Dire que les bits sont transmis les une à la suite des autres sur la fibre c'est faux. Enfin à moitié faux. La fibre peut-être multi-mode et supporter différentes longueurs d'ondes (comparable aux porteuses de l'ADSL). Cependant il est vrai que le segment de fibre qui arrive chez vous est mono-mode (d'abord parce que ce type de fibre est moins cher à fabriquer; ces fibres pourraient toutefois utiliser plusieurs longueurs d'onde en parallèle, mais cela n'a jamais été testé. Ceci dit, cela laisse entrevoir aussi pour l'avenir l'utilisation de plusieurs longueurs d'ondes si un jour il faut multiplier la bande passante sans tout refibrer, comme on l'a fait pour l’ADSL; le problème c'est le prix actuel des séparateurs d’ondes pour permettre ensuite la détection ou l'émission des différents lasers, sans trop perdre en puissance ni faire surchauffer et "griller" ce séparateur d'ondes (au cas où il absorberait une partie de la puissance lumineuse reçue).
La fibre multi-mode existe bel et bien, elle est utilisée sur les coûteuses liaisons très longues comme dans les câbles sous-marins qui vont d'un continent à l'autre (cependant la plus grande partie du coût du câble vient de la complexité de sa pose et le fait que le câble est soumis à des contraintes physiques énormes en raison même de son poids porté avant que le câble touche le fond, et aussi à cause des gaines de protection (car sous l’eau ces câbles sont trainés par les courants et râclent le fond, ou bien ils vont se poser sur des fonds très inégaux avec toutes sortes de roches plus ou moins coupantes. Le câble doit aussi résister à des pliures et torsions excessives. Bref, ce type de câble est tellement cher qu'il faut tout faire pour en réduire le poids, et aussi limiter au maximum les déperditions d'énergie longitudinale: le type de verre employé est d'excellente qualité, très pur, aussi parfaitement transparent que possible, et une façon de réduire le poids du câble est d'utiliser la même fibre pour transporter toute une série de longueurs d'ondes.
On trouve des fibres similaires (moins chères toutefois car elles ne nécessitent pas les mêmes protections car elles n'ont pas à subir des contraintes aussi élevées que dans les câbles sous-marins), dans les liaisons optiques interrégionales (à l'international, c'est presque toujours des câbles sous-marins, quitte à longer les côtes) mais le problème du coût est celui des infrastructures et des emprises de terrains (que ce soit par des câbles enterrés, ou parfois des câbles portés en aérien quand ils franchissent par exemple des ponts et tunnels). Pour les liaisons locales le coût n'est pas celui de la fibre elle-même mais celui des fourreaux: pour véhiculer beaucoup de fibres vers de nombreux abonnés, la solution la plus utilisée aujourd'hui consiste à multiplexer les fibres, cependant des fibres multimodes sont possibles aussi pour relier par exemple un point de collecte métropolitain à divers quartiers, où alors le signal sera démultilpexé. Si à terme on a assez de fourreaux (ce qui sera le cas si on remplace l'ancien volumineux réseau cuivre), le multiplexage sera abandonné.
Les 100 megas symétriques ne sont pas du bridage réllement mais le fruit du multiplexage (et en pratique, les abonnés du Neuf savent que la fibre à "100 mégas" (théorique) offre EXACTEMENT les mêmes débits que la fibre à "30 mégas" (c'est du pur marketing, et une vraie arnaque de payer plus chez Neuf pour le moment!), car tout bonnement le reste du réseau ne suit pas. Les abonnés de Noos-Numéricable constateront la même chose: 30 mégas de leur fibre c'est pratiquement le maximum pratique (hormis de façon transitoire pendant certaines heures creuses totalement imprévisibles).
La fibre au 100 mégas au Japon est aussi le résultat du marketing: c'est là encore théorique (cependant c'est davantage lié à la nature des services transportés: pour l'internet le bridage vient de la limitation des liens de peering et des routeurs du FAI vers les autres opérateurs et le reste du monde, pour transporter de la TV en broadcast ou multicast ou simulcast il n'y a pas vraiment de limitation pour servir tout le monde en même temps, sans que l'opérateur doive acquérir de la bande passante en amont vers les autres opérateurs.)
On n'en est pas encore là, car les opérateurs ont déjà bien du mal à donner du débit correct à tout le monde (en particulier pour l'ADSL où les réseaux de collecte et liens de peering amonts sont encore insuffisants pour avoir les débits annoncés (même si le modem se synchronise à un débit élevé).