La Chambre de Métiers et de l'Artisanat de la Somme (CMA80) vient de lancer une suite de logiciels en licence Creative Commons, spécialement conçue pour les créateurs et repreneurs d'entreprises artisanales. Elaboré en partenariat avec le Conseil régional de Picardie et le Feder (Fonds Européen de Développement Régional), le pack « Créateur Repreneur d'Entreprise Artisanale » est disponible sur support DVD pour les adhérents de la CMA80 -qui disposent d'un accompagnement personnalisé- ou en téléchargement gratuit, pour tout autre entrepreneur. La boîte à outils contient plusieurs logiciels libres (TerCompta, Dolibarr, Lundi Matin Business) retravaillés et adaptés aux spécificités des métiers artisanaux. Eric Mellier et David Vayssière, respectivement directeur Emploi-Formation, et formateur informatique à la CMA80, reviennent sur les origines et les avantages de ce pack de logiciels professionnels.
CCM - Qu'est-ce qui a motivé le lancement d'un pack de logiciels libres à destination des créateurs-repreneurs de TPE-PME ?
Eric Mellier - Tout a commencé par une rencontre avec un conseiller technique, Marc Leroy, un des organisateurs des rencontres mondiales du logiciel libre en 2007, à Amiens. Elle a coïncidé avec le travail de réflexion que la Chambre des métiers menait à l'époque sur la place de l'informatique dans les entreprises artisanales. En effet, celles-ci sont généralement peu préoccupées par cette question dans leurs premières années d'existence. Et manifestent des réticences et des hésitations, devant le coût et le choix des bons outils informatiques.
En investiguant du côté des logiciels libres, l'idée s'est imposée d'elle-même : car ce sont des solutions performantes, fiables, gratuites et donc sans impact sur la trésorerie des entreprises. Nous avons donc réuni un ensemble d'outils simples et fonctionnels pour les créateurs et repreneurs d'entreprises artisanales, sous la forme d'un DVD contenant des logiciels pré-paramétrés, « clés en main ».
CCM - Comment a été conçu ce pack ? Quelles ont été les étapes de son élaboration ?
EM - Notre souci était d'arriver à créer une palette outils aussi interactifs et simples d'utilisation que possible. Le développement du pack s'est déroulé avec le concours de nombreuses entreprises impliquées dans les phases de tests. Nous avons recueilli leurs besoins et construit la boîte à outils au fur et à mesure : des experts dans les domaines bureautiques, de la gestion commerciale et de la comptabilité sont intervenus pour veiller à ce que le résultat final colle aux besoins de nos TPE.
CCM - Les logiciels du pack étant en licence libre, on peut les trouver facilement sur internet. Dans ce contexte, quelle est la valeur ajoutée du pack ?
EM - Nous ne sommes pas rester « bloqués » sur des versions génériques des applications libres utilisées dans le pack : il était donc exclu de prendre Open Office et de le graver tel quel sur DVD. Nous avons fait en sorte que les processus d'installation et les fonctionnalités ajoutés aux logiciels correspondent au profil des utilisateurs finaux.
David Vayssière - La pierre angulaire du pack, c'est le travail de pré-paramétrage : notamment pour les outils de gestion commerciale et de compatibilité. Pour le logiciel « Lundi matin business », nous avons fait développer 5 fiches métiers, ce qui permet à l'utilisateur de pré-paramétrer le logiciel en fonction du métier qu'il exerce. Nous avons également fait évoluer Open Office, en ajoutant des modèles de documents : devis, factures, lettres de relances, etc, tout ce qui permet à une entreprise de fonctionner quotidiennement. Même chose pour le logiciel de comptabilité professionnelle TerCompta auquel nous avons apporté des modifications en lien avec les spécificités « métiers ».
CCM – Le maniement des logiciels Open Source n'est-il pas un problème pour les professionnels habitués à utiliser la suite bureautique Microsoft Office ?
DV - Généralement, les artisans ne sont pas formatés à l'utilisation de logiciels. On prend souvent l'exemple de Microsoft Office, mais la transition avec Open Office se fait sans problème dans la mesure où l'interface graphique est très proche. Nous organisons par ailleurs des sessions de formations pour les aider à maîtriser rapidement ces nouveaux outils.
CCM - La logique de standards ouverts, c'est de permettre à la communauté d'enrichir/d'améliorer rapidement les logiciels, en fonction des retours utilisateurs. Pensez-vous utiliser le retour d'expérience pour faire évoluer le pack ?
DV - Oui. Nous avons édité et remis un certain nombre de DVD aux porteurs de projets inscrits à la CMA80, mais l'image du DVD qui a été mise en ligne évolue très rapidement, ce qui permet de faire progresser le contenu du pack. On vient d'ailleurs d'ajouter récemment l'outil de défragmentation UltraDefrag.
CCM – Selon les témoignages que vous avez recueillis, quels sont les outils plebiscités par les artisans dans ce pack ?
EM - Il y a une adhésion totale sur la partie gestion commerciale. C'est normal, car les outils de gestion commerciale font souvent défaut dans ces métiers, où la compétence et le savoir-faire spécifique priment. La relation clients n'est pas tout à fait outillée comme elle devrait l'être, c'est le donc le plus grand bénéfice exprimé par les artisans qui utilisent le pack.
Pour en savoir plus : le Pack Créateur Repreneur d'Entreprise Artisanale de la Chambre de Métiers et de l'Artisanat de la Somme.
Vous n'aimez pas le lifting de Facebook ? Le site Mashable propose cinq étapes pour revenir à l'ancienne présentation du réseau social.