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Pierre Bernassau : « Savez-vous parler business ? »

CommentCaMarche le jeudi 7 mai 2009 à 19:10:08
Pierre Bernassau : « Savez-vous parler business ? »

Leader dans les solutions logicielles de traduction, Systran est aujourd’hui un acteur de poids dans le secteur des services aux entreprises. La société mise sur la personnalisation de ses logiciels pour accroître leurs performances. Pierre Bernassau, directeur marketing de Systran, décrypte pour nous le fonctionnement de ces logiciels.

CCM - Aujourd’hui, une multitude de solutions gratuites sont à la disposition des internautes pour traduire un texte, quelle est la différence avec les produits que vous proposez ?


PB - C’est bien sûr la qualité de la traduction ! C’est l’une des difficultés à laquelle nous sommes souvent confrontés : les gens testent la traduction automatique sur des portails gratuits où la traduction n’est pas forcément de bonne qualité. Or, une solution professionnelle de traduction est personnalisée, elle est configurée sur-mesure pour le client. A partir de ce moment là, la qualité de la traduction est incomparable.

CCM - Qu’entendez-vous par « personnalisée » ?


PB - Cela signifie qu’on va « apprendre » des termes au logiciel, en intégrant le langage de l’entreprise et ce, afin d’évacuer l’ambiguïté des mots. Le problème de la traduction, c’est que, selon le contexte, un mot ne veut pas du tout dire la même chose. En faisant apprendre un langage au logiciel, on arrive à avoir un niveau de traduction très satisfaisant. On peut importer un dictionnaire interne à l’entreprise s’il existe déjà, ou partir de zéro pour apprendre tout le vocabulaire au logiciel.

« Nous sommes un outil de référence pour la Commission européenne »

CCM - Cette phase d’apprentissage est-elle longue ?


PB - Non, elle l’est de moins en moins. Il y a encore une dizaine d’années, le temps d’apprentissage du vocabulaire au logiciel pouvait durer jusqu’à trois mois. Aujourd’hui, on a réussi à « pousser » le logiciel pour que cette phase d’apprentissage puisse prendre de quelques jours à 3 semaines maximum. En 10 ans, les progrès accomplis sont assez spectaculaires !

CCM - A quels besoins répond votre logiciel ?

PB - Globalement, à comprendre et à se faire comprendre.
Il y a plusieurs niveaux. Il y a les gens qui ont besoin de comprendre un document qui leur est transmis dans une langue étrangère. Le logiciel propose alors une traduction du document, que ce soit du traitement texte, un pdf ou un e-mail. Mais il traduit aussi de du français vers une langue étrangère, à des fins de publications notamment.
A titre d’exemple, nous sommes un outil de référence à la Commission européenne.
A un autre niveau, nous proposons aussi de la traduction instantanée de pages web, grâce au flux RSS. Le logiciel lit un flux RSS d’un site dans une langue étrangère et génère un second flux RSS grâce auquel l’utilisateur aura accès à la version traduite de la page. C’est un outil très utilisé pour la veille. Ces fonctionnalités font gagner du temps au traducteur.

CCM - Malgré l’utilisation du logiciel, on ne peut donc pas faire l’impasse sur la traduction humaine ?

PB - Non, car un malgré un bond qualitatif important, une relecture et des corrections par un traducteur humain évite quand même de laisser passer des erreurs, notamment lorsqu’un document à vocation à être publié. L’intérêt d’avoir un logiciel de traduction, c’est quand même de réduire le temps de traduction. Et là, ça fonctionne, puisqu’on arrive à réduire le temps du traducteur humain pour réviser un texte de 30 à 300%, selon le type et le volume du document.

CCM - C'est-à-dire ?

PB - Par exemple, pour un article ou un texte on gagne 30% de temps humain sur la traduction. Dans le cadre d’une notice technique, qui utilise un vocabulaire technique bien reconnu par le logiciel, on arrive à une excellente traduction de la machine. Et sur ce type de documents parfois assez volumineux, on arrive à des économies de temps considérable. Quand on sait quel coût peut représenter une traduction, ce n’est pas négligeable. Le retour sur investissement est bien réel.

« Les PMI-PME sont particulièrement sensibilisées à la barrière de la langue »

CCM - Justement, quels secteurs sont les plus demandeurs en terme de traduction ?

PB - Les premiers à avoir pris conscience de la problématique du multilinguisme ont été les industriels, qui avaient besoin d’importer des matières premières ou d’exporter des produits. Puis le secteur de la finance et celui des services ont dû s’y mettre eux aussi. Aujourd’hui les PMI-PME sont particulièrement sensibilisées à la barrière de la langue, principalement parce qu’elles sont confrontées à une problématique de compétitivité internationale.

CCM - Quel coût représente le déploiement d’un logiciel de traduction pour une PME ?

PB - Nous avons une offre packagée avec serveur offrant un accès à une centaine d’utilisateurs pour 15 000 euros.

CCM - A quoi ressemblera la prochaine génération de logiciels ?
PB - Nous travaillons aujourd’hui sur des prototypes de logiciels intégrant la synthèse vocale : c’est un nouvel usage de la traduction sur lequel nous travaillons.
Nous travaillons aussi sur l’embarquement de techniques statistiques dans nos solutions. En intégrant des statistiques dans nos solutions, on pousse encore plus loin la personnalisation du logiciel et on peut s’attendre à un saut qualitatif important.

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