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Quel appareil photo 3D choisir ?

Julien.Achard - mardi 5 avril 2011 - 10:33

Quel appareil photo 3D choisir ?

Le Fuji Finepix W3, l'Olympus TG-610 et le Panasonic Lumix FX77

La 3D est en train d'inonder le marché, que ce soit dans des modes complémentaires ou des appareils dédiés, c'est aujourd'hui un argument marketing pour les constructeurs qui veulent s'y engouffrer. Les fabricants mettent ainsi au point des technologies différentes autour d'un procédé commun : mettre une photo en relief pour lui donner un réalisme grandissant, faire plonger le spectateur au coeur de l'image.
Nous avons pu réaliser une série de photographies en 3 dimensions avec 3 appareils qui permettent de réaliser ce type de clichés, le Fuji finepix W3 et son double objectif, le Panasonic Lumix FX77 et sa 3D en rafale, et l'Olympus TG-610, avec un mode 3D fait de la composition de deux images. Leurs différences ne sont pas forcément claires sur le papier, vous verrez cependant que le mode de prise de vue joue un rôle important sur le choix que vous ferez, en fonction de vos sujets de prédilection.





Rendu Photo 3D


Durant le test terrain, l'écran 3D du Fuji W3 a permis de contrôler l'ensemble des prises de vues, de voir si l'effet 3D était bien présent, avec sa profondeur et la superposition des différents plans sur l'image.
L'étonnement d'abord, de ma part et des personnes à mes côtés, de voir en 3D sans lunettes avec un réalisme incroyable en relief. Il faut quelques secondes au début pour trouver le bon axe et la bonne distance pour rentrer dans l'image. Il faut être bien en face de l'écran, attendre une ou deux secondes avant de voir en 3D. C'est au moment où l'axe de ses yeux s'aligne avec celui de l'écran que l'on entre dans un monde différent, avec une perspective qui va bien au-delà du boitier, comme si l'on était sur le terrain. Les différents exemples montrés ne vous parlent peut-être pas en 2D, en 3D ils sont pourtant impressionnants : un panneau qui a l'air totalement détaché, un chien qui semble sortir de l'écran sur un gravier palpable, un bidon posé au milieu d'un champ, une aile d'avion qui vous donne l'impression d'être au dessus de votre tête, un pilote devant son avion ou encore une flaque et une perspective qui vous donne envie d'aller au bout du chemin.

Là où le Fuji se démarque en termes de relief, c'est l'impression de sortie d'écran du premier plan. L'Olympus et le Panasonic arrivent tout de même à sortir des photos surprenantes en 3D, en revanche le premier plan a l'air d'être un peu en recul. Sur des paysages, les trois appareils se valent même si le Fuji offre un certain confort à la prise de vue. C'est en portrait ou lorsque vous voulez que votre premier plan ressorte que le W3 montre sa supériorité, avec un effet 3D très prononcé, que votre premier plan soit éloigné du second ou pas. Pour arriver à un résultat s'en approchant avec le Lumix ou le TG-610, le photographe doit faire en sorte que son sujet ne soit pas trop près de l'arrière plan.


Prise de vue 3D


L'intérêt de la 3D ne convainc pas tous les photographes qui peuvent y voir un effet de mode ou encore un gadget high tech de plus pour les constructeurs. Le succès inattendu des films en relief démontre cependant une curiosité accrue des spectateurs pour cette technologie. L'effet est plus ou moins prononcé en fonction des marques, des modèles et des plateformes de visualisation. La façon dont se fait la prise de vue est également déterminante puisqu'elle vous influencera directement sur le sujet abordé : paysage, portrait, sport, animalier, macro...vous ne pourrez pas forcément tout photographier en 3D avec votre appareil.
Le bon côté est que l'ensemble des fabricants ont adopté un format de fichier et une norme commune pour stocker vos images, le .MPO (multiple picture object) qui remplace le .JPEG.

  • Fuji Finepix W3, il utilise un bi-objectif comme en stéréoscopie pour créer l'effet 3D. Chaque objectif prend une photo, au même instant, à condition de régler la parallaxe. En manuel, grâce à une molette de réglage, vous corrigez l'axe de chaque objectif en fonction de la distance du sujet. En automatique, cette correction est efficace et rapide, même si elle ne se prête pas forcément à un sujet qui se déplace rapidement. Pour cela, il faut régler à l'avance la parallaxe sur l'endroit où le sujet va passer, même rapidement, puis déclencher au bon moment. En revanche, en portrait, même si votre modèle bouge un peu, il n'y aura aucune incidence sur votre effet puisque le W3 prend deux photos simultanément.

  • Panasonic Lumix Fx77, il utilise une rafale de 20 images en travelling pour créer l'effet 3D. Le fonctionnement est étrange et pousse n'importe quel photographe à un certain scepticisme. Pourtant, la rafale, très rapide, permet de tirer un portrait ou encore de prendre un sujet en léger mouvement sans avoir un résultat flou ou décalé. En fait, l'appareil fait le tri dans sa série de photo et garde les deux photos qui permettront d'avoir une image en relief. Après quelques essais, le résultat est satisfaisant, à condition que le sujet ne bouge pas trop vite et que vous ne partiez pas trop loin dans votre "travelling" (pas besoin de faire un grand mouvement, un décalage de 5 à 10cm suffit).

