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Logiciel de traduction arabe français

Lama, le 20 mar 2008 à 14:50:20
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Bonjour,

Veuillez svp m'aide a avoir le logiciel de traducteur français arabe ou bien comment et pourais-je l'avoir.

Merci

Configuration: Windows XP
Internet Explorer 6.0

1

elpoissone, le 30 mar 2008 à 05:08:03
  • +12

Que veut dire "ana farhana meli dhakt alik"

2

hayat, le 31 mar 2008 à 11:52:46
  • +5

Salut! Je voulais tout simplement et peut-être malheureusement te dire que le message veut dire: je suis contente de m'être moquée de toi.

10

kaka, le 30 avr 2008 à 00:01:16
  • +4

Je suis heureuse lorsque je moke de toi

21

malek, le 10 jui 2008 à 17:45:26
  • +2

ça veut dire " moi je suis contente depuis que j'ai rit de toi "


ps: c'est pas sencé être sympa !

28

mary84000, le 4 nov 2008 à 19:27:00
  • +2

Ca veut juste dire
« Je suis contente depuis que je me suis coqué de toi »
Pas sympa !!!!!!

35

nous62, le 25 déc 2008 à 22:41:24
  • +7

Salut jaimerais savoir ce ke veu dire " donia wa9fi bghit nchof latay dyalak " merciii

36

hager5, le 30 déc 2008 à 17:01:28

Sa ve dire je suis content quand je rigole sur toi

3

alias699, le 2 avr 2008 à 19:14:41
  • +4

Jaimerais avoir un logiciel
de francais arabe pour des traduction
merci

18

rock, le 30 jun 2008 à 21:29:37
  • +9

Bonsoir je voudrait bien avoir un logiciel français arabe

23

16041976, le 4 sep 2008 à 12:05:52
  • +2

Oui

26

0000, le 29 oct 2008 à 16:37:10

Voha

4

zaidi25, le 5 avr 2008 à 17:55:17
  • +11

Bonjour,

Veuillez svp m'aide a avoir le logiciel de traducteur français arabe ou bien comment et pourais-je l'avoir.

11

abdelhadi, le 30 avr 2008 à 18:40:20
  • +2

Salam

si tu a trouvé un dico arabe francais , peux tu repondre a ce message pour me donner l'adresse du site?


merci

31

med-tun, le 17 déc 2008 à 20:57:11

12

boss-na, le 22 mai 2008 à 11:04:17
  • +2

Bonjour
Voici un cite qui vous aide à traduire de l'arabe en Français ou du Français à l'arabe http://www.windowslivetranslator.com/Default.aspx

5

optimiste002, le 6 avr 2008 à 19:52:06
  • +1

Éléments pour une théorie pragmatique de la communication
Michael Totschnig
9 août 2000
présenté dans le cadre
de l'examen de synthèse du
Doctorat conjoint en communication
Université du Québec à Montréal
Université de Montréal
Concordia University
1 Introduction
Dans ce texte je propose des réflexions autour du concept de la ``pragmatique'' ou plutôt autour de plusieurs concepts ``pragmatiques'' que j'essaie d'explorer avec la pensée de quatre philosophes, Peirce, Austin1, Habermas et Foucault. Le choix de ces auteurs et l'intention de les regrouper autour de ce concept peut surprendre, car, à l'exception de Habermas, ils ne l'utilisent pas directement. L'expression de pragmatique est née dans le cadre de la linguistique, plus précisément c'est Morris qui l'utilise pour la première fois et la définit comme l'étude de la relation des signes à leurs interprétants2. Il utilise le terme ``interprétant'' dans le sens que Peirce lui a donné et que j'exposerai dans le chapitre 3.

Le fait que Morris construit la définition de la pragmatique à partir des concepts peirciens est un élément d'un ensemble de phénomènes qui devrait justifier ma volonté de lier les auteurs en question dans une perspective pragmatique: C'est à chaque fois une rencontre entre philosophie du langage d'une part et sémiotique et linguistique d'autre part qui rend compte en grande partie de la richesse des théories traitées dans cet essai. La pragmatique comme recherche sur l'usage qu'on fait des signes (les énoncés dans leurs contextes vivants, l'agir communicationnel) a également inspiré la sociologie. L'enjeu de mon travail n'est pas tant de présenter la pragmatique comme discipline linguistique, mais bien plutôt de décrire les influences réciproques entre pragmatique linguistique, philosophie du langage et certaines des sciences humaines et sociales qui s'intéressent aux phénomènes de la communication.

Il me semble que ce sont les influences réciproques entre philosophie, linguistique et sociologie qui rendent la pragmatique aussi féconde. J'essaierai de montrer comment chez Peirce nous trouvons une théorie des signes qui se conjugue avec une logique nécessairement sociale de la science et comment Austin inaugure une théorie institutionnelle du langage, comment la théorie habermasienne de l'agir communicationnel interprète le rôle social et épistémologique des actes de langages, comment chez Foucault la construction du savoir dans le discours interagit avec la construction du pouvoir dans la société.

Avant de décrire les apports respectifs des quatre auteurs, j'essaierai de présenter brièvement les enjeux de la pragmatique comme discipline linguistique et sémiotique. Ceci devrait nous servir comme point de repère dans la présentation des conceptions plus philosophiques qui suivent. Mon but n'est pas tant de proposer une synthèse que de chercher un fil conducteur qui relierait les théories présentées. Ce fil sera nécessairement contingent au vu de la multiplicité des parcours qu'on pourra prendre à travers des pensées si complexes. J'essaie de le justifier dans le dessein premièrement de recueillir des éléments pertinents pour une théorie de la communication, et deuxièmement de les utiliser dans le tissage de mon projet de recherche qui consiste à décrire comment les paramètres pragmatiques de la communication changent à l'épreuve d'un nouveau média, en l'occurrence dans la communication médiatisée par ordinateur (CMO). C'est pourquoi ce travail se termine, après un résumé des concepts pragmatiques les plus importants pour la théorie de la communication, sur une esquisse des voies selon lesquelles ces concepts seront mis à l'oeuvre dans ma future recherche.


2 La pragmatique comme discipline de la sémiotique et de la linguistique
2.1 La pragmatique comme linguistique de la parole
La sémiotique - comme science des signes - et la linguistique - comme une sémiotique particulière traitant du langage humain - construisent des modèles qui expliquent comment les signes peuvent être formés et agencés. Le courant dominant de la linguistique au 20e siècle, s'est constitué à partir du ``Cours de Linguistique Générale'' de Ferdinand de Saussure [22]. Pour situer la pragmatique, comme entreprise née à la limite du structuralisme linguistique à inspiration saussurienne, il me faut caractériser la dichotomie centrale dans l'architecture conceptuelle de Saussure, celle entre ``langue'' et ``parole''3.

En effet, l'enjeu premier du ``Cours'' n'est pas moindre que celui de donner un statut scientifique à l'étude du langage humain en tant que système de signes. Saussure répond à une conception linguistique très courante à son époque qui consistait à ne reconnaître que les faits linguistiques bruts, les événements langagiers, comme matière première pour le linguiste; cette conception était incapable de donner raison de l'existence des langues comme systèmes collectifs. Saussure propose de distinguer deux faces du langage, d'une part la ``langue'', qui est la partie systémique, abstraite et sociale, d'autre part la parole en tant qu'exercice concret et individuel. La linguistique, même si elle a besoin des actes de parole pour établir et vérifier ses théories, ne considère ceux-ci que comme phénomènes contingents et se dédie exclusivement à établir le système de la langue4.

La langue, étant défini comme un système contraignant pour les actes de parole, la linguistique se trouve dans la difficulté d'expliquer son évolution. Saussure reconnaît que c'est la ``masse parlante'' qui assure en même temps la stabilité d'une langue dans l'espace et dans le temps et induit les changements qui peuvent transformer tout le système. Paradoxalement Saussure postule, à côté de la linguistique synchronique qui décrit un système indépendamment du temps, une linguistique diachronique, qui, elle, étudie les changements causés par les mêmes actes de parole qui échappent par principe à la linguistique.

Ce qui caractérise le pôle systémique du langage, la langue, est un agencement de signes, chaque signe étant défini comme l'articulation d'un signifiant et d'un signifié. Cette dernière paire de concepts a probablement été presque autant fondamentale que celle de langue/parole. Comme celle-ci elle a également eu une visée fondamentalement critique par rapport à une conception répandue du signe langagier. Saussure s'oppose à la conception du langage comme nomenclature, c'est-à-dire à la théorie qui voit dans le signe un rapport direct entre un mot (comme unité sonore) et un objet de la réalité. Pour Saussure le signe est fondé uniquement dans la langue, c'est-à-dire que le signifiant n'est pas le son réel, mais une ``image acoustique'' en tant que classe abstraite de sons, le signifié n'est pas un objet, mais un concept. Le rapport entre signifiant et signifié est décrit par Saussure comme à la fois arbitraire et dépendant de son existence dans le système, c'est-à-dire que le signe est essentiellement défini par sa place dans des séries d'autres signes5.

