L'iPod devait faciliter le quotidien des infirmières

CommentCaMarche le lundi 30 avril 2012 à 18:03:32
L'iPod devait faciliter le quotidien des infirmières


Aujourd'hui les révolutions technologiques sont au coeur de l'actualité. Les entreprises, associations, collectivités et centres hospitaliers cherchent à utiliser ces innovations technologiques. L'idée qu'a eue la DSI (Direction des Services Informatiques) Hospices Civils de Lyon était de développer « l'iPod santé ».

Collecter des données et les transmettre aux autorités est une réelle problématique que rencontrent les centres hospitaliers. Le déploiement d'une application pour l'iPod devait faciliter le quotidien des infirmières.

Pari réussi puisqu'en 2011 le Grand Prix Santé Altran - CHAM a été décerné à cette application. Nous avons donc rencontré Aude Montmayeur, chef de l'équipe R&D de l'Hospices Civils de Lyon.

Comment ça marche : D'où vous est venue l'idée de l'utilisation de l'iPod touch ?

Aude Montmayeur : Une problématique se posait au coeur de notre établissement. Nos infirmières avaient du mal à enregistrer les constantes (taille, poids et IMC), ce qui était un réel problème car le centre hospitalier était sous la menace l'Agence Régionale de la Santé (l'ARS) et risquait une amende pouvant atteindre 30 millions d'euros.

C.C.M : Pourquoi avez-vous choisi l'iPod touch ?

A.D : On avait le choix entre un charriot (qui était équipé d'une tablette), qu'il fallait faire rouler dans tout l'hôpital et qui nous coutait 1200€ alors que l'iPod touch, a un coût relativement faible et on le transporte assez facilement (dans sa poche ou blouse de travail). En gros, on a équipé 6 services avec un iPod touch alors que l'on équipait 1 seul service avec le charriot. Le calcul a été vite fait !

C.C.M : L'iPod touch est-il facile à prendre en main ? (pour les infirmières, envoyer les résultats,...)

A.D : Avec une interface simple et intuitive, les infirmières ont quand même fait quelques reproches au début, surtout en ce qui concerne l'utilisation de l'appareil (problème de taille de doigt) Mais pas pour l'utilisation de l'application, pour rentrer les constantes (les infirmières se sont très vite adaptées). Aujourd'hui, on n'a plus ce genre de problèmes.

C.C.M : Qu'est ce que vous préférez le plus dans ce projet, qu'est ce qu'il vous semble le plus utile ?

A.D : On a aimé travailler au plus proche de l'utilisateur (les aides-soignantes) pour voir aussi l'évolution et l'enthousiasme qu'il y a eu autour de ce projet. Au départ, un seul service était concerné, mais aujourd'hui tous les services sont quasiment équipés de l'iPod santé.
On a réussi aussi à redorer le blason de l'infirmière. (ça a permis d'améliorer la qualité de nos services et l'image qu'elle renvoyait).
Cela a donc vraiment permis d'aider grandement le centre hospitalier. Après le coût, étant assez faible pour acheter un Ipod touch (environ 180€) et l'application émanant de notre service Recherche et développement, il n'y a pas de grosses dépenses.

C.C.M : Avez-vous rencontré des difficultés dans ce projet ?

A.D : Non, mais nous avons pu constater que les médecins faisaient quelques réflexions: « pourquoi les infirmières y ont droit et pas nous ?». Nous avons donc décidé d'utiliser le principe de « Bring your own devices », ils apportent leurs smartphones au travail pour bénéficier de l'application. On a équipé tous les smartphones et iPhones des médecins (80% d'entre eux possèdent déjà un smartphone). Au final, ça a eu un retour positif, car cela a amélioré la qualité de travail de nos médecins et cela n'a pas eu de coûts supplémentaires pour le centre hospitalier.

C.C.M : Que manque-t-il, pour vous, à ce projet ?

A.D : Il ne manque pas réellement quelque chose. On a juste pu regretter, au début de ce projet, quelques vols quand même, mais depuis 1 an et demi, on a plus à se plaindre de ce genre de désagrément. On a surtout responsabilisé les infirmières, pour qu'elles comprennent que c'est leur outil de travail, c'est donc à elles d'en prendre en soin. On a aussi installé un roulement entre les infirmières, elles se le passent au fur et à mesure de la journée et des services (jour et nuit), ce qui à permis de réduire considérablement les vols.

C.C.M : A qui conseilleriez-vous cette solution ?

A.D : En fait, ce sont les autres services qui souhaitent s'équiper de notre application. Au final, c'est environ 115 services hospitaliers répertoriés, qui souhaitent intégrer ce projet. L'avantage de cette application est qu'elle utilise le logiciel Cristalnet, qui est un logiciel utilisé par un grand nombre de centres hospitaliers.

En un clin d'oeil :

Hospices Civils de Lyon :

  • 2ème CHU de France
  • 14 établissements
  • 22000 personnes
  • 5000 lits


Ipod touch :
  • Produit d'Apple
  • Sorti en 2007


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