  • Olympus TG610 : sûrement le moins dédié des trois à la 3D, puisqu'il s'adresse à des photographes qui voyagent et qui ramènent des photos de leurs vacances. Pourtant, le mode 3D marche bien, mais la contrainte à la prise de vue est plus évidente. On prend une première photo, puis l'appareil affiche alors une image sur laquelle vous devez vous caler pour avoir l'effet souhaité. On y arrive rapidement parfois, mais on perd très vite ses repères si on se décale un peu trop : du coup il faut tâtonner, voire recommencer. L'avantage est qu'une fois bien axé, l'appareil le détecte lui-même et déclenche automatiquement la seconde photo.


A lire également : Fujifilm et Sony s'expliquent sur la photo 3D

Prise en main


  • Fuji Finepix W3 : le plus lourd et le plus encombrant des trois. Embarquant un double capteur et deux objectifs, il est donc logique que sa taille soit plus conséquente. L'allumage est rapide, environ 3 secondes, la mise au point également, en 2D comme en 3D (il faudra cependant prendre en compte le temps de réglage de la parallaxe). L'appareil est compliqué à prendre en main lors de la prise de vue, notamment à cause de ses deux objectifs près du bord : on oublie très vite qu'un doigt peut se glisser devant l'objectif parce que nous sommes habitués à avoir un objectif au centre de l'appareil. La batterie n'est pas le point fort de cet appareil qui consomme énormément entre son double capteur/objectifs et son grand écran. La batterie se décharge en moins d'une heure si vous prenez beaucoup de photo et si vous vous attardez sur son écran 3D.

  • Panasonic Lumix FX77 : le plus léger des trois appareils, il se positionne sur une autre gamme aussi, celui des très compacts. Il offre un grand nombre d'options déjà présentes sur le Fuji et l'Olympus. L'allumage de l'appareil est le plus rapide des 3 boitiers testés, 1 seconde. La mise au point et le déclenchement sont aussi très réactifs. Cette rapidité surprend d'ailleurs pour un compact. Petit, il est assez déstabilisant en main, surtout si vous n'avez pas de petites mains, mais on s'y fait rapidement après quelques essais. Le bouton on/off est un peu trop sensible, c'est un bouton qui, dans la poche ou dans le sac, a tendance à s'agripper aux différents objets qu'il rencontre : il s'allume alors et peut vite se décharger si l'on ne vérifie pas. Une petite housse de protection ne sera pas de trop. L'écran tactile apporte une vraie plus value à cet appareil, permettant d'accéder rapidement aux différents paramètres, de choisir une zone de mise au point facilement et de visualiser ses images en un clic.

  • Olympus TG-610 : il se situe entre les deux appareils précédents, avec un objectif enfermé dans le boitier étanche à 5m. Légèrement plus rapide à l'allumage que le Fuji, il se comporte cependant un peu de la même façon au déclenchement, avec un délai d'1/2 seconde et une mise au point plus lente que sur le Panasonic. Le fait d'avoir un appareil un peu lourd est rassurant et ses caractéristiques en font un appareil à toute épreuve : voyage, humidité et différents micro-chocs qu'on pourrait lui faire subir en déplacement. On lui reprochera de ne pas avoir un écran tactile très utile, mais on ne peut tout avoir, le boitier étant fait pour être étanche jusqu'à 5m et être résistant aux chocs.

Qualité Photo 2D



Même si l'objet de notre test est le rendu des photographies en 3D, la photographie en 2D reste un point à prendre en compte afin d'être certain que notre appareil donnera de bons résultats dans différentes situations.
Le TG-610 et le Fx77 donnent des images assez proches, avec un piqué satisfaisant et un bruit numérique qui ne dérangera pas un photographe qui fait des tirages en dessous de l'A3. La montée en ISO se fait vite ressentir, avec un lissage forcé qui rogne les détails de la photo. A 800 ISO, la qualité est déjà amoindrie et les perfectionnistes auront du mal à s'y faire. Le FX77 est l'appareil qui semble le plus performant en haute sensibilité, grâce à un lissage logiciel qui donne une impression de netteté agréable et un bruit numérique moins présent. C'est justement au dessus de 400 ISO que le Fuji n'est plus dans la course. L'appareil est vraiment étudié pour la 3D et une visualisation sur écran en full HD maximum (1920x1080 pixels). A cette résolution, peu de défauts sont visibles, en revanche si vous prenez des images en 2D et que vous zoomez à 100%, même à 100 ISO la photo est déjà détériorée, les détails manquent de finition et les couleurs bavent légèrement. Cette qualité vous suffira amplement pour un tirage A4 ou 10x15, même si l'Olympus et le Panasonic se placent au dessus.

Verdict


Si vous cherchez à faire des photos en 3D, il est évident que le Fuji W3 est l'appareil photo numérique qu'il vous faut avec un double objectif et une gestion de la parallaxe en temps réel, pour du paysage, du portrait ou un sujet en mouvement. Même si son encombrement et son poids peuvent déranger, l'écran en relief et sa maniabilité en font l'appareil le plus dédié à la photographie en 3D. Cet écran est d'ailleurs une petite révolution, non seulement pour contrôler vos images, mais également pour montrer à vos amis rapidement ce que peut donner la photo en 3D aujourd'hui.

Si en revanche, vous ne comptez faire de la 3D qu'occasionnellement, pour quelques paysages, natures mortes ou portraits posés, le Panasonic ou l'Olympus feront l'affaire. Dans les deux cas, la 3D est un petit plus qui donnera à vos photos plus de profondeur qu'en 2D. Lequel des deux est le meilleur ? Chacun trouvera le modèle qui lui convient : d'un côté, le Panasonic offre une plus belle image et un mode de prise de vue 3D rapide et facile, de l'autre l'Olympus apporte une étanchéité qui peut s'avérer utile en voyage, ainsi qu'une prise de vue 3D qui plaira à d'autres.

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