Jean-François Fremaux, Eutelsat : « Nous pouvons nous engager sur des débits homogènes »

CommentCaMarche - mardi 6 octobre 2009 - 18:43

Jean-François Fremaux, Eutelsat : « Nous pouvons nous engager sur des débits homogènes »

Fournisseur d’Internet par satellite, Eutelsat propose l’Internet aux foyers situés en zones blanches et en zones grises. Mais avec le lancement d’un nouveau satellite d’ici à la fin 2010, Eutelsat compte bien viser le marché des entreprises paneuropéennes. Jean-François Fremaux, directeur du développement marchés et produits au département multimédia d’Eutelsat, nous en dit plus sur l’Internet par satellite.

CCM - A qui s’adresse plus parti culièrement les offres développées par Eutelsat ?



JFF - Nous nous adressons plus spécifiquement aux personnes en France qui résident dans ce que l’on appelle les « zones blanches » et les « zones grises », c'est-à-dire les foyers qui ne peuvent pas avoir accès à l’ADSL, ou qui n’ont qu’un accès très limité, car ils sont situés trop loin des répartiteurs téléphoniques. On retrouve ces zones blanches partout en Europe, mais aussi surtout en France. Nous proposons donc à ces utilisateurs qui ne sont pas ou mal desservis de recevoir Internet haut débit grâce au satellite.

"La force de notre service : garantir en tout point géographique le même débit"

CCM - Le débit est-il équivalent à une connexion ADSL classique ?

JFF - Grâce au satellite, nous pouvons nous engager sur des débits homogènes et identiques quel que soit l’endroit où se situe l’abonné. Nos offres à 3,6 mégabits en descente (réception) et 384 Kbps en montée (émission) sont réellement accessibles partout en Europe sans aucune exception. C’est vraiment ce qui fait la force de notre service : garantir en tout point géographique le même débit.

A contrario en ADSL, seul le prix est constant : si vous résidez près du répartiteur, vous aurez sans doute un débit de 20 mégabits, mais à mesure que vous vous éloignerez du central téléphonique, la vitesse maximum accessible va diminuer fortement pour descendre au delà de 5 km en dessous de 2 Mbps.

CCM - Pourquoi limiter le volume consommé par abonné ?

JFF - Tout simplement pour réguler les flux des abonnés. Nous sommes obligés de contrôler l’usage des abonnés pour assurer un niveau de service garanti à tous les utilisateurs : nous contrôlons donc les volumes consommés. En général, 5 % seulement des abonnés sont hors norme et 95 % restent dans les bonnes limites. Nous sommes obligés de modérer le débit des 5 % d’abonnés hors norme pour éviter qu’ils déstabilisent l’ensemble du réseau. Mais même si on diminue la vitesse de l’abonné, on ne coupe jamais la connexion.

"Aucune autre technologie ne peut répondre à l’exigence de la couverture universelle dans ces conditions"

CCM - Lancer un satellite en 2010, alors même que le plan numérique 2012 annonce un accès à l’ADSL pour chaque foyer français, n’est-ce pas un peu risqué ?

JFF - Le plan numérique 2012 n’annonce pas un accès ADSL mais un accès au haut débit pour chaque foyer français et nous sommes bien entendu un acteur majeur de ce plan puisque, sans attendre la consultation officielle, nous avons mis en place avec nos partenaires Numéo et Sat2way une offre à 3,6 Mbps pour 34,9 euros TTC modem et antenne compris. Il faut remarquer que ce n’est que grâce au satellite que les souhaits du ministre ont pu être satisfaits. Aucune autre technologie ne peut répondre à l’exigence de la couverture universelle dans ces conditions.

CCM - A part une augmentation des débits, que va permettre le lancement du nouveau satellite KA-SAT ?

JFF - Un satellite traditionnel à large faisceau permettant de couvrir très largement l’Europe d’un seul jet est excellent pour la diffusion de la télévision et reste le média de référence pour la télévision numérique, y compris la TNT ; c’est en revanche beaucoup moins efficace pour la transmission de données de type Internet, car cela ne permet ni de connecter un très grand nombre d’usagers ni surtout de le faire dans des conditions de prix et de rentabilité satisfaisantes.
Seuls les satellites multispots permettent d’assurer ce service et si nous avons lancé avec succès notre service Tooway en 2007 avec nos satellites multispots EuroBird3 et Hot Bird 6, ce n’est qu’avec KA-SAT que nous pourrons réellement déployer massivement ce service en Europe avec près de deux millions de connexions.

CCM - Justement, quels seront vos atouts sur ce marché hyperconcurrentiel ?

JFF - Nous avons mis en place un vrai réseau Internet paneuropéen, transnational. Outre l’intérêt évident que ce réseau présente sur le marché des particuliers, nous allons aussi utiliser ce réseau pour les entreprises : bien entendu les PME situées en zone rurale mais aussi les entreprises déployées sur plusieurs pays d’Europe pour lesquels nous pourrons offrir un vrai réseau sans coupure avec un service de performance et de qualité homogène.

CCM - Jean-François Fremaux, je vous remercie.

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