Marc Lolivier, Fevad : « Répondre au défi de la mobilité »

Jeff le vendredi 17 juillet 2009 à 18:43:58
Marc Lolivier, Fevad : « Répondre au défi de la mobilité »En regroupant plus 400 entreprises au sein de son association, la Fevad est un acteur majeur du développement du e-commerce en France. Les internautes connaissent ses fameux baromètres, qui mesurent la satisfaction des cyberacheteurs. Pourtant, c’est loin d’être sa seule activité. Marc Lolivier, son délégué général, nous explique quel rôle joue la Fevad dans le paysage de l’économie numérique.

CCM – Qu’est ce que la Fevad ?

ML – Littéralement, c’est la Fédération du e-commerce et de la vente à distance. Nous sommes une association de loi 1901 qui regroupe 430 entreprises et 700 sites internet. C’est un lieu d’échange et de partage d’informations entre les entreprises adhérentes mais aussi avec l’ensemble des acteurs qui participent à notre environnement comme les acteurs économiques, les consommateurs et les représentants des pouvoirs publics. Une de nos principales missions est de promouvoir le développement du e-commerce et de la vente à distance en France.

CCM – Quels types d’entreprises adhèrent à votre fédération ?

ML – Nous comptons bien sûr parmi nos membres les acteurs traditionnels de la vente à distance mais aussi des entreprises « Pure Player », c'est-à-dire des sociétés nées avec internet qui se sont essentiellement développées sur le Web. Une troisième partie de nos adhérents sont des enseignes magasins qui sont de plus en plus nombreuses à ouvrir pignon sur web. Cette nouvelle vague d’e-commerçants représente une part importante de nos nouveaux adhérents. Le site de vente sur internet devient un complément de plus en plus indispensable à l’offre magasin. Cette offre multicanale est aujourd’hui une grande tendance du e-commerce en France, je pense que son développement ne fait que commencer.

CCM – Comment se porte le e-commerce aujourd’hui en France ?

ML – Plutôt bien ! Le secteur a connu une croissance de 28% l’année dernière malgré un dernier semestre plus difficile. Le e-commerce reste un secteur extrêmement dynamique où il y a encore un énorme potentiel de développement. Les Français sont toujours plus nombreux à acheter sur le Net. Le potentiel de croissance reste donc important. Parallèlement, il se créé de plus en plus de sites marchands. On en compte aujourd’hui plus de 50 000. Il se créé actuellement un site marchand toutes les heures. Cela montre bien le dynamisme de ce secteur.

« Dimensionner son projet »



CCM – Justement, beaucoup d’entreprises ont voulu se lancer dans le commerce en ligne, avec des succès divers. Quelles sont les clés du succès du commerce en ligne ?


ML – Je crois qu’avant tout, l’entreprise doit bien réfléchir et dimensionner son projet internet avant de se lancer. Le commerce sur internet est un véritable investissement, l’entreprise doit se faire une idée précise de son projet tout en conservant l’idée de progressivité: ne pas forcément voir trop grand tout de suite, mais toujours prévoir l’idée de progression.
Aujourd’hui, trois formules s’offrent aux entreprises qui souhaitent se lancer dans la vente en ligne. La première c’est de passer par des plateformes d’échange et d’enchères sur internet, qui sont bien adaptées pour débuter. La deuxième solution, c’est de passer par des fournisseurs de plateformes intégrées, de type Oxatis. Beaucoup d’entreprises qui utilisent ce type de plateformes ont aussi une boutique physique. C’est bien la preuve que commerce et e-commerce sont parfaitement complémentaires. La troisième solution c’est de faire appel à une agence, qui va créer une boutique sur-mesure, répondant à des objectifs bien définis de l’entreprise.
Globalement, la diversité des solutions qui existent aujourd’hui a permis de rendre plus accessible l’e-commerce aux entreprises.

