Notre test du Chromebook : l'interface en images

Julien.deMiras le vendredi 8 juillet 2011 à 19:02:47
Notre test du Chromebook : l'interface en images

Surfant sur la dématérialisation, le Chromebook entend révolutionner le marché de l'informatique en proposant une offre 100% Cloud. Le concept d'héberger ses données et ses applications sur Internet est séduisant, mais beaucoup pointent du doigt les problèmes liés à l'absence de fonctions hors-ligne. Le Chromebook est-il l'ordinateur du futur ? Nous avons testé l'appareil pendant quelques jours pour essayer de répondre à cette question.



Rappelons tout d'abord les intérêts du Cloud, sur lequel est entièrement basé le Chromebook. Ce dernier n'est pour ainsi dire qu'une interface vous permettant d'accéder à vos fichiers stockés en ligne. Dès lors, la puissance matérielle n'est plus un facteur déterminant, et vous pouvez accéder à vos données stockées depuis n'importe quel ordinateur, simplement en vous connectant sur votre espace de stockage (votre Cloud, donc). Reste à avoir confiance envers la fiabilité des serveurs de Google (perte de données, piratage, etc.), et à être sûr de sa connexion !

Commençons par ses caractéristiques techniques :

  • Ecran 12.1 pouces en 1280 x 800 à rétro éclairage LED
  • Processeur : Intel Atom N570 double coeur 1.6GHz
  • Chipset graphique : Intel GMA 3150
  • Mémoire vive 2 Go
  • Stockage : 16 Go SSD
  • Wifi 802.11b/g/n et 3G
  • Audio HD, 2 haut-parleurs stéréo, microphone
  • Webcam: 1 mégapixel
  • Batterie 6 cellules au lithium ion
  • Poids: 1,48 kg (avec batterie)
  • Dimensions : 294.2 x 219.5 x 19.9mm

Prix : 399€ sur Amazon.

Des caractéristiques très modestes au vu de la technologie actuelle, mais n'oublions pas que le principe du Chromebook (et donc du Cloud) est de déporter les applications sur des serveurs distants afin de ne pas avoir de contraintes matérielles.


// Package et design


A l'ouverture de la boite, pas d'extravagance : on retrouve le chargeur secteur, suffisamment grand pour une utilisation confortable, un guide utilisateur et un adaptateur mini-VGA/GVA. On aurait préféré du mini-HDMI mais Samsung a le mérite d'inclure l'adaptateur en standard.

Le design du Chromebook est plutôt original. Il est très épuré sur le dessus avec un dos laqué (noir ou blanc) sur lequel on retrouve les logos du navigateur et du constructeur. Le reste est moins glamour, composé de plastique aux formes arrondies. L'ensemble reste un bel objet et sa petite taille (12,1 pouces) le rend presque mignon. On est tout-de-même surpris par son poids : 1,48kg, qu'on remarque dès la prise en main. Sans être handicapant, cela reste élevé pour un concept qui mise entièrement sur la mobilité.

Heureusement l'appareil est plutôt fin (2cm), ce qui rend la prise en main plus facile.
L'aspect général du Chromebook fait bon effet même s'il semble parfois un peu fragile, notamment au niveau de l'écran qui a tendance à bouger un peu dès lors que l'on déplace l'appareil. De même, il reste légèrement ouvert quand on le replie, ce qui est gênant dans un environnement poussiéreux.

Au niveau des connectiques, on retrouve à droite un port USB ainsi qu'un port SIM (pour le modèle 3G), et à gauche la prise secteur, le port jack 3,5mm, un second port USB et enfin une prise mini-VGA. A l'avant vous trouverez un slot SD bien pratique pour augmenter la mémoire interne de 16 Go du Chromebook. Le lecteur prend également en charge les formats SDHC et MMC. Notons la présence de caches qui préservent l'esthétique de l'appareil. Petit bémol cependant : ces derniers sont en caoutchouc et font vraiment fragiles, attention à ne pas trop tirer dessus. Et non, vous ne trouverez pas de lecteur CD/DVD. Google a poussé le concept jusqu'au bout et a totalement déporté l'utilisation de l'appareil sur le « nuage ».

Rien à reprocher côté clavier. Les touches sont suffisamment espacées pour une frappe confortable. Toutefois, on remarque la disparition des touches de fonctions au profit de touches de raccourcis très pratiques (précédent, suivant, actualiser, plein écran, luminosité, volume, interrupteur). Au-dessous, un large trackpad multitouch est appréciable et réactif.

Un mot sur l'écran, de belle facture, assez lumineux et sans reflet (à la différente des écrans brillants). Il est donc bien pratique si vous utilisez l'ordinateur en extérieur, et cela fatigue moins les yeux. Seul le rendu des couleurs pêche un peu, c'est le défaut des écrans mats, mais en intérieur l'affichage est très satisfaisant, surtout pour la lecture de texte.