La terminologie de Saussure qui est au fondement de la linguistique moderne. Nous allons voir maintenant comment, en reconnaissant les contradictions inhérentes à ces dichotomies, la pragmatique élargit la perspective saussurienne.


Même si on doit reconnaître le mérite de Saussure d'avoir insisté sur le fait que la langue est un phénomène social, c'est justement l'identité entre la partie systémique et le social qui pose problème. Comme le montre Jakobson dans [13] l'opposition entre langue et parole est orthogonale au rapport individu/société. D'une part, c'est dans chaque individu que le langage se concrétise, non pas uniquement en tant que parole, mais en tant que langue, et non pas uniquement comme une langue monolithique, mais comme une langue composite qu'il est constamment en train de reconstruire avec toutes les interactions langagières. D'autre part les événements de parole dans leur déviance des systèmes codifiés ne dépendent pas purement d'une liberté individuelle, mais sont intégrés à des microcosmes sociaux multiples. Jakobson souligne que la conception saussurienne du langage réduit la nature dialogique du langage à une sorte de monologue. Le langage est artificiellement découpé en une partie codifiée, prévisible et monologique et une partie anarchique, indescriptible et dialogique6.
Dans la théorie saussurienne, le signe est l'élément central de la langue, l'unité qui articule une image acoustique à un concept. En isolant la signification dans la langue et la référence dans la parole, leur rapport reste incompréhensible. Un signe dont la signification est établi dans le système de la lange ne trouve une référence que dans l'énonciation. C'est uniquement en reconnaissant l'influence de la parole sur la langue qu'on peut élucider ce phénomène.
Nous avons identifié ici les deux problématiques à partir desquelles va se développer la pragmatique. Elle vise à expliquer comment la parole est plus qu'une pure application de la langue, comment elle est en même temps en variation par rapport à des codes établis et génératrice de nouveaux codes. Elle pose le problème de savoir comment dans l'énoncé concret la possibilité abstraite de signification se prolonge dans la construction d'un rapport référentiel au contexte de l'énonciation. C'est en cela qu'elle contredit l'exclusion de la parole du domaine scientifique. Tout acte de parole a lieu dans un contexte défini par des données spatiotemporelles et socio-historiques, et la pragmatique essaie de montrer comment ces données interagissent avec le système de la langue. Elle se distingue en ceci des études (comme la sociolinguistique) qui portent sur l'usage du langage sans rapport à la systématicité de la langue. Le concept de contexte est fondamental pour la pragmatique, parce qu'elle essaie d'expliquer comment le langage fonctionne concrètement dans des contextes spécifiques, comment ce fonctionnement échappe en partie à la syntaxe et à la sémantique abstraites, mais comment il se manifeste pourtant aussi au travers d'elles7. La pragmatique est concernée par l'usage que nous faisons du langage.


2.2 Les enjeux de la pragmatique
Pour mieux saisir les enjeux de la pragmatique, voici quelques exemples des problèmes qu'elle essaie de résoudre, tirés de l'introduction à la pragmatique de Levinson [15]:
La sémantique comme étude de la signification des signes, s'est heurté au problème
d'expliquer le fonctionnement des mots déictiques comme ``ici'', ``maintenant'', ``je'', ``tu'', c'est-à-dire de tous les mots qui se référent à une composante de la situation où a lieu l'énonciation, ou à des objets relatifs à celle-là. Benveniste a découvert que la fonction des pronoms personnels ``je'' et ``tu'' ne peut pas s'expliquer par un simple souci d'économie de la part du locuteur (en ce qu'ils seraient des abréviations pour des noms propres), mais qu'ils signifient le rôle que les locuteurs peuvent prendre à l'intérieur de l'énonciation. Il voit dans ceci le ressort fondamental du langage humain: sa capacité de donner une place à une subjectivité qui se crée en même temps qu'elle se désigne [3]. Benveniste a fait un inventaire des autres moyens dont le langage dispose pour établir l'instance du discours, l'énonciation: le système des coordonnées spatiales dont la situation énonciative est le centre, l'organisation des temps autour du présent de l'énonciation [5].
Plusieurs enjeux de la pragmatique tiennent au fait que des phrases avec leur signification établie par la sémantique sont souvent utilisées pour communiquer des informations qui ne sont pas explicites dans cette signification littérale. C'est le cas pour ce qu'on peut appeler implication conversationnelle. Un énoncé se voit attribué son sens par sa position dans une certaine suite conversationnelle. Si Paul invite Anne à aller au cinéma avec lui, et Anne répond ``J'ai encore beaucoup de travail pour demain'', Paul sait que cette réponse implique un refus à sa proposition.
Similaire à l'implication conversationnelle est le phénomène de la présupposition, mais elle s'en distingue en ce qu'elle n'est pas indépendante des valeurs sémantiques des phrases. Pendant tout le 20e siècle elle a été objet des débats des philosophes du langage encore plus que des linguistes, parce qu'elle est liée à des problèmes logiques très importants. Pour citer l'exemple le plus célèbre, la phrase ``Le roi de France est chauve'' présuppose l'existence d'un individu auquel l'expression ``le roi de France'' peut référer. Contrairement aux essais de certains linguistes le phénomène de la présupposition n'est pas réductible à des considérations uniquement sémantiques. Souvent nous devons recourir à des inférences contextuels pour comprendre les présuppositions d'un énoncé. De plus, Ducrot [8] a montré que présupposer des informations dans des énoncés au lieu de les poser explicitement peut jouer un rôle rhétorique éminent, par exemple en soustrayant ces présupposés à une négation directe par l'interlocuteur.
Dans son analyse de la présupposition Ducrot utilise entre autres un cadre théorique qui couvre les phénomènes pragmatiques les plus intéressants dans la perspective d'une théorie de la communication: la théorie des actes de langage. Je présenterai dans le chapitre 4 plus en détail les enjeux de cette théorie qui a trouvé son origine dans la philosophie du langage. Comme c'est le cas pour la deixis, l'implication littérale et la présupposition, les actes de langage sont à la charnière entre sémantique et pragmatique. Nous pouvons accomplir ces actes, par exemples des promesses, des déclarations, des paris, parce que la langue dispose des expressions qui les signifient, mais ils ne fonctionnent que dans des cadres institutionnels très spécifiques qui dépassent la sémantique et doivent être expliqués pragmatiquement.
La pragmatique s'intéresse évidemment aux formes concrètes dans lesquelles le langage est employé. Ce n'est donc pas étonnant que les structures des conversations quotidiennes forment un champ de recherche très important, qu'elle partage d'ailleurs avec la sociolinguistique. Il s'agit surtout de montrer comment une grande partie de l'activité communicative consiste à situer sa parole vis-à-vis de celle des autres, et comment le sens des énoncés dépend dans une mesure importante de leurs positions à l'intérieur d'une conversation. Tous les phénomènes énumérés ci-dessus (deixis, implication conversationnelle, présupposition et actes de langage) jouent un rôle pour l'analyse de la structure conversationnelle qui essaie de leur donner une place dans une description plus large des structures de la parole.
Ce qui est commun aux quatre thématiques énumérées, c'est qu'elles mettent en question un paradigme dominant dans presque toute l'histoire de la réflexion sur le langage, celui qui voyait dans le langage un moyen de constater des faits, et qui essayait d'établir les conditions pour attribuer des valeurs de vérités aux phrases. Elles montrent premièrement que ce n'est pas la phrase, mais l'énoncé qui établit le rapport langage/monde, deuxièmement que, dans ce rapport, il n'est pas toujours question d'affirmer des faits, mais de manifester des attitudes et de formuler des problèmes, et troisièmement qu'un message peut remplir d'autres fonctions que celle de référer au monde, comme celles d'exprimer des sentiments, de s'adresser à un interlocuteur, d'expérimenter avec le médium, de mettre en question le code et de se mettre en scène en tant que message.

Dans ce chapitre j'ai essayé de montrer comment la pragmatique s'est constitué à l'intérieur de la linguistique. En dépassant l'opposition réductrice entre langue et société d'une part, parole et individu d'autre part, elle est inséparable d'un mouvement de la pensée moderne qui s'est manifesté dans l'ensemble des sciences humaines et sociales, et qui me semble aussi constituer un motif central de la théorie de la communication: la reconnaissance d'une dialectique entre la société et l'individu, d'une interaction incessante entre les niveaux macro et micro, et d'un rapport complexe entre la normalité des codes et l'innovation des usages. J'essaierai dans les chapitres qui suivent de décrire comment la philosophie du langage a participé à ce mouvement et quel a été son apport pour la théorie de la communication.


