Ils sont nombreux. Ils sont parmi nous. Et pourtant il les a vus ! Edouard Le Maréchal, Directeur des études qualitatives de BVA, a décrypté pendant près de 3 mois les comportements d'une centaine de jeunes âgés de 18 à 24 ans, répartis sur 8 régions. L'étude Gene-Tic offre un témoignage unique sur les usages, les valeurs de cette première génération numérique qui n'a rien à voir avec leurs aînés : nouveaux modes de consommation, nouvelles manières de travailler et de concevoir l'environnement...
CCM - Ceux qui sont nés dans les années 80, la Génération Y, représenteront plus de 30% de la population dans moins de 5 ans. Qu'est-ce qui les caractérise ?
Edouard Le Maréchal - La génération Y représente uniquement une classe d'âge. Je préfère parler des Digital Natives, c'est-à-dire les consommateurs et les citoyens qui sont nés à partir des années 80 et ont eu une enfance, une éducation numérique. Ce qui les caractérise, c'est qu'ils n'ont pas tout à fait le même rapport au temps et à l'espace que les générations précédentes. Tout d'abord, les Digital Natives ont une perception du temps accélérée. C'est-à-dire qu'une partie de leurs activités qui se déroule sur Internet est extrêmement rapide : la connexion à l'environnement est constante, sans temps morts, avec des rétroactions immédiates. Ensuite, leur notion de l'espace est n'est pas linéaire mais multiple. Ils peuvent quasiment pratiquer l'ubiquité grâce à Internet - avec des services de type google maps- ils sont tout le temps connectés avec les mêmes personnes où qu'ils soient, ce qui est une sorte de réduction psychologique des distances. Enfin, ces jeunes évoluent plus facilement face aux changements: ils sont davantage dans la gestion des opportunités au fur-et-à-mesure qu'elles arrivent.
CCM - L'étude Gene-tic souligne que les Digital Natives passent un temps très important à consommer : ils sont très attachés à la marque tout en étant méfiants vis-à-vis de la publicité. Comment expliquer ce paradoxe ?
E.M - Ce n'est pas forcément un paradoxe ! D'un côté, le Digital Native possède un mode de consommation rationnel qu'il cherche à optimiser. Par exemple, en détournant, par la revente ou l'achat de deuxième main. D'autre part, il peut rester très attaché à une marque ou un produit soit parce qu'elles sont emblématiques ou parce qu'elles garantissent un bon rapport qualité/prix. Tout ceci ne les empêche pas d'avoir une distanciation avec le marketing. En effet, ils ne se font aucune illusion vis-à-vis du discours de marque et de sa dimension mercantile car ils ont la capacité de décrypter facilement les procédés publicitaires. On peut dire que les Digital Natives sont de grands communicants, au sens où ils disposent d'une très bonne expertise en termes de présentation de l'information et de détournement de sens. Enfin, cette méfiance de la publicité ne veut pas forcément dire qu'ils n'ont pas envie de consommer, ils ont conscience que la publicité existe pour générer des désirs et non pas pour informer. Ils comblent ce besoin en cherchant l'information ailleurs.
CCM - Dans ce cas, comment faut-il parler à ces nouveaux consommateurs ?
E.M - Il suffit de rester à sa place et être en cohérence avec sa marque, ses produits et ses valeurs. L'écueil serait de faire croire par des discours d'empathie ou de transparence que l'entreprise est là pour autre chose que pour vendre. Toute tentation de procédé publicitaire qui jouerait sur une fausse connivence serait très vite mal perçue. A mon avis, on peut ne pas adopter les codes et les conventions de langage des jeunes à partir du moment où l'on est cohérent avec sa position. Free a récemment montré un bel exemple de communication réussie grâce à leurs spots publicitaires parodiques sur crétin.fr. Deux points forts : Free joue sur l'humour et le décalage. Ensuite, leur communication s'appuie sur une part d'autocritique car ils tournent en dérision leurs concurrents mais aussi eux-mêmes. Ils ont ainsi pu gagner une certaine sympathie auprès des jeunes en se positionnant comme un « dénonciateur » mais en restant à leur place.
CCM - Que ce soit dans l'acte de consommer ou au travail, quels rapports entretiennent-ils avec les TIC ?
E.M -Ils ont un rapport presque symbiotique avec les nouvelles technologies, comme une extension d'eux-mêmes. Ces outils leur permettent de rester connectés à leurs groupes, activités ludiques, à l'information mais aussi à leur environnement qu'ils construisent avec de la musique et de la vidéo.
Derrière ce comportement, on peut distinguer deux éléments fondamentaux :
Combien cela coûte-t-il au total ? Quelles aides apportent l'état et les acteurs du marché pour alléger cette charge non choisie ? Tous les détails sur Commentçamarche.net.
Mais alors, des niaiseries aussi lamentable, ça me révolte.
Allez rejoindre DHL, autre intello de la fête a neuneu !
@marina :Salut .mdr ,ici c'est tout sauf un site de rencontres ;apprends à écrire correctement au moins !
Je me considère, en dépit de mon age, comme un semi-digital. Et beaucoup des remarques qui sont faites s'adaptent aussi a mon cas.
Ce n'est pas idiot mais ... est-ce vraiment le cas des seul digital-natives ou de toute la population ?