// Chrome OS, un système qui va à l'essentiel


A la première utilisation, le Chromebook vous demandera d'enregistrer votre réseau Wi-Fi, après quoi il lancera automatiquement toutes les mises à jour systèmes. Il vous faudra bien évidemment avoir un compte Google pour utiliser les fonctions du Chromebook. Une fois logué, on vous proposera un petit tutoriel pour maitriser votre trackpad. Chose plutôt utile au final car cela vous permettra de vous familiariser avec le multitouch, un peu à la manière des MacBook. Il faudra cependant un certain temps d'adaptation pour réussir du premier coup toutes les manipulations disponibles. Attention à bien appuyer avec vos doigts pour utiliser le multitouch, qui dès lors fonctionne très bien.


L'interface de Chrome OS surprend. Dès lors que vous êtes logué sur votre compte Google, votre bureau et toutes les fonctionnalités du système sont accessibles à partir de Chrome, le navigateur de Google. Le système est donc à son image : simple et rapide, chose que l'on remarque dès l'allumage. Sept secondes, montre en main, pour arriver sur l'écran d'ouverture de session, c'est très appréciable par rapport aux systèmes classiques !

Toutes les applications disponibles sur Chrome OS sont affichées sur la page d'accueil, et on en fait vite le tour. Actuellement au nombre de huit, on trouve les principales applis Google : Calendar, Docs, Gmail, Talk, Youtube, Scratchpad, un outil de prise de notes, Entanglement (un jeu de réflexion), et enfin le Web Store à partir duquel vous pourrez télécharger de nouvelles applis pour Chrome OS.


Nous allons faire le tour du propriétaire un peu plus en détails, en commençant par les points qui « fâchent », c'est-à-dire les limites de Chrome OS, qui n'a vraiment rien à voir avec les systèmes de Microsoft ou Apple.

// Une prise en main dans la douleur


A l'usage, c'est assez déroutant de voir les pages remplacées par des onglets. Plus questions ici de logiciels installés, tout se fait sur le web. On se retrouve au final avec du 100% web, à l'exception de Scratchpad, disponible en mode hors ligne. La disparition des fenêtres au profit des onglets devient vite agaçante. Il faut patiemment ouvrir chaque fichier ou application et cliquer sur les différents onglets pour les visionner. Pas question de copier-coller non plus entre les fichiers internes et externes au Chromebook. Le transfert se fait en ligne, comme tout le reste. Ce n'est franchement pas ergonomique et c'est un des principaux points faibles de Chrome OS.

D'un côté on a les avantages d'un système entièrement déporté, donc pratique, léger, rapide et à priori sûr. De l'autre, une interface très peu pratique en l'état, qui nécessite obligatoirement une connexion internet, et de bonne qualité pour une utilisation agréable.

Il faut bien prendre en compte ces facteurs pour ne pas se retrouver frustré, car tout se fait sur le web, et de nombreuses fonctions que l'on trouve habituellement sur les autres systèmes (Windows, Mac ou Linux) ne sont pas présentes. Par exemple, vous ne trouverez pas de lecteur vidéo autre que Youtube, ni de visionneuse pour vos fichiers multimédia. Il faudra donc se rediriger vers des solutions de type Picasa, et y importer vos photos.


On est surtout gêné par la faible compatibilité de l'appareil. Chrome OS n'accepte que les formats .txt, pdf, .html, mp4, .m4v, .m4a, .mp3, .ogv, .ogm, .ogg, .oga, .webm, .wav, ainsi que la plupart des formats d'image. Pour lire vos documents Word ou vos fichiers vidéos il faudra importer vos fichiers sur Google documents afin de les convertir. Vous pourrez alors ouvrir vos documents et les éditer. On espère vraiment que Google ajoutera de nouveaux formats compatibles car il est totalement impossible d'ajouter un logiciel en dehors de ceux présents sur le Web Store de Google.

Il possible d'avoir accès à ses fichiers en local (hors ligne) sur le SSD, à condition que ces derniers soient aux formats supportés. Auquel cas il vous faudra d'abord les convertir avec Google Docs avant de les télécharger sur le SSD. Pour les vidéos c'est plus complexe, vous devrez utiliser un logiciel de conversion en ligne, faute d'applications dédiées sur le Web Store.


Concernant les périphériques externes, les souris sont reconnues sans problème, mais pas les webcams. Bien heureusement la webcam intégrée dispose d'une qualité d'image correcte (720p), ce qui est suffisant pour de la vidéoconférence. Aucun souci avec les clés USB qui sont bien reconnues. Pas question cependant de copier ses fichiers sur le SSD, qui est crypté et donc protégé, à l'inverse des fichiers issus de périphériques externes, destinés à être envoyés sur le Cloud.

Il est possible de relier le Chromebook à une imprimante mais de manière un peu spéciale. Deux solutions s'offrent à vous : vous possédez une imprimante « Cloud ready » (il existe quelques rares modèles chez HP) et vous pouvez directement imprimer via le Chromebook, ou vous utilisez un PC sous Windows et relié à une imprimante quelconque. Pour cela suivez la manipulation suivante.

