La Somme, l’Aisne, l’Ourcq, Roulers... Autant de hauts faits d’armes qui valent au 152e régiment d’infanterie d’arborer aujourd’hui sur son drapeau la Croix de guerre, la Médaille militaire et la Légion d’Honneur. C’est après la Grande guerre que les Diables rouges s’établissent à Colmar. Ils font officiellement leur entrée dans la ville le 2 août 1919. L’adjoint au maire, George Baer, s’adresse au colonel Barrard en des termes élogieux : « Nous sommes infiniment reconnaissants aux hautes autorités militaires d’avoir bien voulu désigner Colmar comme ville de garnison au 152e, nos voeux sont comblés ; nous sommes fiers de vous, nous vous avons et... nous vous garderons ».
L’élu ne croyait pas si bien dire. Les Diables s’installent dans la caserne Rapp et y restent jusqu’à la mobilisation d’août 1939. Les Colmariens s’illustrent lors de la bataille de Rethel en 1940 avant la défaite. L’unité est dissoute en 1942. Mais elle se reforme dans les maquis d’Auvergne avant de redevenir 152e RI en novembre 1944. Le régiment participe à la libération de Colmar le 2 février 1945. Six jours plus tard, les fantassins défilent dans la cité en l’honneur du général de Lattre. Les Diables rouges retrouvent enfin leur ville de garnison. Deux jours plus tard, le général de Gaulle arrive à Colmar et remet officiellement au colonel Colliou le drapeau du régiment.
En 1955, les militaires partent pour l’Afrique du Nord. Ils ne reviennent à Colmar que le 27 mai 1964. Lors de la réception au Koïfhus, le 11 juin 1964, le premier adjoint, Edmond Gerrer, parle du « retour de l’enfant prodigue ». Le 15/2 ne quittera plus physiquement Colmar. Rattaché à la 7e brigade blindée de Besançon, le régiment compte aujourd’hui un peu moins de 1200 hommes et femmes et est équipé d’AMX10P (voir notre précédent post). Il est régulièrement envoyé en missions à l’étranger. Rares sont les unités qui tiennent garnison sur les lieux où elles ont combattu. C’est le cas du 15/2. Comme le signalait l’ancien chef de corps, le colonel Chaptal, « la terre d’Alsace est devenue la patrie charnelle du régiment des Diables rouges ».