Bonjour à tous,
Je voudrais tout d'abord indiquer que je suis en 4e année à Supinfo Montpellier, que je viens
d'un IUT informatique et que j'ai obtenu la totalité de mes crédits, malgré une année
mouvementée. Je vais donc essayer d'argumenter impartialement, contrairement à la quasi
totalité des intervenants de cette discussion, sur le pour du contre d'être à Supinfo.
Exactement comme le décrivent tous les étudiants, l'année scolaire 2008-2009 a été parmi les
plus sombres de l'école.
Tout d'abord iCoach qui a été lancé en décembre 2008 et qui a quasiment donné le premier
semestre à tout le monde ; ma moyenne lors des partiels frôla le 19,90/20. Mais il est
important de rappeler que les étudiants se sont indignés de cette plateforme et dès sa
deuxième utilisation pour les partiels de fin d'année, les résultats s'en sont ressentis :
Moyenne mondiale en ADO.NET : 3 (j'ai eu 3,5) et moyenne mondiale en Mac OS X Server : 2,5
(j'ai eu 2). Le tout sur 20, il va s'en dire que ce sont des notes minables, mais qui
représente l'état d'esprit d'une majorité d'étudiants, qui après le premier semestre, ce sont
soulagés d'un fardeau en se reposant uniquement sur iCoach, ont une explication : Dans ces
deux matières, ce sont des étudiants-formateurs qui ont rédigés les QCM. Attention, encore au
sens de cette phrase : Cela représente 20% des matières enseignées.
Alors soit, utiliser des SCT pour rédiger ces QCM n'est-ce pas un peu facile plutôt que de
trouver de vraies questions, pour faire une véritable évaluation du niveau ? Encore une fois
cela dépens des cas : Je vais l'expliquer simplement en décrivant le fonctionnement du
logiciel SGES qui n'est en fait que le moyen de centraliser toutes les copies d'étudiants sur
un même serveur (démarche plus "verte" qu'en université pour le coup) et donc de faire gagner
un temps précieux sur les corrections. Argument pour la défense de SGES : Le fait de passer
les partiels sur un logiciel ne gêne en rien la pérennité de l'évaluation car tout est fait
pour empêcher de tricher. Sur ce point SGES est bien plus avancé qu'iCoach et possède une
certaine maturité. Donc sur la forme, ceux qui argumentent contre se sont tromper de débat,
mais pour ce qui est du fond, là c'est une autre histoire ! Les questions possèdent entre 4 et
6 réponses, les réponses fausses retirent des points, les bonnes en ajoutent et ne pas
répondre n'a pas d'effet négatif. Il y a à chaque fois 40 questions auxquelles on doit
répondre en 1h30 en moyenne. Et c'est vraiment là où le fond est critiquable : Certaines
matières "simples" comme l'anglais ou le management ne prennent que 20 minutes à parcourir
alors que les matières "sponsorisées" comme ADO.NET ou Mac OS X Server par exemple, ont été de
véritables "casse-pipe". Ces matières possèdent des "laboratoires", des communautés
d'étudiants passionnés et spécialisés dans une technologie en particulier. En fait en laissant
ces "geeks" établir les QCM, Supinfo a pris un risque. Je termine donc en justifiant les
moyennes très basses par deux simples exemples (je vais rester flou car moi même je ne me
rappelle pas des énoncés des questions) : Premièrement, en .NET, beaucoup de questions avaient
pas moins de 12 réponses potentielles donc 7 bonnes réponses. Je vous rappelle le principe de
SGES : Mauvaise réponse = Retrait de points. Ensuite en Mac, une question était posée de la
sorte : "Quel est le fond d'écran lors de la 3ème étape de l'installation d'un Xsan ?". Pour
conclure : Ces matières étaient insurmontables pour la plupart qui, comme tout le monde le
dit, doit garder en mémoire un programme lourd et très technique en moins de 2 jours pour être
évaluer 3 mois après sur des questions pièges ...
Il faut arrêter de dire que les professeurs sont tous des étudiants : En intelligence
artificielle, nous avons eu un cas extraordinaire à Montpellier : Notre formatrice (externe à
Supinfo car nous sommes en province) a arrêté de faire cours tant qu'elle n'a pas été payé,
l'affaire n'a pas été suivie à partir du moment où elle ne venait plus faire cours, je ne peux
donc pas vous dire si elle a eu gain de cause. Supinfo a tout fait pour que nous puissions
tout de même avoir cours : Remplacée au pied levé par le professeur référant en intelligence
artificielle à Supinfo Paris, nous avons finalement eu des cours de meilleure qualité avec ce
dernier, alors que sa prédécesseur avait moins de pédagogie que le plus mauvais des étudiants
-formateurs.