Autre déception : Vous n'avez droit qu'à 1 Go d'espace de stockage en ligne pour vos documents. Si vous souhaitez augmenter votre espace, il faudra passer à la caisse. Plusieurs forfaits sont disponibles, de 20 Go (5$ par an) à 16 To pour les plus gourmands (4.096$ par an). Si l'on doit prendre l'habitude de stocker tous nos documents en ligne, dont les vidéos haute définition, les tarifs risquent de grimper rapidement. Cela peut être un frein de plus vers l'achat.

// Un système optimisé et des fonctions dédiées


Tout n'est évidemment pas noir pour le Chromebook. L'appareil dispose de qualités intéressantes et accompli plutôt bien ce pour quoi il a été conçu, à savoir de la bureautique simple et l'Internet... avec les avantages du Cloud.

Chrome OS dispose des outils de base pour accomplir les tâches les plus courantes comme la création de documents bureautique, la messagerie, le multimédia grâce à Google Document qui se charge de convertir les documents que vous importez pour qu'ils soient lisibles sur le web... mais pas en local. Un mode hors ligne sera disponible dans le courant du mois pour quelques rares applications comme Google Docs. Seuls les jeux sont disponibles sans connexion.


Le Web Store de Chrome est encore limité mais contient plusieurs applications intéressantes pour jouer, travailler ou s'informer. On trouve notamment une version dédiée du New York Time (très réussie d'ailleurs), le fameux jeu Angry Birds, des logiciels utilitaires, des extensions comme Adblock ou Google Translate et bien évidemment toutes les applications de Google : Picasa, Maps ou encore Google music, la plateforme musicale « in the cloud », tout récemment dévoilée par la firme.


Rien à reprocher sur les applications du Web Store, gratuites et assez bien réalisées, si ce n'est la faible offre disponible actuellement. Mais la suite bureautique de Google a de quoi satisfaire la grande majorité des utilisateurs. On y retrouve les fonctions les plus utilisées (mise en page, tableaux dynamiques, import images et vidéo, graphiques, etc.). L'interface est toutefois plus simple, et certaines fonctions sont moins évidentes à trouver que sur Office par exemple. On peut donc réaliser des documents complexes mais de manière moins intuitive. Le principal problème lié à une suite web, c'est sa moins bonne réactivité par rapport à un logiciel installé. Dans le cas d'une insertion d'image (hors web), il vous faudra soit l'enregistrer dans un format compatible sur votre SSD avant de l'importer, ou bien copier l'url de l'image une fois stockée sur une application type Picasa, ce qui prend un certain temps à charger en cas de grosse résolution.


Côté technique, les applications Flash et HTML5 sont parfaitement supportées. Le système est rapide et, sauf à une reprise ici, très fluide. Chose possible grâce à la mémoire flash du SSD et à la présence d'applications légères et optimisées pour le système. De plus l'appareil dispose d'une très bonne autonomie en utilisation normale (environ 8 heures).

Le Chromebook Série 5 dispose d'un partenariat avec SFR et dispose d'une carte SIM intégrée vous offrant 3 jours de connexion gratuite. Après quoi il faudra à nouveau passer à la caisse.

// Chromebook : un produit de niche


Délibérer sur un tel produit n'est pas chose facile au vu des changements apportés par Chrome OS. On observe de multiples limitations qui peuvent s'avérer très frustrantes quand on est habitué aux environnements Windows ou Mac, mais de futures applications devraient combler certaines lacunes. On est vraiment entravé par le système de Google qui nous impose l'utilisation d'applications dédiées qui ne répondent pas toujours à nos besoins. Il n'est pas possible pour l'instant de faire son choix en matière de logiciels comme on le ferait sur un ordinateur traditionnel. On a l'impression de se retrouver face à une tablette avec un clavier, mais en moins intuitif et plus limité. La plus-value du produit est sincèrement difficile à voir. Les fonctions du Cloud sont disponibles à partir de n'importe quelle tablette et on ne voit pas bien l'intérêt de grosses applis en page d'accueil quand on peut y accéder aussi bien par les favoris ou la barre d'adresse.

D'un autre côté il s'agit d'un concept purement pensé pour le web et par le web. Le Web Store renferme de nombreuses applications utiles qui suffisent aux tâches pensées pour le Chromebook. Vous n'en ferez clairement pas votre machine principale, l'appareil se rapprochant beaucoup plus d'un netbook dans son usage. En attendant une boutique plus étoffée et l'apparition du mode hors ligne, il vaut mieux réfléchir à deux fois avant de se jeter sur l'aspect novateur du Chromebook. Seuls ceux pour qui le stockage en local n'a pas d'importance et qui disposent en permanence d'une connexion internet y trouveront un intérêt, surtout pour 399€. L'avenir du produit tel qu'il est nous paraît bien sombre.

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