CCM – Les entreprises peuvent vendre sur Internet… mais elles peuvent aussi acheter ! Où en est le marché des professionnels sur internet ?

ML – Il se porte bien lui aussi ! Le marché du B to B va certainement connaître une très forte accélération dans les prochaines années. Hormis quelques secteurs déjà bien développés comme l’informatique, l’équipement de bureau ou le voyage d’affaires, la marge de manœuvre reste encore très importante. Aux Etats-Unis, plusieurs sites de B to B figurent déjà parmi le top des sites de e-commerce.

« Renforcer la confiance des internautes »


CCM – Les e-commerçants ont parfois traîné une réputation peu reluisante. Qu’en est-il aujourd’hui ?


ML – C’était peut être le cas il y a quelques années. Je ne pense plus que cela soit le cas. La Fevad publie régulièrement des baromètres et on relève un niveau de confiance très élevé de la part des cyberacheteurs, de l’ordre de plus de 65 % chez les internautes. Au niveau de la satisfaction des clients, quand on a mené une enquête après la période de Noël, on est monté à 97% de clients satisfaits dans notre baromètre et plus de 99% en termes d’intention de réachat. Après, Internet est un endroit où la liberté d’expression est très importante : l’internaute peut donc « poster » ses réclamations à des endroits plus ou moins visibles de la toile. Les entreprises sont d’ailleurs très sensibles aux avis de consommateurs car beaucoup d’internautes visitent ces forums pour s’informer.

De son coté, la Fevad, travaille en permanence à renforcer la confiance des internautes. Cette confiance est absolument nécessaire au développement du e-commerce. Nous avons notamment mené de nombreuses actions dans le domaine de la déontologie : nous avons créé notre propre charte de déontologie fondée sur des règles de transparence et de protection des consommateurs, nous venons aussi de signer une charte des sites comparateurs de prix avec Nathalie Kosciusko-Morizet. Certaines de ces règles vont au-delà de ce qui est prévu par la loi. Nous sommes favorables à la corégulation c’est-à-dire l’apport de règles volontaires qui viennent compléter un socle législatif. Cette démarche permet de garantir un environnement réglementaire, mieux adapté à internet. Notamment car il permet d’évoluer plus vite, ce qui est très important dans le secteur des technologies de l’information.

CCM – A quels défis se prépare la Fevad dans les années à venir ?

ML – Nous devons vraiment nous préparer à l’hyperconcurrence. Les sites sont de plus en plus nombreux en France mais aussi à l’étranger. Avec la crise, les consommateurs sont de plus en plus attirés par les prix bas. Sur internet vous pouvez très facilement comparer 5, 10, 20 ou 30 sites. Cela ne vous prendra que quelques secondes. Beaucoup d’internautes ne font plus de gros achats sans consulter les prix et les avis en ligne. L’enjeu est donc de continuer à fournir les meilleurs prix mais tout en maintenant un niveau général de qualité et de satisfaction.
Nous devons aussi répondre au défi de l’internet mobile : avec le développement de la 3G, des millions de personnes ont accès à internet depuis leur mobile. On compte déjà 20 millions de mobinautes en France et près d'un tiers des téléphones mobiles vendus sont des terminaux compatibles avec le haut débit. Le m-commerce est une brique supplémentaire qui peut apporter beaucoup au e-commerce.

Enfin, le développement durable est un thème sur lequel nous travaillons beaucoup. Les Français sont de plus en plus sensibles aux aspects environnementaux. D’ailleurs, selon un récent sondage 13% des personnes interrogées reconnaissent avoir acheté sur internet par souci écologique. L’étude que nous venons de publier leur donne raison, puisque le e-commerce permet de réduire par 4 les émissions de gaz à effet de serre. C’est une bonne nouvelle pour le e-commerce mais aussi pour la planète, vu la progression attendue de ce nouveau mode de consommation dans les années à venir.


CCM : Marc Lolivier, je vous remercie.
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