Ensuite vient le statut des BDE de chaque campus : Le SCO (Supinfo Community) est dirigé par
la maison mère à Paris. Chaque campus doit donc élire un comité d'étudiants volontaires pour
créer une plus grande cohésion entre les élèves : Dans la théorie, car privés de tout fond
commun, les BDE ont à leur charge les frais qu'ils génèrent. Et la pratique a montré que
plusieurs BDE sont restés à organiser la vie de l'école entre-eux et à l'opposé des besoins
collectifs. Pire, les traditionnelles soirées d'intégration ont justifié pour certains un
retour du bizutage. Je ne citerai pas de noms de Campus où ces cas ont été vus, mais à
Montpellier rien de tout ça n'a eu lieu : Les soirées organisées étaient bon-enfant, et notre
BDE c'est aussi attelé à organiser différentes activités qui ont réellement fédérées les
étudiants entre-eux. Cela dépend donc trop des motivations des BDE qui créent eux-même leur
association en parallèle de Supinfo pour pouvoir gérer une trésorerie sans rapport avec
Supinfo. D'ailleurs à Montpellier plusieurs initiatives ont été prises par le président du BDE
qui ont été remerciées par les hautes sphères de l'administration (lipdub, site communautaire
pour le campus de Montpellier, ...). Certains diront que cette administration exploite ses
étudiants en comptant sur leur mérite. Personnellement, j'ai remarqué que très peu d'étudiants
avaient remarqué que Supinfo a réussi à passer au travers de la crise sans faire perdre à ses
étudiants des partenariats forts (en en créant de nouveaux, ex : VMware), incitant
l'implication de ceux-ci dans la vie de l'école et dans des projets à caractère plus
personnel. La crise aurait pu causer de plus grands dégâts.
...Mais la crise ne fait pas tout : Il est clair que certains concepts innovants de l'école
ont fait "boiter" l'administration qui était déjà connue pour sa lenteur et son immobilité
face à l'ampleur du réseau international. Mr Alick MOURIESSE a repris l'école depuis 1999, et
ne cesse d'apporter des nouveautés à son école. Je ne sais pas si notre président (gourou
diront certains) est de notoriété publique, mais juger son travail uniquement sur ces échecs
et sur sa vie personnelle ne me semble pas très "fairplay" ...
Maintenant que nous avons critiqué, soutenu certains arguments, il est nécessaire de prendre
du recul comme le demandent certaines personnes nous appelant "victimes d'escroquerie".
1 - Parmi les étudiants sérieux, anciens dont la carrière est lancée et administration
débordée, aucun ne viendra perdre son temps à essayer d'expliquer en quoi l'école n'est pas
une escroquerie, car il est évident qu'elle n'en est pas une : Je ne dis pas qu'il y a une
gestion irréprochable de la comptabilité, mais le fait d'utiliser l'argent des inscriptions
pour rembourser les frais n'est pas un système pyramidal comme il a été dit. Ce sujet a été
créé et dressé par des opposants à Supinfo, et il faut donc relativiser sur tous les propos
tenus. Pour tous les coups bas je réponds : Il n'est pas impossible que Mr Alick MOURIESSE est
d'autres revenus que ceux de l'école et de ses satellites. La jalousie ne doit pas légitimer
la virulence de certains propos.
2 - Continuons à prendre du recul et regardons ce qui se passe ailleurs : Les autres écoles
construites sur un schéma semblable à celui de Supinfo, ou dont la vocation est l'enseignement
supérieur en informatique, adoptent ces mêmes concepts qui font de Supinfo une école innovante
: Laboratoires spécialisés par technologie, étudiant(-spécialiste)/(apprenti-)formateur, et
j'en passe car il y en a déjà assez. J'estime en plus que Supinfo est moins cher que ceux qui
jouent dans ce registre (1k € en moyenne) mais qu'il est évident que cela représente une somme
considérable pour un étudiant et sa famille.
