Plus de deux millions d’iPhones ont été vendus l’année dernière. De quoi laisser rêveurs les éditeurs qui y voient un important vivier de clients potentiels. Car avec son Appstore, Apple a proposé aux utilisateurs de faire leurs courses dans le grand marché des médias. Les éditeurs eux, séduits par le concept ou contraint de développer une application pour tenir la dragée haute à leurs concurrents ne savent pas vraiment sur quel pied danser.
Ca ressemble à un véritable Eldorado… et pourtant ça reste un sacré casse-tête pour les éditeurs ! Avec plus de 20 000 applications disponibles sur l’Appstore, les applications de l’iPhone connaissent un succès retentissant. Pourtant, à l’instar du web fixe, la question de la monétisation des contenus est centrale… et pas encore résolue ! Car si l’offre d’application est florissante et le nombre d’utilisateurs toujours plus nombreux, ces derniers ne sont pas encore près à payer pour toutes les applications. Les jeux s’en tirent bien, « c’est parce que c’est un usage traditionnellement bien installé, note Emmanuel Vacher, directeur marketing et commercialisation chez Lagardère Active. Les gens étaient déjà prêts à payer. Et puis aujourd’hui que ce soit sur l’iPhone ou l’iPod Touch, on a une qualité de jeu quasi-équivalente à celle qu’on retrouve sur une Nintendo DS, pour 4 à 5 fois moins cher. »
Ne pas concurrencer ses propres contenus
Pourtant, 90% des applications téléchargées sont des applications gratuites. Un véritable casse-tête pour les éditeurs qui naviguent à vue entre rendre l’application payante alors que des contenus existent déjà sur le web. Car la concurrence est parfois à une portée de clic, vu la performance des navigateurs des smartphones. « Quand vous avez un navigateur comme Safari, il suffit d’un clic en plus de l’application pour accéder à des contenus gratuits. Les applications proposées doivent proposer une plus-value en terme de contenu ou de services », prévient Emmanuel Vacher. Une faute dans laquelle n’est pas tombée le Guide Michelin, qui géolocalise une sélection de restaurants près desquels l’utilisateur se trouve, grâce au GPS de l’iPhone ; ou Elle à Table qui propose de synchroniser des listes de courses.
Une véritable manne pour les annonceurs
Car la problématique des éditeurs d’applications aujourd’hui est sensiblement la même que celles des éditeurs de site hier. Comment ne pas perdre d’argent avec son application, voir même en gagner, sans se tirer une balle dans le pied ? A ce petit jeu là, ce sont les annonceurs qui se frottent les mains. Ces derniers, auparavant refroidis à l’idée de développer un site web mobile qui ne leur aurait apporté un retour sur investissement à la hauteur de leurs espérances, voient une aubaine dans le développement des applications iPhone. Du coup, les publicités sur les applications ou le sponsoring constituent une bonne opération pour les annonceurs, et pour les éditeurs d’applications qui y voient une solution pour rentabiliser l’outil.
Vers une percée des Google Phones ?
Les coûts sont même légèrement en deçà du marché sur le web fixe. « Le ticket d’entrée varie de quelques milliers d’euros à une dizaine de millier d’euros par semaine », confirme Emmanuel Vacher. Et le dispositif fonctionne, estimé à une fourchette comprise entre 15 et 20 millions d’euros. Et le marché est sur une pente ascendante, même s’il est encore difficile de prédire de quel ordre sera la croissance sur un marché de la publicité moribond depuis plusieurs années. « On s’attend à une croissance à deux chiffres en terme de pourcentage. On a d’un côté le marché des applications iPhone, mais on sent aussi que ça pousse du côté des Google Phones, qui ont aussi leur marketplace. »
La bataille des applications est donc lançée !
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