Mark Lufkin, Lenovo : « Supprimer le disque dur de l’ordinateur »

CommentCaMarche le vendredi 12 juin 2009 à 17:39:47
Mark Lufkin, Lenovo : « Supprimer le disque dur de l’ordinateur »Lenovo vient de mettre sa solution de déstockage des données SMC sur le marché. L’intérêt : centraliser des données et économiser sur la maintenance. Et si on s’acheminait vers un ordinateur sans disque dur ? Mark Lufkin, directeur de la division logicielle et périphérique chez Lenovo EMEA, nous en dit un peu plus sur le déstockage des données.

CCM - Lenovo vient d’entrer sur le marché du déstockage avec sa solution SMC (secured management client) 1.2, pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit ?

ML - C’est effectivement l’entrée de Lenovo sur le marché du déstockage des données. C’est un produit qui allie la performance et la compatibilité. En virtualisant le bureau de l’utilisateur, nous avons gagné en performance sur le matériel et en compatibilité, puisque les données d’un utilisateur ne sont plus stockées sur le disque dur, mais sur un serveur de stockage virtualisé. En plus, en enlevant le bureau, on fait l’économie d’un disque dur sur les machines. Enfin, le fait que les données soient destockées implique qu’il n’y a pas besoin que l’utilisateur soit devant son poste pour que le système fonctionne, tout est centralisé sur le serveur virtualisé.

CCM - Cela signifie-t-il que l’utilisateur n’est plus du tout dépendant d’un poste de travail particulier ?

ML - Exactement, avec ce système l’utilisateur peut employer n’importe quel poste pour accéder à ses données et à son bureau. Ça permet de pouvoir échanger les postes, l’utilisateur n’est plus rattaché à un poste à une session. Du coup, il peut se connecter depuis n’importe quel ordinateur : il aura à sa disposition toutes les données qu’il a précédemment enregistrées. C’est un gain important en terme de souplesse mais aussi de sécurité.

« Un système plus simple à manager »

CCM - Justement, en terme de sécurité, n’est ce pas un peu trop risqué de mettre toute ses données sur le même serveur ?


ML - Non, bien au contraire, c’est un plus ! Elles sont toutes centralisées sur un même espace et ne sont pas perdues, c’est beaucoup plus simple à manager. Ça évite non seulement la perte des données, mais aussi leur fuite. Imaginez quelqu’un qui se fait voler son ordinateur : au moins, là les données sont récupérables sur le serveur et il n’y a aucun risque qu’elles soient volées en même temps que le matériel.
Enfin, la stratégie de sécurité est elle aussi managée grâce au SMC, plutôt que par poste, on a aussi un gain de temps important de ce côté-là.

CCM - Le SMC est-il compatible avec toutes les applications ?


ML - Oui, nous avons voulu faire un système plus ouvert, plus compatible avec les applications. Par contre, au niveau du matériel, le système SMC n’est compatible qu’avec les composants Lenovo.

CCM - Le déploiement du système en entreprise n’est-il pas trop lourd ?

ML - Non, pas vraiment mais ça varie selon le nombre de postes à installer. Il ne faut pas compter plus d’une journée pour mettre le système en place.

CCM - Le cloud computing est en plein essor. Vous proposez un service de déstockage de données alors que Google vient de lancer un service pour partir à l’assaut des entreprises avec le pack Google Apps Premier. La concurrence ne vous fait pas trop peur ?


ML - Vu comme cela, ça pourrait être un concurrent, mais dans les faits, ça n’en est pas un. Nous proposons un service d’infrastructures réseau destiné aux entreprises, du secteur industriel notamment. Google vend des applications plus que de l’espace de stockage et de la dématérialisation de données. Nous, nous avons axé le SMC sur le destockage et la centralisation des données. Nous ne fournissons pas les mêmes services.

« Abaisser le coût de la maintenance de 85 à 50 € par mois »

CCM - En terme de budget, quelles économies sont possibles grâce à ce système ?

ML - Grâce à la baie de stockage, les entreprises peuvent faire des économies sur la maintenance des postes. Puisqu’au lieu d’intervenir sur les postes un par un, on peut tout gérer en global grâce au SMC. Lors des études que nous avons menées, nous avons remarqué que les entreprises consacraient environ 85 € par mois à la maintenance de chaque poste informatique. Le SMC permet d’abaisser ces coûts à 50 € par mois par poste client. L’économie réalisée n’est donc pas négligeable.

CCM - Les utilisateurs ne sont-ils pas réticents à voir les données s’échapper de leurs disque-durs ?

ML – Non, car ils ne remarquent pas que les données sont ensuite stockées sur un serveur de stockage. Avec le SMC, la virtualisation est de très bas niveau, ce qui fait que l’utilisateur retrouve tout de suite tous ses documents et ses applications dès qu’il démarre un ordinateur.

CCM - On s’achemine donc vers la suppression des disques durs des ordinateurs ?


ML - On peut l’imaginer, oui. L’idée, derrière la suppression du disque dur, c’est de faire passer ensuite le système SMC sur des protocoles Wlan, lan ou wireless. En tout cas, c’est ce sur quoi nous travaillons chez Lenovo en ce moment.

CCM - Mark Lufkin, je vous remercie.