3 - Élargissons encore notre périmètre et, cette fois-ci, en commettant la même erreur que les
instigateurs de pseudo-études sur Supinfo : J'ai travaillé avec des étudiants-stagiaires
provenant de différentes écoles-facs. Un jour, un des étudiants à l'université a décidé
d'appliquer une modification directement sur l'environnement de production, sans faire de
test. Cela va sans dire, l'environnement de production a été anéanti. Il a justifié que cette
façon de faire était celle que l'on lui avait apprise. Je serais donc tenté de refuser toute
collaboration future avec des étudiants en provenance de cette même université. Seulement,
cela s'appelle la généralisation ! Il est donc incroyable de la part d'universitaire, de
surcroit et qui se prétendent plus qualifiés que les SCT qu'ils démolissent alors que leur
pédagogie n'a été évaluée que par 5 personnes maximum, d'entendre "Je ne ferai pas confiance à
un étudiant sortant de Supinfo." C'est à la limite de la discrimination. Et quand on lis des
choses comme "Ils sont idiots de payer 5k € par an", alors que tout le monde paie pour
s'abonner aux FAI qui pratiquent la même politique d'alignement et d'ajustement des prix par
rapport à la concurrence que les écoles "d'ingénieurs" privées. Bref, c'est en lisant des
arguments tels, que l'on a envie de jeter l'éponge pour expliquer quoi que ce soit.
4 - Les sources de nos amis détracteurs sont les blogs d'étudiants. Après avoir lu ces blogs
et comparé avec les arguments cités dans la théorie de l'escroquerie, on s'aperçoit que très
peu de blogs sont la base du rapport (4 blogs au total) que les blogs de étudiants-formateurs
de Supinfo ayant propagé le mouvement de grève l'année passée n'est pas même mentionné, et
pour finir, seul 4% du contenu des blogs des étudiants sources du rapport, est péjoratif pour
l'école. Les 96% restants témoignent du bonheur de certain de pouvoir (enfin) travailler sur
les technologies qui les attirent ou pour d'autres, de la confiance dans l'école et son
diplôme (et non dans son administration).
Enfin, je vais devoir conclure car 4-5h ce sont passées sans que je ne pense au fait que mon
futur diplôme ne vaudrait rien, que je suis en train de perdre 3 ans de ma courte vie.
Pourquoi ? Parce que comme la grande majorité des étudiants j'ai compris que Supinfo n'étaient
pas une barque qui mène comme l'université, d'une rive à l'autre d'un fleuve, mais une fusée
qui propulse directement dans l'espace professionnel de l'informatique.
Ce qu'il faut retenir de mon interminable post (et je vous remercie de m'avoir lu jusqu'au
bout, courage c'est bientôt fini !) c'est que Supinfo (post-1999) est une école jeune qui a
quasiment rompu totalement avec la traditionnelle école d'ingénieur : La théorie n'est en rien
abandonné, et les seules matières qui auraient permise à l'école d'être reconnu niveau 2 en
formation d'ingénierie, ce sont les mathématiques et la physique-chimie. D'ailleurs il me
semble pas que Supinfo forme de chimiste, de mathématicien ou encore d'architecte, tout comme
les établissements publiques où travaillent les instigateurs d'une telle polémique. Il faut
donc arrêter de tirer à boulets rouges sur cette école qui n'est pas la vôtre juste parce
qu'elle ne plait pas à une partie de ces étudiants et surtout parce que ce n'est pas la vôtre.
J'aimerai maintenant que les débats s'élèvent et que les attaques personnelles cessent : Les
professionnels du marché des technologies de l'information ne passent pas leur temps à lire ce
genre de forum. Encore une fois, au lieu de passer du temps à tacler les autres, concentrez-
vous sur votre travail et vos projets personnels, car dans le monde actuel, on ne fait plus
attention d'où vous venez, mais ce que vous avez fait, qui est votre père (haha, je blague),
et surtout combien ferez-vous gagner d'argent à votre patron pour l'investissement qu'il fera
pour vous (salaire, formations ...).
Je termine par un conseil aux étudiants de Supinfo mais qui peut aussi être entendu par les
étudiants en informatique du privé comme du public : Aujourd'hui, très peu de patron vous
feront confiance si vous connaissez simplement une ou deux technologies très présentes dans le
marché. Ce qu'il vous faut ce sont des projets professionnels et surtout une grande capacité à
travailler en équipe. Supinfo, comme d'autres écoles, permet d'accroître ses connaissances,
mais l'école ne fait pas tout ! Personne ne vous donnera de projet parce que vous venez du
même endroit que cette personne. Ce sont vos initiatives qui feront la différence et qui
feront de vous des personnes accomplies. Un exemple pour conclure : Google n'a pas été créé
par un patron qui a guidé deux étudiants ... ce sont ces étudiants qui ont monté leur boîte.
Et grâce à leur formation initiale et le soutien de leurs anciens formateurs, ils ont réussi.