3 Peirce
Nous avons vu dans le chapitre précédent comment la pragmatique trouve son origine dans une critique de l'exclusion que la parole en tant que pratique subit dans la linguistique saussurienne. Elle a ainsi peu à peu renoué avec une autre conception de la sémiotique qui a été formulée dans les écrits du philosophe américain Charles Sanders Peirce, mais qui a été pendant longtemps ignorée, du moins en Europe. La conception peircienne du signe est très complexe, elle est fondée dans un projet philosophique que Peirce a nommé pragmatisme8. Dans ce chapitre je ne peux pas entrer dans les détails de la taxinomie des signes que Peirce propose, mais j'espère donner un aperçu de la pensée de Peirce qui nous permette de comprendre en quoi celle-ci est pertinente pour une théorie pragmatique de la communication. J'expliquerai certains aspects du pragmatisme et je discuterai de leur lien avec le projet de la pragmatique. Dans un second temps je me concentrerai sur le concept qui me semble le plus intéressant dans une perspective pragmatique, celui de ``l'interprétant''.


3.1 Le pragmatisme
Peirce entend par pragmatisme une description de l'entendement humain qui soit fidèle aux procédures réelles et quotidiennes qui nous permettent d'acquérir des connaissance et d'établir la signification des concepts, mais qui puisse en même temps nous servir comme principe directeur idéel pour améliorer ces procédures. Au centre du pragmatisme se trouve la logique, mais Peirce insiste sur son intégration à l'ensemble des activités humaines, de son appréhension de la réalité et de son influence pratique sur la réalité. C'est ainsi que Peirce essaie de démarquer son système philosophique de tout système métaphysique qui propose des concepts a priori à cause d'une harmonie interne à la pensée qui serait indépendante des activités pratiques. Pour Peirce la pensée humaine trouve son point de départ uniquement dans un doute pratique et elle est dirigée vers une fixation des croyances. C'est dans un passage très éclairant où Peirce critique le doute cartésien que le principe de son pragmatisme me semble le mieux exprimé.

Descartes dans ses ``Méditations'' propose un doute méthodologique qui consiste à permettre temporairement un scepticisme radical dans lequel toutes les évidences se trouvent mises entre parenthèses et où la pensée cherche à acquérir ses fondements premiers et indubitables, et c'est ainsi qu'elle trouve comme premier principe le cogito, la certitude de l'existence de la chose pensante. Peirce doute que nous puissions commencer par ce doute universel:


``We cannot begin with complete doubt. We must begin with all the prejudices which we actually have when we enter upon the study of philosophy. These prejudices are not to be dispelled by a maxim, for they are things which it does not occur to us can be questioned. Hence this initial scepticism will be a mere self-deception, and not real doubt; and no one who follows the Cartesian method will ever be satisfied until he has formally recovered all those beliefs which in form he has given up. It is, therefore, as useless a preliminary as going to the North Pole would be in order to get to Constantinople by coming down regularly upon a meridian. A person may, it is true, in the course of his studies, find reason to doubt what he began by believing; but in that case he doubts because he has a positive reason for it, and not on account of the Cartesian maxim. Let us not pretend to doubt in philosophy what we do not doubt in our hearts.'' [18, p.28-29]
Peirce voit toute activité pensante de l'homme comme une tentative de sortir d'un état de doute pour fixer certaines croyances, et ces croyances sont indistinguables des habitudes, elles guident nos désirs et déterminent nos actions. Dans ``The Fixation of Belief'' [17, p.109-123] Peirce compare quatre méthodes pour mettre fin aux doutes et établir des croyances: La méthode de la ténacité consiste à adopter la première réponse que nous trouvons à une question et ensuite à nous obstiner à la conserver comme notre croyance. La méthode de l'autorité consiste à se conformer à l'opinion émise par une institution socialement reconnue pour son autorité dans la matière en question. La méthode a priori consiste à établir des principes justifiés par leur place dans un système de pensée et par l'harmonie logique, éthique ou esthétique de ce système. Peirce récuse ces trois méthodes même s'il leur reconnaît des avantages pour des fins heuristiques ou stratégiques. Il leur oppose la méthode scientifique qui procède par observation et inférences et accepte l'hypothèse qu'il y a une réalité dont les caractères sont indépendants de notre volonté et de notre opinion, qui agit sur nos sens de telle manière que, même si nos sensations de cette réalité dépendent de nos relations avec elle, nous sommes en mesure de la connaître9. C'est cette méthode qui permet à l'homme de confronter ses croyances aux expériences qu'il fait en agissant sur la réalité, de sorte qu'elles seront mises en doute seulement par des raisons positives, et pourront être remplacées par de nouvelles croyances. Peirce contredit ainsi aussi le principe cartésien selon lequel nous avons besoin de certitudes absolues pour établir et avancer nos connaissances et adopte un principe faillibiliste: aucune connaissance ne peut être formulée d'une manière apodictique, chacune pouvant être falsifiée par de futures expériences. Mais ce qui n'exclut pas que des connaissances vraies existent, celles-ci n'auront pas été falsifiées après une période infiniment longue, ``in the long run'' comme s'exprime Peirce.

Je ne peux pas reproduire ici toute la subtilité de l'argumentation peircienne. Pour montrer que ce pragmatisme est pertinent pour les questions de la pragmatique qui constitue l'objet de cet essai, il me faut souligner deux aspects essentiels. Premièrement Peirce situe l'activité pensante de l'homme dans son agir. Deuxièmement cette pensée et cet agir doivent être mis en rapport avec la société dans laquelle ils ont lieu. Comme pour Peirce toute épistémologie est en même temps logique et sémiotique, ces deux mêmes principes sont aussi à l'oeuvre dans la communication.

C'est le lien entre pensée et pratique qui motive le choix du terme ``pragmatisme'' pour la doctrine développée par Peirce. Dans ``How to Make Our Ideas Clear'' [17, p.124-141] Peirce propose une maxime qui exprime ce lien:


``Consider what effect that might conceivably have practical bearings we conceive the object of our conception to have: then our conception of those effects is the whole of our conceptions of the object.'' [17, p.132]
Cette maxime, qu'il nommera ultérieurement ``la maxime du pragmatisme'' et qui innervera tous ses travaux, est proposée par Peirce dans le prolongement de sa conception du doute et de la croyance. En effet, si nos croyances sont ce en quoi nous avons suffisamment raison de croire pour fonder nos actions sur l'hypothèse qu'elles sont vraies, nos croyances concernant un objet doivent contenir tout ce qui peut influencer nos actions en rapport avec cet objet. Une croyance implique une règle pour une action future qui n'est pas nécessairement probable, mais ``concevable''. Peirce appelle cette disposition d'agir dans certaines circonstances selon cette règle une habitude.

Tout raisonnement humain porte selon Peirce sur le comportement potentiel et améliore ainsi le contrôle de soi. De même la logique comme critique du raisonnement est fondée dans l'éthique comme critique du comportement. Peirce argumente de plus que les fins ultimes qui guident l'éthique doivent être critiquées selon leur ``admirabilité'' et ainsi logique et éthique s'enracinent dans l'esthétique10. Je reviendrai sur ce développement après avoir montré le lien que Peirce institue entre logique et sémiotique.

Mais il me reste à mentionner le deuxième aspect du pragmatisme qui devra être retenu dans une application du pragmatisme à la pragmatique. Peirce en liant ces trois ``sciences normatives'', logique, éthique et esthétique entre elles, montre que toutes les trois doivent être appliquées non pas aux intérêts de l'individu, mais à ceux de la communauté, et non pas de n'importe quelle communauté restreinte, mais de la plus grande communauté humaine concevable.
``It seems to me that we are driven to this that logicality inexorably requires that our interests shall not be limited. They must not stop at our own fate, but must embrace the whole community. This community, again, must not be limited, but must extend to all races of beings with whom we can come into immediate or mediate intellectual relation. It must reach, however vaguely, beyond this geological epoch, beyond all bounds. He who would not sacrifice his own soul to save the whole world, is, as it seems to me, illogical in all his inferences, collectively. Logic is rooted in the social principle.'' [17, p.149]
Peirce est amené a cette conclusion dans son exposé de la théorie des probabilités qu'il considère comme un élément clé de la logique qui étudie la nature des inférences. Il montre que la seule justification que nous pouvons avoir de nos inférences est que ``in the long run'' celles-ci s'approcheront nécessairement de la vérité. C'est-à-dire que toutes nos inférences sont limitées dans leur approximation de la vérité aussi longtemps que nous ne les rapportons pas à un nombre infini d'occurrences. Ainsi un collectif est toujours plus en mesure d'établir la validité d'une inférence.

Ce lien entre logique et société me semble crucial, car il empêche toute interprétation ``utilitariste'' de la doctrine pragmatique. Quand nous essayons de définir notre conception d'un objet, la maxime pragmatique nous invite à la limiter aux effets que l'objet peut avoir sur nos actions. Mais si nous concevons nos actions uniquement par rapport à notre propre intérêt, nous ne pouvons pas prétendre à un principe logique, car la logique traite de ce qui s'avère `vrai `in the long run''11!


