Plus d'un mois après sa sortie aux États-Unis, l'iPad est enfin arrivé en France, le 28 mai dernier.
Son accueil dans l'Hexagone a été plutôt mitigé, la raison vient peut-être du fait que ce périphérique entre dans une nouvelle catégorie d'utilisation. À mi-chemin entre un iPod Touch XXL et un ordinateur portable, la tablette de Steve Jobs promet beaucoup mais souffre des traditionnelles limitations qu'Apple s'est appliqué à faire subir aux utilisateurs de l'iPhone.
Techniquement, l'iPad n'est pas une révolution. Le processeur embarqué est de la maison, il s'agit d'un Apple A4 cadencé à 1 GHz faisant suite au rachat de la firme P.A. Semi en 2008. Disponible en 16, 32 ou 64 Go, l'iPad existe en deux versions : une ne bénéficiant que de la connexion Wi-Fi, l'autre du Wi-Fi mais aussi de la 3G et d'une puce GPS. Côté affichage, l'écran d'une diagonale de 9,7 pouces (24,7 cm) rétroéclairé par leds présente une résolution atteignant 1024 x 768 pixels. Sa surface brillante propose un rendu des couleurs qui flatte l'oeil. Cependant, le syndrome du reflet est inéluctable. Il faudra donc pousser la luminosité à fond pour limiter la casse.
La connexion Wi-Fi semble être aussi performante que celle de l'iPhone, le temps de chargement d'une page web étant quasiment terminé en même temps sur les deux appareils. Il sera possible de connecter des périphériques sans fil grâce à la puce Bluetooth à la norme 2.1, indispensable pour utiliser un casque ou des enceintes sans fil. La version 3G n'accepte que des cartes au format micro SIM, inutile donc d'espérer pouvoir insérer votre carte SIM classique si vous disposez déjà d'un abonnement data, à moins de découper votre SIM au risque de la rendre inutilisable.
Parlons de l'autonomie maintenant : en utilisation normale (surf, mail, jeux, luminosité baissée à moitié et Wi-Fi activé), l'iPad tient allègrement 2 jours.
Comme la plupart du temps, la firme de Cupertino s'illustre merveilleusement bien dans l'art de brider les possibilités de son matériel, une manière de pérenniser l'iPad pour pouvoir le faire évoluer au compte-gouttes et ainsi attiser constamment la convoitise des futurs utilisateurs rassurés d'acheter un produit évolutif.
L'application phare, iBook, offre juste le minimum. Les livres électroniques ne peuvent être achetés que depuis l'iBookStore sur l'iPad, impossible de parcourir la bibliothèque depuis un ordinateur pour acheter un ouvrage comme cela se fait avec l'App Store et les applications. L'absence de port USB sur un tel périphérique est regrettable pour le consommateur qui devra encore s'acquitter d'une trentaine d'euros pour faire l'acquisition d'un adaptateur s'il veut y connecter un appareil photo. La connexion d'une clé USB est là encore impossible puisque qu'aucun explorateur de fichiers n'est prévu, sauf en jailbreak.
De plus, il est impossible d'utiliser l'iPad comme disque dur externe, sauf si vous installez un logiciel spécifique sur l'ordinateur comme iPhone-explorer ou DiskAid. La puce Bluetooth comporte une antenne FM qui, comme sur l'iPhone, n'est pas activée, exit donc la fonction radio FM sur la tablette. Pourtant, quelques nouveautés assez remarquables sont apparues sur l'iPad. Ainsi, du côté du transfert de documents, il est désormais possible depuis iTunes de synchroniser des fichiers PDF, de traitement de texte, des feuilles de calcul ou encore des slides, sur l'iPad, avec les applications capables de les utiliser. Il deviendra alors très facile de commencer un travail sur Pages, le traitement de texte d'Apple, pour le terminer sur un ordinateur et vice versa. Il en va de même dans l'application Mail où il est possible de choisir une application installée pour ouvrir les pièces jointes.
Déjà nombreux, les accessoires pour iPad sont sans aucun doute une véritable mine d'or pour Apple qui se lâche sur les tarifs pratiqués, d'autant plus que la boîte contient le strict minimum, à savoir l'iPad bien sûr, le câble USB et le chargeur secteur. La housse officielle est vendue 39 euros et n'a rien d'un étui de qualité. Pratique pour servir de socle à l'iPad, cet étui est très fin. Cependant l'accès aux boutons de contrôle de volume est rendu difficile à cause de ses coutures, il sera d'ailleurs impossible de le connecter au dock (29 euros supplémentaires) sans l'ôter de l'étui.
Un kit de connexion appareil photo comprenant un adaptateur USB et un lecteur de cartes SD est proposé à 29 euros. Si toutefois vous n'arriviez pas à vous habituer au clavier virtuel et que vous souhaitez travailler sur l'iPad, le dock avec clavier, spécialement conçu pour la tablette, sera indispensable. Il faudra tout de même débourser 69 euros pour cet accessoire, soit le même prix qu'un clavier Bluetooth que l'iPad sait aussi utiliser. Enfin, si vous souhaitez relier l'iPad à un écran externe, un adaptateur VGA est prévu. Il vous en coûtera 29 euros. Au final, l'addition risque d'être salée pour un périphérique qui en fait tout de même beaucoup moins qu'un MacBook...
Source: http://www.tekit.fr
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