Les microstocks, canal de vente lucratif pour photographes avertis

Jérôme Perrier - lundi 7 octobre 2013 - 11:51

Les microstocks, canal de vente lucratif pour photographes avertis

Fabrice Michaudeau est photographe professionnel. A 50 ans, il a opéré un changement radical dans sa façon de travailler et surtout de commercialiser ses photos : adieu les missions en direct avec les clients, bonjour les microstocks en ligne. Fotolia, shutterstock, istock... ces banques de données d'images libres de droits sont devenues ses uniques canaux de vente. Bilan au bout de trois années d'expérience : positif, lucratif et sans prise de tête. Il propose même une formation « microstocks » pour les photographes qui voudraient se lancer dans cette activité encore méconnue dans la profession. Interview.


Comment Ca Marche : Racontez-nous votre « première fois » avec les microstocks.



Fabrice Michaudeau
: J'ai 53 ans, j'ai donc eu une vie professionnelle avant les microstocks. J'avais une structure de 20 personnes. Aujourd'hui, nous sommes deux, ma femme et moi et nous ne travaillons plus qu'avec les microstocks, sept au total, dont Fotolia, Shutterstock et iphoto qui sont à nos yeux les meilleurs.

Pour commencer, c'est très simple. On crée son compte, on propose une première photo et une fois qu'elle est validée, on est accepté comme contributeur et on peut en déposer d'autres. On travaille en amont, on dépose et lorsque c'est vendu, on peut toucher une commission récupérable à tout moment, via Paypal par exemple, au rythme que l'on veut.

CCM : Les photos doivent être taguées pour être trouvées sur les banques d'images. C'est une tâche difficile ?
F.M
: C'est une gymnastique de l'esprit. Ma femme est chargée de cette mission et elle n'utilise que des mots-clés en anglais.

CCM : Votre volume de ventes se chiffre à combien ?

Je vends 1 500 photos par jour au total et 400 environ sur Fotolia.

CCM : Vous êtes satisfait de ce choix ?
F.M
: Complètement ! D'abord parce que c'est très lucratif. Nous réalisons un chiffre d'affaires de 30 000 euros par mois sur le total des sept microstocks. Et il y a d'autres avantages : je suis totalement autonome, je ne m'occupe pas du tout de la relation client, souvent compliquée, ce sont les microstocks qui s'en chargent.

Je me concentre à 100% sur mon métier et ne fais ni le commercial, ni la relance des paiements, toutes ces tâches obligatoires et désagréables de la vie de chef d'entreprise...
J'ai une formule : « on travaille où on veut, quand on veut et on est payé rubis sur l'ongle ».

CCM : Quels styles de photos faites-vous pour réussir à vendre autant ?
F.M
: Je ne fais que des photos avec personnages, des mannequins. Ce sont les plus recherchées, les plus difficiles à trouver, ce sont aussi les plus chères à réaliser : elles sont inaccessibles aux photographes non professionnels. Pour nous, c'est une façon de se démarquer.

CCM : Voyez-vous une limite à cette méthode de travail pour les photographes ?
F.M
: Fotolia est une des trois meilleures banques d'images sur le marché. Ils ont un bon outil, ils sont hyper connus et couvrent une bonne partie du marché européen, surtout l'Allemagne et la France. C'est d'ailleurs celle qui nous rapporte le plus en terme de volume mais, je pense qu'ils pourraient augmenter leur tarifs de revente.

Et puis, il y a un sujet sur la créativité. Les filtres des banques d'images sont très strictes, trop. Les modérateurs ont des consignes qui freinent la créativité. Il ne faut pas de flou, du coup, pas de mouvement, pas de personnages qui bougent. Il faut des cadrages très classiques, des photos très propres mais qui manquent parfois de personnalités.

Repères


Fotolia
  • banques d'image créée par 2 français
  • Présence international, 23 bureaux dans le monde et disponibles en 15 langues
  • 3 millions d'utilisateurs


Les autres banques d'images citées :
Shutterstock
istockphoto

Goodluz
Photographe et formation microstocks pour photographes
2 personnes
30 000 euros de chiffres d'affaires par mois

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