3.2 L'interprétant
Cette introduction au pragmatisme ne devient pertinente dans le cadre de cet essai qu'à partir du moment où j'ajoute que Peirce fonde la réalisation du pragmatisme dans une sémiotique. Car le rapport, exprimé dans la maxime du pragmatisme, entre un objet, une conception qui le représente et une habitude qui est déterminée par cette conception est, selon Peirce, la définition fondamentale du rapport sémiotique entre un signe (le représentamen), son objet et son interprétant. Tout rapport perceptif et actif de l'homme à la réalité est sémiotique, et la logique comme science normative de ces rapports se doit d'étudier le fonctionnement du signe. Peirce a développé une taxinomie très élaborée du signe dans laquelle s'exprime cette continuité entre perception, cognition et action. C'est en expliquant ce que Peirce entend par l'interprétant d'un signe que j'espère donner une idée du fondement sémiotique du pragmatisme. Je suivrai en partie la synthèse proposée par Carontini [6].

La définition que Peirce donne du signe est triadique, c'est-à-dire qu'un signe est défini par une relation entre trois étants:


``I will say that a sign is anything, of whatsoever mode of being, which mediates between an object and an interpretant; since it is both determined by the object relatively to the interpretant, and determines the interpretant in reference to the object, in such wise as to cause the interpretant to be determined by the object through the mediation of this `sign.' '' [21, p.410]
Cette relation n'est pas réductible à une action entre deux de ses composantes, c'est-à-dire qu'un signe ne peut être déterminé par son objet que relativement à son interprétant, il ne peut déterminer son interprétant que par référence à son objet, et l'interprétant n'est déterminé par l'objet que médiatisé par le signe. Un interprétant est la modification d'une conscience causée immédiatement par le signe, médiatement par l'objet du signe. Mais pour comprendre cette modification comme processus il faut distinguer deux sortes d'objet et trois sortes d'interprétant.

Dans une première approche nous pouvons dire que le signe reproduit son objet dans l'interprétant qui est dans la conscience d'un interprète. Ici il s'agit seulement de l'interprétant immédiat, la première appréhension et compréhension du signe par l'interprète qui reconstitue l'objet immédiat du signe, qui est l'idée exprimée dans le signe.

Cet interprétant immédiat déclenche un processus que Peirce appelle sémiosis. L'interprétant doit déterminer un autre interprétant pour fonctionner comme signe et ainsi de suite dans un processus potentiellement infini. Cette série d'interprétants constitue l'interprétant dynamique d'un signe. L'interprétant dynamique inclut toutes les connaissances avec lesquelles l'interprète peut associer l'interprétant immédiat et qui déterminent sa réaction au signe. L'interprétant dynamique est ainsi déterminé par un objet dynamique, qui n'est pas seulement une idée, mais l'objet réel en tous les aspects qui ont laissé leur trace dans la conscience de l'interprète. Peirce donne l'exemple de la phrase ``Napoleon was a lethargic creature''. Son objet immédiat est l'idée constituée par l'articulation entre l'idée d'une personne dont le nom est Napoléon et l'idée de la léthargie, son interprétant immédiat est cette idée reproduite dans la conscience de l'interprète. Son objet dynamique est le personnage historique Napoléon, son interprétant dynamique toute la connaissance que l'interprète a de ce personnage, enrichi par l'information exprimée dans la phrase.12

Le processus de la sémiosis peut être amené à une fin par un interprétant final. Celui-ci est à une occasion défini par Peirce comme ``that which would finally be decided to be the true interpretation if consideration of the matter were carried so far that an ultimate opinion were reached.'' [19, p.496] Mais cet interprétant n'est pas seulement une potentialité, mais effectivement réalisé dans l'interprète en tant qu'habitude déterminée par le signe. Nous retrouvons ici la maxime du pragmatisme. L'interprétant final d'un signe est ce en quoi il détermine les actions futures d'un interprète.


``Consequently, the most perfect account of a concept that words can convey will consist in a description of the habit wich that conceptis calculated to produce. But how otherwise can a habit be described than by a description of the kind of action to which it gives rise, with the specification of the condititions and of the motive.'' [21, p. 418]
3.3 Peirce et la pragmatique de la communication
Je n'ai pu ici que donner un aperçu des plus brefs de certaines idées peirciennes, mais j'espère que cela aura été suffisant afin de rendre plausible leur pertinence dans une théorie pragmatique de la communication que j'essaierai de résumer en trois aspects:


La pensée et la communication sont deux processus intrinsèquement liées. La définition d'un concept ne se distingue pas de la définition d'un signe. Toute idée est un signe et peut trouver son interprétant dans une action, pas nécessairement communicationnelle. Tout signe énoncé dans le cadre d'une action communicationnelle doit trouver son interprétant dans une pensée. La communication peut être soumise à la même analyse et à la même critique que la pensée. Ceci ne veut pas dire que Peirce réduit la communication à un phénomène purement cognitif, car toute pensée implique un élément émotionnel et un élément énergétique. Peirce permet de penser la communication comme une activité rationnelle sans renoncer à la complexité des phénomènes non-discursifs qu'elle inclut. Comme la logique, l'analyse de la communication doit être ancrée dans une éthique et une esthétique.
Le concept peircien de l'interprétant est au coeur de la définition même de la pragmatique13. Tout acte de communication se complète dans le processus de la sémiosis dont le stade final est l'habitude qu'elle détermine. Carontini [6] montre qu'à partir du concept de l'interprétant nous pouvons construire une théorie de la compétence communicationnelle qui explicite les procédures que les émetteurs et les récepteurs des actes de langage appliquent pour comprendre et se faire comprendre.
La pensée et la communication sont logiquement justifiables seulement par rapport à une communauté. Peirce propose que la justification logique d'un argument ne s'établisse que ``in the long run'', c'est-à-dire en vue de la communauté la plus grande imaginable. Même si un acte de communication peut impliquer seulement deux personnes, il fait partie d'un processus social évolutif. Il donne un écho aux signes antérieurs sédimentés dans la compétence communicationnelle des interactants, et ouvre la possibilité pour des signes futurs qui le complètent. Ce n'est pas seulement la langue qui est sociale, mais tout acte de parole n'est déterminable que par sa place dans ce processus qui lie la pensée, l'agir, la communication et le social.
4 Austin, Searle
C'est probablement la théorie des actes de langage qui a le plus contribué à la popularité des approches pragmatiques. Celle-ci n'est pas à proprement parler une théorie linguistique, mais une approche philosophique du langage qui essaie d'expliquer en termes généraux certaines propriétés du langage humain, indépendamment de toute langue particulière. Elle trouve son origine dans le livre ``How to do things with words'' du philosophe anglais J. L. Austin. Ce texte, paru en 1962, reproduit une série de conférences qu'Austin a donné à Harvard University en 1955. Je présenterai d'abord les réflexions d'Austin pour après mentionner certaines des évolutions que la théorie des actes de langage a prises et je soulignerai finalement les aspects qui me semblent le plus importants pour une théorie de la communication.


4.1 L'acte de langage chez Austin
Austin constate que souvent en parlant nous faisons autre chose qu'affirmer. Nous parions, nous promettons, nous nous excusons, nous avertissons, nous déclarons l'amour ou la guerre. Or, la philosophie du langage s'est presque exclusivement intéressé à une seule manière d'utiliser le langage, celle d'affirmer, et a essayé d'établir comment nous pouvions attribuer des valeurs de vérité à nos énoncés. Dans un premier temps Austin propose le concept anglais de ``performative'' pour désigner tous les énoncés dont l'énonciation doit être décrite comme l'accomplissement d'un acte comme une promesse, un pari, un avertissement, une déclaration, et les oppose aux énoncés qui affirment un état de choses réel. Pour ceux-ci Austin utilise le terme ``constatives'' (énoncés affirmatifs).

Quand nous analysons les actes performatifs nous nous rendons compte qu'il est souvent impossible de les caractériser comme vrais ou faux. Néanmoins ils peuvent réussir ou échouer. C'est souvent un ensemble complexe de critères qui doivent être pris en considération pour juger si un acte de langage est réussi ou non. Citons certains exemples donnés par Austin:


``it is always necessary that the circumstances in which the words are uttered should be in some way, or ways, appropriate, and it is very commonly necessary that either the speaker himself or other persons should also perform certain other actions, whether ``physical'' or ``mental'' actions or even acts of uttering further words.. Thus for nameing the ship, it is essential that I should be the person appointed to name her, for (Christian) marrying, it is essential that I should not be already married with a wife living, sane and undivorced, and so on: for a bet to have been made, it is generally necessary for the offer of the bet to have been accepted by a taker (who must have done something, such as to say ``Done''), and it is hardly a gift if I say ``I give it you'' but never hand it over.'' [1, p.8]
Austin appelle ces critères ``felicity conditions'' en les opposant au ``truth conditions'' applicables à des énoncés affirmatifs. Il distingue trois catégories de conditions: Premièrement il doit y avoir une procédure conventionnalisée et les circonstances et les participants doivent correspondre à ce qui est prévu dans cette procédure. Deuxièmement cette procédure doit être exécuté correctement et complètement. Troisièmement le sujet de l'acte de langage doit être sincère concernant les pensées, sentiments et intentions exprimés, et il doit, si la procédure contient des obligations, conformer ces actes futurs à ces obligations.

