Quatre milliards de photos postées sur Flickr à la mi-octobre : le chiffre est faramineux. Tout comme le succès du Salon de la Photo, il témoigne d’un engouement puissant pour la photo numérique, avec en corollaire, le partage public.
Comment les professionnels utilisent ces technologies de l’image ? Doivent-ils prendre des précautions particulières ? Et l’étape suivante ?
Début de piste sur les usages professionnels de l’image numérique avec Jérôme Darsouze, Directeur Marketing CGIN-Photoservice.com.
CCM : Vous revenez du Salon de la Photo à Paris, vous y avez vu des choses intéressantes pour les professionnels ?
Jérôme Darsouze : On a bien sûr vu sur le Salon que le livre photo est devenu un incontournable et que les solutions techniques telles que le mini lab numérique recto verso vont dans ce sens. Mais ce que tous les professionnels présents ont retenu c’est la fréquentation exceptionnelle cette année, preuve que la photo déborde de vitalité !
« Une carte SD équipée avec antenne Wi-Fi intégrée… une révolution »
CCM : Quelles sont les innovations techniques vraiment marquantes ?
J-D : C‘est sans conteste la carte Eye-fi, une carte SD avec antenne Wi-Fi intégrée. Avec cette carte, vous prenez vos photos qui vont automatiquement, via le Wi-Fi, se transférer en ligne sur un espace que vous choisissez (Facebook, Flickr ou votre compte Photoservice…). A mon avis, plus qu’une innovation, c’est une révolution.
CCM : Un pas de plus vers l’immédiateté.
J-D :Oui, avec cette carte, prise de vue et publication des photos sont instantanées. C’est encore plus de mobilité et de rapidité dans les échanges, des besoins clairement exprimés par les pro : les spécialistes de l’image et de la communication en tête (journalistes, agences RP, photographes…) mais aussi les agents immobiliers qui peuvent alimenter leur catalogue en ligne dès le moment de la visite du bien, les assureurs et les experts pour les photos sur le lieu même d’un litige…
Plus besoin de câble, plus besoin de revenir au bureau pour mettre ses éléments en ligne.
CCM : Alors concrètement, on fait comment ?
J-D : C’est très simple.
D’abord, vous configurez la carte : vous la connectez à un PC, vous remplissez le formulaire (nom, quelle borne wifi vous allez utiliser, le compte sur lequel vous souhaitez déposer vos photos, le mot de passe).
Ensuite, vous pouvez éteindre votre ordinateur, insérer la carte dans votre appareil photo numérique et prendre vos photos.
Pour le transfert, vous n’avez rien à faire, si ce n’est être à la portée d’un réseau Wi-fi et de laisser votre APN allumé.
La prochaine étape, c’est le Wi-fi intégré directement aux appareils photos.
« Encore une preuve que le SD est devenu un standard »
CCM : Ca semble plutôt simple d’utilisation ?
J-D : Ca l’est alors que la technologie utilisée derrière est impressionnante : intégrer une antenne Wi-Fi dans une carte mémoire, ce n’est pas rien. Les professionnels l’attendaient en France depuis trois ans.
Pour son produit, Eye-Fi a choisi le format SD : pour moi, c’est encore une preuve que le SD est devenu un standard. Tous les autres, mise à part la memory stick de Mac, sont mis à mal : Compact flahs, XD, MMC…
CCM : Et le partage de photos, sur le modèle de Flickr, Photo Service ne mise pas dessus ?
J-D : Nous donnons la possibilité de créer des albums photos en ligne mais avec accès restreint, pas public. C’est à mon avis un usage périphérique pour les professionnels. Par contre, le vrai usage professionnel en ce moment, ce sont les créations de produits de photo : les livres photos, les calendriers, les documents de présentation… le tout en qualité professionnelle.
CCM : Ca veut dire quoi un niveau de qualité professionnelle ?
J-D : Ca veut dire que jamais chez vous vous n’obtiendrez le même résultat au même prix. Et même sur une toute petite quantité d’impression. Jusqu’à il y a cinq ans, l’offset numérique permettait de faire des petites séries mais à un prix élevé, en raison de la passe (c'est-à-dire la quantité d’exemplaires à passer pour caler la machine). Maintenant, nos offset sont ultra précises et permettent des passes très courtes. D’où un prix à la baisse.
CCM : Calendrier, livre photos… ce sont des produits plutôt grand public.
J-D : Pas seulement. J’ai l’exemple d’un pisciniste qui photographie l’avancée de ces chantiers et qui à la livraison, offre un livre photo à ses clients. Un grand château viticole utilise aussi les livres photos pour promouvoir leurs services réceptifs et les distribuent à la place de leurs anciennes plaquettes.
CCM : Les questions juridiques sont toujours très sensibles en terme de photos. Des précautions à conseiller à des professionnels qui utiliseraient beaucoup la photo ?
J-D : Il faut tout simplement respecter le droit à l’image et le droit de l’image.
Pour le droit à l’image, vous devez obligatoirement faire signer une décharge aux personnes que vous photographiez et aux auteurs des œuvres que vous photographiez (l’architecte d’un bâtiment par exemple).
Quant au droit de l’image, il s’agit du droit inaliénable à la propriété intellectuelle. N’utilisez donc pas une photo que vous n’aurez pas réalisée ou dont l’auteur ne vous a pas donné autorisation d’usage. Tournez vous vers les banques de photos : les questions de droit y sont réglées en amont entre les photographes et la plateforme.
Jérôme Darsouze, Directeur Marketing CGIN-
Photoservice.com