« Le Chromebook donne plus de liberté à l'utilisateur orienté vers les usages web »

CommentCaMarche le vendredi 8 juillet 2011 à 07:12:09
« Le Chromebook donne plus de liberté à l'utilisateur orienté vers les usages web »

Disponible depuis le 15 juin en France, le Chromebook est le premier netbook embarquant Chrome OS, le système d'exploitation de Google orienté 100% vers le web, et les services en cloud. Une petite révolution dans l'univers du software pour ordinateur portable, jusqu'ici largement dominé par Windows, et ses logiciels installés "en local". Au coeur du fonctionnement du Chromebook : les applications web (disponibles sur le Chrome Web Store), un accès privilégié aux services de productivité de Google (dont la suite "Google Docs"), et surtout, le rôle pivot du navigateur Google Chrome, qui centralise toutes les actions de l'utilisateur. Estelle Courdoisy, chef de projet dans une société de conseil spécialisée SaaS/Cloud/Google Apps, a pu tester un modèle prototype du Chromebook, fourni par Google. Ses première impressions sur ce terminal, avec une présentation détaillée des ses atouts, ses faiblesses, et de son « profil d'utilisateur » typique.

CCM - Quelles sont vos premières impressions sur l'utilisation du Chromebook, sur la base du test que vous avez effectué ?

Estelle Courdoisy - A la première utilisation, la première chose qui frappe, c'est d'arriver sur un navigateur et de ne pas pouvoir en sortir. L'absence de bureau est perturbante, puisqu'on a l'habitude de retrouver cet élément, que ce soit sur Mac ou PC. La deuxième chose, c'est l'orientation 100% web : sans être connecté à Internet, on ne peut pratiquement rien faire. Mais une fois qu'on a pris l'habitude de passer uniquement par le navigateur, c'est comme utiliser Google Chrome dans une configuration classique sur un autre terminal : la différence n'est pas flagrante, et c'est agréable à utiliser.

CCM - Le Chromebook est donc un terminal étroitement lié à Internet et Cloud. Mais on ne peut vraiment rien faire en mode non-connecté ?

EC - Pour le moment non, la messagerie est utilisable off-line, mais c'est à peu près tout ce qu'on peut sans connection internet. Ceci-dit, le Chromebook évoluera et il devrait être possible de faire davantage de choses off-line à partir du mois de septembre. Autre action possible : modifier ses Docs, qui seront synchronisés une fois qu'on est connecté. Mais la principale contrainte alors, c'est qu'on doit laisser son ordinateur allumé, sous peine de perdre toutes ses informations.

CCM - Quel sont les points forts du Chromebook, notamment dans la perspective d'une utilisation professionnelle ?

EC - Le fait qu'il soit orienté vers une utilisation en ligne est une limite, mais c'est aussi un avantage très pratique, notamment pour les utilisateurs familiers des services en cloud. Comme les "modes de travail connecté"» se développent de plus en plus dans le monde professionnel, notamment en contexte mobile, il y a pas mal d'avantages : comme le fait de pouvoir retrouver toutes ses informations, quelque soit l'endroit on se connecte, et quelque soit la machine qu'on utilise. Le fait d'être indépendant de la "machine physique" donne plus de liberté à l'utilisateur, est c'est vraiment le point fort du Chromebook à mon sens.

CCM - Comme l'utilisation du Chromebook dépend beaucoup des applications disponibles sur le Chrome Web Store, est-il suffisamment polyvalent au final ?

EC - On retrouve effectivement les mêmes applications disponibles sur Google Chrome pour PC via le Chrome Web Store. Ce qui pose problème est la compatibilité limitée ou inexistante avec des logiciels métiers, comme Photoshop par exemple. Une compatibilité existe pour les outils bureautiques simples, par les Docs, qui peuvent interopérer -dans une certaine mesure- avec MS Office, ou s'y substituer dans certains cas. Mais il n'y a rien pour remplacer les outils plus spécifiques.

CCM - Quelles sont ses autres faiblesses ?

EC - En dehors du manque de compatibilité, il y a beaucoup de détails qui manquent : par exemple, on ne peut pas ouvrir de fichiers en .zip, ce qui pose rapidement des problèmes au quotidien. Et donc bien sûr le besoin de connection systématique : c'est un moindre problème aux États-Unis où la connection à internet ne pose pas trop de problèmes même en situation de mobilité, mais c'est en France, on est encore très loin de ça.

CCM - L'univers Google orienté 100% vers le cloud sur un netbook, ce n'est pas trop dissuasif pour un utilisateur familier de l'environnement Windows ?

EC - Effectivement, c'est gênant. C'est un gros changement pour les utilisateurs "classiques" habitués à Windows et qui ont du mal à changer d'environnement. Ils vont certainement éprouver des difficultés pour passer de l'un à l'autre.

Si on devait brosser le portrait d'un utilisateur "type" du Chromebook selon vous, lequel ce serait ?

EC - C'est assez compliqué. Il y a plusieurs profils. Je pense que le Chromebook convient à un utilisateur dont les activités sont orientées en grande partie vers le web, et qui y passe beaucoup de temps. L'utilisateur employant beaucoup d'applications disponibles via le Chrome Web Store est un des profils types. Mais bien sûr, les besoins de celui-ci pour réaliser des tâches plus spécifiques devront être limités. Je vois quelqu'un de relativement jeune, ayant besoin d'outils classiques, et qui est capable de s'adapter rapidement à un environnement axé à 100% sur le web.

En un clin d'oeil

Le Chromebook

  • Premier netbook sous Chrome OS de Google
  • Disponibles via deux constructeurs : Acer Cromia (à partir de 379 €) et Samsung (à partir de 399 euros)
  • Lancement en France : 15 juin 2011

Estelle Courdoisy

  • Chef de projet dans une société de conseil spécialisée SaaS/Cloud/Google Apps)
  • Test basé sur un modèle prototype du Chromebook (fourni par Google)
  • Le test complet sur ce blog
  • Son site web


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