Austin propose trois niveaux selon lesquels ce qui est linguistiquement et socialement en jeu dans l'acte de langage peut être distingué: l'acte locutoire, l'acte illocutoire et l'acte perlocutoire.


L'acte locutoire est le fait matériel de l'énonciation. Austin distingue trois niveaux de l'acte locutoire: l'acte phonétique, l'acte physiologique de produire certains sons; l'acte phatique, l'acte de produire certains types de sons qui sont attribuables à un certain système de signes et l'acte rhétique, l'acte informationnel de produire un certain sens, d'exprimer une certaine information14. L'acte locutoire regroupe ainsi toute les composantes de la construction d'une phrase comme elles sont analysées par les discipline traditionnelles de la linguistique, phonologie, morphologie, sémantique et syntaxe. Commettre un acte locutoire consiste à produire un événement situé dans l'espace et dans le temps, qui fait sens selon un certain système linguistique.
Austin parle d'acte illocutoire pour désigner la manière dans laquelle nous utilisons l'acte locutoire, mais seulement dans la mesure où celle-ci est prévu par une convention sociale. Quand le juge dit ``coupable'', nous disons qu'il énonce un verdict, mais seulement si toutes les conditions pour l'autoriser sont remplies. En d'autres termes. tout acte illocutoire est fondé sur un acte locutoire, mais il ne décrit pas ce que nous disons, mais ce que nous faisons en parlant. Le même acte locutoire peut être utilisé en tant que question, commande, plainte. Pour expliquer ce niveau de l'usage du langage nous devons quitter le terrain de la grammaire, et nous occuper des institutions sociales qui rendent possibles ces actes. L'acte illocutoire change nécessairement le contexte dans lequel il a lieu.
L'acte perlocutoire décrit les conséquences qu'un acte illocutoire peut avoir, mais qui ne font pas partie des règles qui définissent celui-ci. L'obligation est une conséquence conventionnelle d'une promesse ou d'un ordre, mais le fait qu'une promesse puisse faire plaisir, qu'un ordre puisse embarrasser, qu'une assertion puisse surprendre, ne font pas partie de ce qui caractérise institutionnellement ces actes illocutoires. Ce qui distingue en plus une conséquence illocutoire d'un effet perlocutoire est que la première est, en des circonstances normales, ancrée dans l'intentionnalité du locuteur, tandis que le second peut être ou ne pas être intentionnel.
Austin propose ces distinctions pour ensuite se concentrer sur l'acte illocutoire. Il appelle ce qui distingue les actes illocutoires entre eux leur force illocutoire (par opposition au sens et à la référence de l'acte locutoire, et à l'effet de l'acte perlocutoire). Ici Austin se retourne contre la question qu'il a posé au début de ce texte, celle de distinguer les énoncés performatifs des énoncés affirmatifs. Il constate que cette distinction n'est pas tenable, car dans tous les actes de langage on peut distinguer un contenu propositionnel et une force illocutoire, par exemple quand j'avertis d'un orage qui s'approche, il y a une proposition qui peut être investie d'une valeur de vérité. Quand j'affirme seulement (sans avertissement implicite) qu'il y a un orage qui s'approche, mon énoncé est cependant aussi doué d'une force illocutoire: celle de poser comme vraie ma proposition. L'acte affirmatif n'est pas non plus exempté des conventions sociales qui règlent son usage, il peut être réservé à certaines circonstances, et à des acteurs avec certaines positions.

En résumé, un événement de parole est l'actualisation matérielle d'une phrase prévue par une langue (acte locutoire), l'accomplissement d'un acte qui selon certaines conventions sociales s'insère dans un contexte pour le changer (acte illocutoire) et la poursuite de certaines fins stratégiques (acte perlocutoire). Il n'est pas toujours facile de délimiter l'acte locutoire et l'acte illocutoire, parce que ce que fait l'acte illocutoire doit être signifié dans l'acte locutoire. Il n'est pas non plus toujours facile de délimiter l'acte illocutoire et l'acte perlocutoire, parce que certaines fins stratégiques, peuvent être plus ou moins conventionnalisées15.

Il n'est pas étonnant que les réflexions fondatrices d'Austin aient trouvé des échos dans la linguistique, dans la philosophie du langage et dans la sociologie. Comme nous l'avons vu dans le chapitre 2, pour la linguistique l'acte de langage est un phénomène pragmatique qui doit être mis en rapport avec la grammaire de la langue. Dans la philosophie du langage, Austin a surtout inspiré un approfondissement de la réflexion sur les rapports entre logique formelle et usage quotidien du langage. Dans le chapitre 5 consacré à la théorie de l'agir communicationnel de Habermas, j'envisagerai comment la théorie des actes de langage peut être efficiente dans une théorie généralisée de l'agir social.


4.2 La structure de l'acte illocutoire chez Searle
Ce n'est pas le lieu ici pour donner un compte-rendu systématique de toutes les prolongations que la théorie des actes de langage a trouvées. Mais il me faut au moins mentionner les travaux de John R. Searle qui a systématisé la pensée d'Austin en ce qui concerne l'explicitation de la structure (qui se veut exhaustive) des actes de langage, leur taxinomie et le phénomène de l'intentionnalité.

Dans un acte de langage celui qui parle construit un rapport complexe entre lui-même, ses interlocuteurs, le contexte auquel il réfère et la matérialité du message qu'il énonce. Searle dans ``Speech Acts. An essay in the philosophy of language'' [23] essaie d'expliciter ce rapport et d'expliquer ainsi le fonctionnement des ``felicity conditions'' d'Austin. Il donne l'exemple d'une promesse:

Pour qu'un acte locutoire puisse être décrit comme un acte illocutoire avec la force d'une promesse, les conditions suivantes doivent être remplies. Je paraphrase l'explication de Searle [23, p.57-61]. S dénote celui qui énonce la promesse, H celui à qui S s'adresse, T la phrase énoncée, p le contenu propositionnel de la promesse, ce que S s'oblige à faire.


Les communicants doivent être matériellement et linguistiquement en mesure de se comprendre.
S exprime avec T la proposition p.
S, en exprimant p, décrit une future action A dont il est l'acteur.
H a un intérêt dans A, et S croit que H préfère que S fasse A à ce qu'il ne le fasse pas.
Ni S ni H ont raison de supposer que S ferait A de toute manière.
S a l'intention de faire A
S a l'intention que l'énoncé T l'oblige à faire A.
S a l'intention que H prenne conscience du fait que l'énonciation de T constitue un acte avec la force illocutoire d'une promesse. Cette reconnaissance de la part de H doit être produit par sa compréhension du sens de T.
Les règles sémantiques de la langue utilisée par S spécifient que T est utilisé correctement si toutes les conditions 1 à 8 sont remplies.
En généralisant cet exemple Searle distingue quatre classes de conditions qui permettent de distinguer différentes forces illocutoires. Les conditions 1, 8 et 9 s'appliquent à tout acte illocutoire. Les autres conditions spécifient respectivement le contenu propositionnel (conditions 2 et 3), les conditions préparatoires (conditions 4 et 5), les conditions de sincérité (condition 6), et la condition essentielle (condition 7). Cette dernière s'exprime couramment selon Searle dans les termes ``T compte comme (counts as) une action avec une force illocutoire spécifique''. C'est cette règle qui garantit que l'acte de langage acquiert sa pleine reconnaissance comme acte social.

Ce n'est pas seulement par rapport à cette explicitation des règles fondamentales d'un acte de langage que Searle systématise la pensée d'Austin, c'est aussi en proposant une taxinomie plus systématique. Dans [24] Searle distingue les cinq grandes classes suivantes (j'utilise les termes anglais):
``representatives'': S affirme la vérité d'une proposition
``directives'': S essaie de faire accomplir une action par H
``commissives'': S assume l'obligation d'accomplir une action
``expressives'': S exprime son état psychologique
``declarations'': S, qui est investi de l'autorité nécessaire, induit un changement dans un état de fait institutionnel
Searle propose également onze dimensions selon lesquelles les actes qui appartiennent à une même classe peuvent être distingués. Ici il devrait suffire de caractériser le projet taxinomique de Searle comme une tentative de distinguer les différentes manières dans lesquelles un énonciateur prend position vers le monde, vers ses interlocuteurs et vers lui-même. Ce qui m'importe et ce que j'essaierai d'élaborer encore dans le chapitre 7, c'est le fait que les événements de parole peuvent être caractérisés par rapport à un contexte défini surtout institutionnellement.

