut être manuel, aimer le bricolage, et s'intéresser un peu à la mécanique, mais ce n'est toutefois pas très complexe.

Côté matériel, j'ai opté pour le modèle d'imprimante Replicator DUAL de MakerBot, une imprimante dotée de deux têtes d'extrusion. Il m'a fallu 6 mois d'impressions plus ou moins réussies pour avoir pleinement la main sur le processus de création.


CCM - Justement, combien de temps faut-il selon vous à une utilisateur non formé à la modélisation 3D pour en maîtriser les subtilités?

NT - Dans la mesure où l'on est formé à l'utilisation de logiciels de dessin vectoriel comme Illustrator, en tant que graphiste ou designer, l'apprentissage est assez intuitif.

En 3D, Il faut intégrer une autre « vision » dans le processus de création et donc être très rigoureux. Il est impossible de créer un volume avec une mauvaise cote.

Pour gérer convenablement un outil de modélisation 3D, je pense qu'il faut environ 6 mois.

CCM - Quelles matières travaillez-vous ?

NT - J'imprime du plastique PLA et ABS.

CCM - Quelles formes modelez-vous grâce à l'impression 3D ?

NT - Mon univers artistique tourne autour de la nature. Je conçois notamment des bracelets « pomme ».

Au départ, je suis parti de formes créées manuellement, que j'ai ensuite remodélisées en 3D.

Grâce à l'impression 3D, je conçois des bracelets « pomme » en différentes formes : triangulaires, carrées, hexagonales. Le fait d'imprimer en 3D m'a permis de détourner mes créations initiales et de jouer sur les tailles : je peux proposer du sur-mesure à mes clientes.

CCM - Quelles sont encore les limites de l'impression 3D ?
NT- La matière tout d'abord. C'est une limite que l'on est en train de dépasser, mais pour l'heure elle restreint encore les possibilités de création. Ensuite, ce sont les propriétés mécaniques. Et bien sûr les dimensions : je reste dans un taille A4 ou A5. Il est nécessaire de sous-traiter pour travailler sur des formats plus grands.

Repères

Nicolas Theil


Impression 3D


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