Je vous conseille donc d'utiliser tous les moyens que votre formation vous accorde sans vous
poser la question : Ai-je choisie la bonne école ? Une fois le premier montant débité, il est
trop tard pour revenir en arrière : La fusée que vous avez prise vous laisse le temps de
construire de quoi atterrir mais ne soyez pas bluffé par les commerciaux. Ce n'est pas l'école
qui va vous payer un salaire de 35k € par an une fois le diplôme en poche. Supinfo est comme
les autres écoles : Je lui ai fait confiance, je ne regrette pas.
Bonne soirée à tous !
Très cordialement
GCaesar
P.S.1 : Smart Cooking n'est pas innovant dans le sens où le projet a créé un composant
innovant ! Il faut arrêter de croire que les étudiants vont créer la voiture sans essence !
Simplement ce projet a réuni de bonnes idées au sein d'un même environnement, la cuisine. Car
le gâchis annuel des foyers français dans ses frigos et ses placards et trop élevé. L'idée est
simplement géniale et ce n'est pas parce que les étudiants sont jeunes que l'idée est
incensée. Enfin quand on crie à Big Brother, moi, ben je me marre ! Non mais franchement, vous
croyez vraiment que nous ne sommes pas déjà tous fichés ? Si vous faîtes vos courses ailleurs
que dans une épicerie de quartier, vous l'êtes. Si vous avez un abonnement chez n'importe que
FAI, vous l'êtes. si vous avez une adresse e-mail, vous l'êtes ! Les lecteurs RFID d'envergure
risquent d'être moins nombreux que les clés WEP sécurisant l'accès à internet dans nos foyers.
Conclusion : Il y a beaucoup de choses qui méritent de se poser des questions avant de tirer
des conclusions hâtives. Enfin l'Imagine Cup est un concours sponsorisé par Microsoft (quoi
j'ai dit quel que chose de mal ? :-p) qui récompense les bonnes idées se basant sur ses
propres technologies et surtout réservé aux étudiants. Je pense que certaines personnes sont
jalouses de ne pas avoir eu ce genre d'opportunité, ce n'est que mon humble avis et je sais
que ce n'est pas le seul ingrédient que l'on retrouve dans le "package" de la rancœur (il y a
aussi l'égoïsme et la bêtise mais je ne m'abaisserai pas aux attaques personnelles.
P.S.2 : De toute façon, je vais retourner en cours en novembre content de retrouver mes
camarades avec qui je vais passer une année encore difficile car Supinfo doit maintenant
montrer qu'elle a appris de ses erreurs. Notamment, le fait que les étudiants ne seront plus
aptes à enseigner, mais à soutenir le corps enseignant. Ce qui insinue une plus grande fermeté
envers les étudiants-formateurs.
P.S.3 : J'ai fait mon premier stage sous la tutelle de Supinfo cette année. Pour garder mon
entreprise anonyme, j'ai permis à une de connaître les limites fonctionnelles et de
performance des produits qu'elle vend depuis 5 ans. J'ai eu une totale autonomie sur ces
projets et le travail que j'ai effectué à permis à l'entreprise de satisfaire ces clients en
leur proposant des produits de qualité et surtout de leur indiquer la limite à ne pas
dépasser, chose très difficile pour une start-up car manque de moyens. J'ai donc l'expérience
professionnelle d'un projet d'importance qui m'a apporté beaucoup technologiquement mais aussi
dans les comportements humains car la gestion d'un projet n'est pas la participation à un
projet aussi important fut-il. Seul inconvénient du stagiaire : être payé peu pour un travail
valant jusqu'à 1000 fois plus. Mais je crois que chaque expérience est unique et à Supinfo
nous avons chaque année nos "stars" qui se font embauchées à Microsoft, Apple, Cisco, Oracle,
TF1, Dassault, EADS ... quand d'autres montent leur boîte et que la majorité moyenne entre
dans la dure vie active et se doit d'être à un bon niveau. Il est vrai que le discours 100%
d'embauche est utopique, mais je pense que les gens qui s'attaquent à Supinfo ne le font pas
avec les bons termes et encore une fois, il y a certainement mieux à faire que d'essayer de
détruire la réputation d'une école ... je ne sais pas moi, par exemple en travaillant plus
pour accroître celle de son école/université. ;-)
P.S.4 : Cette année ce sont pas moins de 16 chinois que nous accueillons sur notre campus !
Mais personne ne nous a prévenu ? Mais comment Supinfo peut-elle laisser ses étudiants avec des étrangers en son sein ! Excusez-moi pour l'ironie, mais il faut arêter de chercher à casser Supinfo sur tous les fronts.
P.S.5 : Pardon pour les fautes, à Supinfo, nous n'apprenons pas le Français (amorce pour un
nouveau scandale ?). Je ne me suis pas relu et me justifie par le fait que j'ai suffisamment
passé de temps ici. Babye ...