En y consacrant une étude à part [25], Searle a encore approfondi un autre élément de la théorie des actes de langage, leur intentionnalité. ``Intentionnalité'' se comprend ici au sens philosophique plus large, désignant tout rapport d'un état de conscience avec le monde, comme le rapport d'une croyance à un fait réel, d'un désir à un fait hypothétique, d'une perception à un objet perçu, ou même d'une intention à une action à accomplir. Nous avons déjà vu que Searle décrit l'intention de l'énonciateur comme élément central des conditions de réussite des actes de langage. Dans [25], il tente d'expliquer encore plus fondamentalement comment nous arrivons à projeter des états intentionnels sur des énoncés matériels, et en tant qu'énonciateur qui exprime ses croyances, ses désirs, ses intentions, et en tant qu'énonciataire qui interprète dans un énoncé l'expression de ces états. En bref, Searle suggère l'existence d'un lien nécessaire entre l'intentionnalité de l'expérience (la perception et l'action), l'intentionnalité des états de la conscience (croyances et désirs) et l'intentionnalité des actes de langage. Les actes de langages s'expliquent comme des extériorisations des états de conscience, et mettent en oeuvre les ressorts de l'expérience. C'est-à-dire que dans la performance d'un acte de langage la conscience du locuteur impose intentionnellement les conditions de satisfaction d'un état de conscience16 à l'énonciation et dans sa réception l'allocutaire interprète intentionnellement l'énoncé comme expression intentionnelle d'un état intentionnel du locuteur. Dans l'énonciation il y a rencontre de l'intentionnalité d'un état de conscience (la croyance ou le désir exprimés), d'une action (l'acte de langage accompli), d'un signe (l'énoncé prononcé) et d'une perception (l'acte de langage reconnu).


4.3 Acte de langage et pragmatique de la communication
J'ai essayé jusqu'ici de présenter quelques enjeux importants de la théorie des actes de langage. Il y a plusieurs aspects selon lesquels celle-ci me semblent opératoire pour une théorie de la communication.


La théorie des actes de langage s'approche d'une théorie sociale de l'agir communicationnel, et c'est dans ce sens que Habermas dont traite le prochain chapitre l'interprète. Elle montre plus spécifiquement que communiquer ne consiste pas premièrement à convier une information, mais à créer, prolonger, modifier des rapports sociaux, à prendre position dans un contexte institutionnel donné.
Les analyses d'Austin et Searle se sont concentrées sur des exemples simples et génériques d'actes de langage comme la promesse. Il me semble que leurs travaux peuvent être prolongés dans des études sur des cadres institutionnels et des types de textes plus complexes. Il s'agirait de décrire quels actes de langage sont utilisé dans quels contextes, et comment ils déterminent certains régularités communicationnelles. Dans le chapitre 8 je proposerai une piste d'application à la communication médiatisée par ordinateur.
L'acte de langage est lié à une certaine subjectivité de l'énonciateur. Quand nous parlons, nous assumons des rôles, nous nous plaçons par rapport à autrui, nous exprimons des rapports intentionnels envers le monde.
Finalement l'acte de langage doit être compris dans un contexte. Cependant le contexte ne lui préexiste pas nécessairement. C'est le langage qui est en mesure de créer et de modifier les contextes.
Nous allons voir maintenant quels échos ces enjeux ont trouvé dans la théorie de l'agir communicationnel de Habermas.


5 Habermas
Dans les deux chapitres précédents nous avons exposé des systèmes philosophiques développés avant ce qu'on a appelé le ``pragmatic turn'' en linguistique. Austin, et plus indirectement Peirce, ont inspiré ce renouveau de la science du langage. Nous allons maintenant nous tourner vers deux philosophes qui ont élaboré leur pensée après que la pragmatique ait été reconnue comme discipline de la linguistique et comme élément essentiel de la théorie de la communication. Jürgen Habermas se réfère directement à la pragmatique pour fonder sa théorie de l'agir communicationnel. Michel Foucault, quant à lui, ne situe son ``Archéologie du Savoir'' que très allusivement par rapport à la pragmatique, mais j'essaierai de montrer que sa pensée n'est pas nécessairement en contradiction avec celle-ci et qu'on peut intégrer certains de ses éléments conceptuels dans une approche pragmatique de la communication.


5.1 La pragmatique universelle et l'agir communicationnel
Dans ce chapitre je présenterai la théorie de l'agir communicationnel de Habermas dans un angle assez restreint. Je m'intéresserai au premier chef à la manière dont il donne une application sociologique et éthique à la théorie des actes de langage. Quelques mots devraient suffire pour situer le projet habermasien. Habermas, en tant qu'élève d'Adorno, développe son travail dans le courant de la théorie critique de l'École de Francfort, surtout en ce qui concerne l'analyse de la rationalisation de la société, la reconstruction de la pensée marxiste et l'exigence d'une fonction émancipatrice de la philosophie et de la sociologie. Mais Habermas considère qu'Adorno et Horkheimer ont poussé à l'extrême l'analyse de l'aliénation de l'homme (Entfremdung) inhérente à la société capitaliste, et se sont heurté à l'impasse que tout espoir de réconciliation entre les hommes et leur nature (Versöhnung) se voit à jamais déçu par le pouvoir toujours grandissant d'une rationalité purement instrumentale. Habermas essaie de montrer que les apories de l'École de Francfort sont dû au fait qu'elle reste enracinée dans une philosophie de la conscience, c'est-à-dire qu'elle prend pour paradigme l'individu qui s'aliène dans la réification (Verdinglichung) de son rapport au monde. Habermas croit pouvoir relancer le projet d'une théorie émancipatrice de la société en échangeant le paradigme de la subjectivité et de l'agir instrumental pour celui de l'intersubjectivité et de l'agir communicationnel:


``Nicht mehr Erkenntnis und Verfügbarmachung einer objektiven Natur sind, für sich genommen, das explikationsbedürftige Phänomen, sondern die Intersubjektivität möglicher Verständigung - sowohl auf interpersonaler wie auf intrapsychischer Ebene. Der Fokus der Untersuchung verschiebt sich damit von der kognitiv-instrumentellen zur kommunikativen Rationalität. Für diese ist nicht die Beziehung des einsamen Subjekts zu etwas in der objektiven Welt, das vorgestellt und manipuliert werden kann, paradigmatisch, sondern die intersubjektive Beziehung, die sprach- und handlungsfähige Subjekte aufnehmen, wenn sie sich miteinander über etwas verständigen.'' [12, p.525]17
Habermas se tourne vers Austin et Searle parce qu'il voit dans l'acte de langage l'instance première de toute interaction sociale. Ce qui l'intéresse plus particulièrement dans la théorie des actes de langage, c'est le fonctionnement des règles et conventions qui permettent aux hommes de commettre et d'évaluer des actes communicationnels qui ne sont pas soumis à des critères d'efficacité instrumentale, mais de validité intersubjective. Habermas appelle ``pragmatique universelle'' le projet d'une analyse systématique des valeurs en jeu dans la communication.18

La première question à laquelle Habermas essaie de répondre, c'est de savoir en quoi la compétence communicationnelle nécessaire pour émettre un énoncé dans un contexte particulier se distingue de la compétence linguistique nécessaire pour former des phrases grammaticalement correctes.19 Il reconnaît que le terme de compétence communicationnelle est à première vue hybride parce que, selon Chomsky, la communication n'est pas fait de compétence, mais doit être décrite comme performance. Mais Habermas propose de déplacer la dichotomie de Chomsky, en postulant une faculté de communication qui s'ajoute à la faculté de langage. Cette dernière est l'objet d'une théorie générale de la grammaire telle que l'a proposée Chomsky. La faculté de communication, quant à elle, consiste selon Habermas à utiliser des phrases grammaticales (et ainsi compréhensibles) dans des situations où elles sont appropriées.

La tâche de la pragmatique universelle est d'expliquer comment des phrases peuvent en principe se transformer en énoncés appropriés à certains contextes. En d'autres termes, elle essaie de reconstruire les propriétés formelles des situations de parole. Habermas propose de construire l'analyse à partir de la dimension de l'intersubjectivité: un acte de langage lie un locuteur à un allocutaire et nous devons nous intéresser à la nature de ce lien, à la responsabilité que le locuteur assume pour l'énoncé et la position que l'allocutaire peut prendre par rapport à celui-ci. C'est dans l'acte illocutoire analysé par Austin et Searle que Habermas voit se fonder l'intersubjectivité. Dans un acte illocutoire, le locuteur crée un certain rapport entre lui-même et son interlocuteur en lui proposant une certaine définition de la situation dans laquelle il se trouve avec lui. Si cette définition est acceptée, l'acte réussit, et un engagement est établi. Ce qui intéresse Habermas, c'est la nature sociale et rationnelle de cet engagement. Il croit pouvoir montrer que ce qui est impliqué dans l'acte illocutoire peut être soumis à une reconstruction normative et à une critique, et que c'est sur cette critique qu'un concept de l'agir communicationnel peut être construit. Tout ce qui fait partie du perlocutoire, c'est-à-dire les fins stratégiques du locuteur qu'il n'a pas à justifier devant l'allocutaire, mais qu'il essaie de poursuivre contre lui (par bien des ruses rhétoriques), est écarté par Habermas comme faisant partie d'un agir instrumental.


5.2 Les critères de validité de l'acte de langage
Habermas reprend la distinction de Searle entre conditions préparatoires et conditions essentielles pour la réussite d'un acte de langage. Les premières définissent si une situation est donnée dans laquelle un certain acte de langage fait sens, par exemple si l'allocutaire a un intérêt dans l'action dont l'accomplissement est promis par le locuteur, si le locuteur se trouve dans une position d'autorité pour donner un ordre etc. Habermas ne s'intéresse pas spécifiquement à ces conditions dans le cadre de la pragmatique universelle. Elles semblent pour lui tomber dans le domaine d'une pragmatique empirique, qui s'approcherait d'une étude sociologique des formes d'interaction dans une société donnée.

C'est dans les conditions essentielles que Habermas voit le fondement universel de tout agir humain. Searle avait proposé une formule apparemment tautologique pour la condition essentielle de tout type d'actes de langage, un énoncé est une promesse s'il ``vaut pour'' (``counts as'') une tentative du locuteur d'assumer une obligation, un énoncé est une demande ou un ordre s'il ``vaut pour'' une tentative de faire accomplir une action à l'allocutaire, etc. Habermas montre que dans cette formulation s'exprime l'engagement qui est une partie essentielle de tout acte de langage. Un locuteur lie sa parole à certains critères par rapport auxquels l'allocutaire peut évaluer l'énoncé. C'est seulement si un locuteur assume la responsabilité de justifier, en principe, son acte par rapport à ces critères qu'un acte de langage peut réussir.

Habermas propose de distinguer trois types de validité qui sont universels dans le sens où ils sont postulés et reconnus dans tout agir humain. Ils se réfèrent respectivement au monde objectif de la nature externe, au monde normatif de la société, et au monde subjectif de la conscience interne.


Le critère correspondant au monde objectif est celui de la vérité, le locuteur se réfère aux états de faits, et il doit pouvoir en principe justifier toute proposition posée ou présupposée dans l'énoncé par rapport aux sources de son expérience. Ceci ne signifie pas que le locuteur soit responsable de garantir absolument la vérité des contenus propositionnels des énoncés, mais qu'il doit pouvoir expliciter sur quoi sa propre croyance dans la vérité de ses contenus est fondée. Habermas adopte ici un principe faillibiliste qui introduit la dimension de l'intersubjectivité même à l'intérieur de la dimension de l'objectivité où elle semble moins présente que dans celles de la normativité. C'est-à-dire que la vérité de nos affirmations se justifie par rapport à nos interlocuteurs.
``Eine Behauptung zu verstehen, heißt zu wissen, wann ein Sprecher gute Gründe hat, die Gewähr dafür zu übernehmen, daß die Bedingungen für die Wahrheit der behaupteten Aussage erfüllt sind.'' [12, p.426]20
Tout acte communicationnel est situé également dans le monde normatif des règles et conventions. Il peut être évalué selon sa justesse, c'est-à-dire que le locuteur prétend que sa parole est conforme à l'ensemble des normes auxquelles il croit être soumis dans la même mesure que l'interlocuteur. Évidemment ces normes varient énormément d'un contexte à l'autre, il y a des interactions qui sont rigoureusement définies par des institutions comme le mariage, il y en a d'autres qui sont seulement définies par des règles imprécises comme des avertissements. Mais même ces dernières ne pourraient pas réussir, si le locuteur n'ancre pas implicitement sa parole dans des normes qu'il considère justifiées. Comme pour le critère de la vérité, le locuteur s'engage pour la validité de son acte, et doit être en principe prêt à le défendre en cas d'une mise en question par l' allocutaire.
Finalement le locuteur exprime dans sa parole un état de conscience: il exprime ses croyances quand il s'agit d'une affirmation, ses désirs quand il s'agit d'une requête, ses intentions quand il s'agit d'une promesse. C'est la sincérité de son acte qui est en question ici. Cette dimension se distingue des deux autres par le fait qu'elle n'est pas directement accessible à la critique de l' allocutaire. Celui-ci doit se fier à certains indices comme le souvenir des interactions antérieures et le comportement non verbal du locuteur et il peut alors vérifier la sincérité à posteriori.
Habermas essaie de montrer que l'ensemble de ses critères est susceptible d'être soumis à une critique rationnelle. C'est-à-dire que non seulement les interactants s'engagent et peuvent évaluer leurs actes par rapport à ces critères, mais ils peuvent aussi se mettre à débattre de ces critères mêmes. Même si les trois dimensions sont présentes dans tout agir communicationnel, une seule d'entre elles devient normalement ``thématique'', c'est-à-dire qu'elle constitue l'enjeu premier. Habermas propose de distinguer les modes de communication et les types d'actes de langage par rapport à leur dimension dominante. Je reproduis en le traduisant le schéma proposé par Habermas [11, p.246]21:


mode de type thème critère
communication d'acte de langage de validité


cognitif affirmatif contenu propositionnel vérité
interactif régulateur relation interpersonnelle justesse
expressif (représentatif) intentionnalité du locuteur sincérité


Dans un mode de communication cognitif ce sont les actes de langage affirmatifs qui prédominent et il y est question surtout de la vérité du contenu propositionnel. Dans le mode interactif on accomplit des actes régulateurs (par exemple des requêtes, certaines déclarations) et le critère primordial en est la justesse des relations interpersonnelles. Dans le mode expressif, les actes de langage représentent l'intentionnalité dont la sincérité est en question. Évidemment il s'agit d'ideaux-types qui n'existent jamais que dans des états mixtes. Par exemple une promesse régule en même temps une relation interpersonnelle, exprime un désir du locuteur et peut affirmer certains états de fait.

Habermas souligne que chacun de ses trois critères situe l'acte de langage dans des séquences d'interaction, car le locuteur propose à l'allocutaire un engagement par rapport auquel celui-ci doit implicitement ou explicitement prendre position pour que cet engagement puisse être reconnu et validé22:


``Ich möchte deshalb die These vertreten, daß die illokutive Kraft, mit der der Sprecher in Ausführung seines Sprechakts auf den Hörer einwirkt, nur zu verstehen ist, wenn man über einzelne Sprechakte hinaus Sprechhandlungssequenzen in Betracht zieht, die auf der Grundlage einer reziproken Anerkennung von Geltungsansprüchen miteinander verknüpft sind.'' [11, p.251]23
Un acte de langage réussit si cette reconnaissance réciproque s'établit, autrement dit, si les deux interlocuteurs conviennent d'une définition commune de la situation qui les rassemble, des rôles qu'ils revêtent, des responsabilités qu'ils assument, des objets auxquels ils réfèrent et des intentions qu'ils poursuivent. L'enjeu du projet habermasien est de montrer que cette reconnaissance peut se construire à la base d'une rationalité communicationnelle. En ce sens ce projet est reconstructif et normatif, et non pas empirique et descriptif. Il essaie d'expliciter les fondements qui restent souvent implicites ou qui ne se réalisent qu'approximativement dans l'agir communicationnel quotidien.


5.3 Habermas et la pragmatique de la communication
J'ai essayé d'exposer la manière dont Habermas utilise et remanie les concepts de la théorie des actes de langage, surtout ceux de l'acte illocutoire et des conditions de réussite. C'est sur eux qu'il bâtit ses concepts d'agir communicationnel (kommunikatives Handeln) et de critère de validité (Geltungsanspruch). On pourrait reprocher à Habermas que sa théorie est idéaliste et qu'il néglige les effets perlocutoires inhérents à toute interaction communicationnelle. Mais si on prend au sérieux la visée émancipatrice que Habermas revendique, c'est-à-dire si la théorie de la communication ne se consacre pas seulement aux faits empiriques, mais contribue à une organisation plus rationnelle de la société, alors nous trouvons chez Habermas des repères incontournables. Mais avant de faire le bilan de ce que nous avons découvert au terme de ce parcours à travers ces philosophies pragmatiques, je me tournerai vers Michel Foucault. Sceptique des constructions philosophiques universalisantes, il propose une autre critique des pratiques discursives.


6 Foucault
Dans ce chapitre, j'essaie de montrer que dans ``L'archéologi

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hayati, le 9 avr 2008 à 21:26:15

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7

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8

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29

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15

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17

je suis la bébé, le 29 jun 2008 à 19:45:18

Salut a tout c bibi nous deux enembles formons une flame infinie comme une rose qui s'épanouil le deux parfume de toute une vie ce que je ressent aujourd'hui bc'est l'amour infini je t'aime a la folie bisou

19

cylia, le 6 jui 2008 à 13:04:34
  • +2

Je voudrais avoir un logiciel de traduction arabe_francais je sais pas comment faire je voudrais de l'aide svpl ....................!!!!

20

brahim_dz, le 6 jui 2008 à 14:02:34
  • +11

Salut tout le monde moi je voulais avoir un logiciel de traduction de tous les longe c'est si possible merci :)

24

Mehdi, le 1 oct 2008 à 19:43:20

Salut je croit que j'ai se que tu cherche sa s'appelle 8 in 1 Dictionary mais je me demande comment te l'offrir?!

27

yasmine, le 4 nov 2008 à 18:24:11

Ohh stp donne moi un traducteure pour ecrire en arab stppp

22

najidabdo, le 11 jui 2008 à 13:20:24
  • +4

Je veux prendre la langue francais svp

25

marwane177, le 27 oct 2008 à 14:24:41

Je veux savoir des maiéres à ecrire des titres en défferentes maniéres en francais merci

32

procmp4, le 17 déc 2008 à 22:36:57

Il en existe une infinite de traducteur .
tu n'as qu'a taper ce que tu cherches sur internet.

34

isabelle25, le 25 déc 2008 à 22:30:12
  • +2

Salut voila une liste de traducteur gratuit pour ta traduction
- anglais
- français
- espagnole
- italien
- ...
http://www.translatonline.com/guide-traduction.htm
bonne chance

37

asalam, le 8 jan 2009 à 10:18:24
  • +2

مقدمة:
من خلال الزيارة التفقدية والاستكشافية التي قامت بها مؤسسة نات أول خدمات Net All Services على مستوى المقر الإداري الجديد والدي من خلالها أصبح لديها تصور عام وشامل عن مدى متطلبات الخدمة متمثلة في النظافة والبوفيه والخدمات المتعددة وهدا حسب ما سيتم الإتفاق عليه مع الإدارة المعنية.
ونظرا للخبرة التي اكتسبتها نات أول خدمات Net All Services في هدا المجال من خلال زبائنها المتعددين وبخاصة الشركة الجزائرية للإسمنت، فإنه يمكن القول بأنه أصبح بإمكانها تقديم خدمات في المستوى وكدا تحديد وتكييف طرق الخدمة على ضوىء الوضع الجديد..
1/ طبيعة العلاقة:
تكون علاقة العمل بحسب العلاقة السابقة مع تجديد العقد وإدراج النقاط الغير واضحة وكدا استدراك الملاحظات التي يحددها الطرفان.
/ نظام الخدمة:
يمكن للمؤسسة إتباع نظام الخدمة الذي يناسب طبيعة شغل الشركة وهو القيام بأشغال النظافة قبل أو بعد ساعات العمل اليومية مع ضمان حد أدنى من العمالة يقوم بمتابعة الشغل طول اليوم خاصة دوريات نظامية على قاعات الحمام ، كما يمكن للإدارة تكثيف العمالة في الحالات الإستثنائية.
- تقوم المؤسسة بالنظيف الكلي مرة كل نهاية شهر بما في دلك الزجاج الداخلي والخارجي تقوم من خلاله المؤسسة بتوفير الوسائل والأجهزة التقنية اللازمة لدلك.
- تخصص المؤسسة يوما في الشهر لتنظيف أجهزة الإعلام الآلي بمواد خاصة.
3/ توزيع شغل العمالة (عددهم):
بما أن المقر الجديد يتكون من تسع طوابق ( طابق أرضي + 8 طوابق) فإن توزيع العمالة يكون بالشكل التالي:
* فترة صباحية:
بداية شغل الفترة الصباحية يكون قبل ساعات العمل القانونية بحوالي ساعتين (02 ساعة) تتوزع فيه العمالة على كل الطوابق بمعدل 09 عمال يقوم فيه العامل بالأشغال التالية:
- تنظيف المكاتب.
- تنظيف أجهزة الإعلام الآلي.
- تنظيف الأرضية .
- تفريغ مداخن السجائر.
- تفريغ سلل القمامة.
- تجميع القمامة داخل كيس بلاستيكي.
- تنشيف الأرضية.
- تعطير الجو.
- العناية بالنباتات الداخلية المزينة، وكدا تنظيفها بمواد خاصة، وبعد التأكد من نظافة المكاتب تشترك كل العمالة في تنظيف السلالم وكدا المصعد الكهربائي.
بعد انصراف عمالة الفترة الصباحية تبدأ مرحلة الفترة النهارية وعندها تقوم المؤسسة بتوفير عمالة متخصصة بوسائل أيضا متخصصة ودلك لتغطية السير الحسن والجيد للنظافة كامل اليوم وواجبها القيام بمراقبة النظافة على مستوى دورات المياه وكدا المكاتب على فترات متقطعة وتكون وضيفتها أيضا التدخل عند أي طارئ له علاقة بخدمات النظافة.
4/ خدمات البوفيه:
تقوم المؤسسة بتعيين عمالة بوفيه على مستوى المقر الإداري الجديد بحسب العدد الدي تحدده الإدارة وتكون وفق المواصفات المتفق عليها.
- ظرورة تعيين مشرف:
تقوم مؤسسة نات أول خدمات Net All Services بتعيين مشرف على مستوى المقر الجديد، وتقوم المؤسسة بتحديد مهامه وتسليمها للإدارة في حينها.

38

asalam, le 8 jan 2009 à 10:18:29

مقدمة:
من خلال الزيارة التفقدية والاستكشافية التي قامت بها مؤسسة نات أول خدمات Net All Services على مستوى المقر الإداري الجديد والدي من خلالها أصبح لديها تصور عام وشامل عن مدى متطلبات الخدمة متمثلة في النظافة والبوفيه والخدمات المتعددة وهدا حسب ما سيتم الإتفاق عليه مع الإدارة المعنية.
ونظرا للخبرة التي اكتسبتها نات أول خدمات Net All Services في هدا المجال من خلال زبائنها المتعددين وبخاصة الشركة الجزائرية للإسمنت، فإنه يمكن القول بأنه أصبح بإمكانها تقديم خدمات في المستوى وكدا تحديد وتكييف طرق الخدمة على ضوىء الوضع الجديد..
1/ طبيعة العلاقة:
تكون علاقة العمل بحسب العلاقة السابقة مع تجديد العقد وإدراج النقاط الغير واضحة وكدا استدراك الملاحظات التي يحددها الطرفان.
/ نظام الخدمة:
يمكن للمؤسسة إتباع نظام الخدمة الذي يناسب طبيعة شغل الشركة وهو القيام بأشغال النظافة قبل أو بعد ساعات العمل اليومية مع ضمان حد أدنى من العمالة يقوم بمتابعة الشغل طول اليوم خاصة دوريات نظامية على قاعات الحمام ، كما يمكن للإدارة تكثيف العمالة في الحالات الإستثنائية.
- تقوم المؤسسة بالنظيف الكلي مرة كل نهاية شهر بما في دلك الزجاج الداخلي والخارجي تقوم من خلاله المؤسسة بتوفير الوسائل والأجهزة التقنية اللازمة لدلك.
- تخصص المؤسسة يوما في الشهر لتنظيف أجهزة الإعلام الآلي بمواد خاصة.
3/ توزيع شغل العمالة (عددهم):
بما أن المقر الجديد يتكون من تسع طوابق ( طابق أرضي + 8 طوابق) فإن توزيع العمالة يكون بالشكل التالي:
* فترة صباحية:
بداية شغل الفترة الصباحية يكون قبل ساعات العمل القانونية بحوالي ساعتين (02 ساعة) تتوزع فيه العمالة على كل الطوابق بمعدل 09 عمال يقوم فيه العامل بالأشغال التالية:
- تنظيف المكاتب.
- تنظيف أجهزة الإعلام الآلي.
- تنظيف الأرضية .
- تفريغ مداخن السجائر.
- تفريغ سلل القمامة.
- تجميع القمامة داخل كيس بلاستيكي.
- تنشيف الأرضية.
- تعطير الجو.
- العناية بالنباتات الداخلية المزينة، وكدا تنظيفها بمواد خاصة، وبعد التأكد من نظافة المكاتب تشترك كل العمالة في تنظيف السلالم وكدا المصعد الكهربائي.
بعد انصراف عمالة الفترة الصباحية تبدأ مرحلة الفترة النهارية وعندها تقوم المؤسسة بتوفير عمالة متخصصة بوسائل أيضا متخصصة ودلك لتغطية السير الحسن والجيد للنظافة كامل اليوم وواجبها القيام بمراقبة النظافة على مستوى دورات المياه وكدا المكاتب على فترات متقطعة وتكون وضيفتها أيضا التدخل عند أي طارئ له علاقة بخدمات النظافة.
4/ خدمات البوفيه:
تقوم المؤسسة بتعيين عمالة بوفيه على مستوى المقر الإداري الجديد بحسب العدد الدي تحدده الإدارة وتكون وفق المواصفات المتفق عليها.
- ظرورة تعيين مشرف:
تقوم مؤسسة نات أول خدمات Net All Services بتعيين مشرف على مستوى المقر الجديد، وتقوم المؤسسة بتحديد مهامه وتسليمها للإدارة في حينها.

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رامي, le 25 déc 2008 à 13:36:10

Un jour, alors que je prendre ma chambre et a trouvé le coin de la boîte contenant Trésor vieux souvenirs, j'ai eu de ma famille depuis la micro-Ahtvdp alors que je passer par le contenu Athartne une image d'une personne. Gedi, qui a toujours été tendres avec moi

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marximus, le 22 jan 2009 à 19:32:34
  • +2

d'abord bonjour
vous allez ouvrir la page de google aprés tu regarde en haut à coté de plus il y a une fléche tu le tapperas et dans la liste un clic sur (et encore plus) 1autre page vas sortir tu cherche le mot traduire et tu auras presque tout les langes.
au revoir, et bon chance