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6.4.2 Trajets multiples
Même si les ondes électromagnétiques se propagent en ligne droite en espace libre, c’est rarement le cas dans un environnement réel, notamment urbain. Les réflexions et réfractions sur les immeubles ou tout simplement le relief entraînent des retards pour certains parcours empruntés par un signal donné. Le récepteur ne reçoit pas toute l’énergie transmise en une fois, mais en plusieurs trains successifs. Parfois également, deux chemins de même durée mais ayant subi des déphasages différents peuvent conduire à la somme sur le récepteur de deux signaux en opposition de phase, donc s’annulant. Dans un système W-CDMA, la durée d’un chip étant de 0,26 µs, si la différence de temps entre deux signaux atteignant un récepteur est supérieure à cette valeur, il sera possible d’identifier, de décoder indépendamment les deux composantes de ce signal puis de les additionner dans un récepteur à corrélation. Cette méthode est appelée diversité de trajets multiples. Ce délai minimal correspond à une différence de parcours de 78 m, ce qui rend la méthode utilisable même dans un environnement microcellulaire. Le récepteur utilisé est du type « récepteur Rake ». Il peut être mis en œuvre pour les deux sens de transmission, aussi bien dans un mobile que dans une station de base. Le récepteur Rake est un récepteur qui comprend des « doigts », éléments récepteurs individuels indépendants comprenant chacun le générateur de séquence de code et le corrélateur permettant de réaliser l’opération de désétalement sur un train de signal. Il y a un doigt par train de signal et les signaux désétalés sont ensuite traités dans un sommateur après avoir traversé des lignes à retard permettant de les remettre en phase. Sur l’entrée, un filtre adapté prélève une information sur les profils de retard pour régler les délais de déclenchement de la détection des éléments de signal entrant par les différents doigts. 6.4.3 Contrôle de puissance Comme dans tous les systèmes cellulaires, l’effet de la distance entre le mobile et l’émetteur peut induire un brouillage des mobiles les plus éloignés du centre d’une cellule par ceux qui sont proches du site d’émission-réception. Les signaux émis par ces différents mobiles avec la même puissance arrivent en effet au niveau des récepteurs avec des amplitudes très différentes. Dans un système CDMA, cet effet, du fait que ces mobiles émettent en même temps sur la même fréquence, est beaucoup plus perturbateur que dans un système analogique où il suffisait d’écarter les fréquences utilisables dans une même cellule. Le CDMA ne fonctionne de manière optimale que si les signaux reçus par une station de base sont tous à peu près de même niveau, de manière à ce que tous les codes puissent être également décodés. Il est donc nécessaire d’introduire un contrôle dynamique de puissance sur le canal montant. La solution retenue par le W-CDMA est le contrôle de puissance rapide en boucle fermée. Pour chacun des mobiles, 1 500 fois par seconde, la station de base mesure le rapport signal/interférences et compare cette mesure à une valeur cible prédéfinie. En fonction du résultat, la station demande au mobile d’augmenter ou de diminuer sa puissance d’émission. Cette méthode est également utilisée dans le sens descendant, pour s’assurer que les mobiles en limite de cellule reçoivent un niveau juste suffisant pour une bonne qualité, sans perturber les mobiles les plus proches de la station. Pour assurer une qualité constante (caractérisée par la valeur du taux d’erreur, le BER : Bit Error Rate), quelles que soient les conditions de communication, notamment quelle que soit la vitesse de déplacement du mobile, le seul contrôle de puissance en boucle fermée décrit ci-avant n’est pas optimal. En effet, si on veut qu’il soit efficace pour tous les types de mobiles, il doit traiter le pire cas, au risque de pénaliser la capacité du réseau par un paramétrage trop prudent, avec un rapport signal/interférences moyen trop élevé. Le contrôle de puissance en boucle externe a été introduit dans le système UMTS pour permettre de laisser le rapport signal/interférences cible à une valeur faible, suffisante pour les mobiles lents ou immobiles et de l’augmenter seulement pour les mobiles à grande vitesse de déplacement. Pour cela, la station de base ajoute un indicateur de qualité à chaque trame de données reçue sur le sens montant. Si cet indicateur montre que la qualité de transmission est en baisse, le réseau commande à la station de base d’augmenter la valeur du rapport signal/interférences cible. Cette fonctionnalité est commandée par le contrôleur de réseau radio (RNC) car elle doit pouvoir être assurée en permanence, même pendant un transfert intercellulaire. 6.4.4 Transfert intercellulaire Dans un réseau CDMA, il est courant que les fréquences utilisées dans des cellules consécutives soient identiques. D’une manière générale, le handover va être effectué en analysant trame par trame le signal reçu des deux cellules impliquées, et la meilleure trame sera retenue. Ainsi, progressivement, le nombre de trames traitées par la cellule d’accueil devient prépondérant devant le nombre de trames traitées par la cellule cédante. Le handover s’effectue « en douceur ». On dit qu’il s’agit d’un soft handover. Contrairement au mécanisme de handover traditionnel, tel que rencontré dans un réseau analogique ou GSM, il n’y a pas d’interruption de la communication, même de très courte durée. Softer et soft handovers Dans un système W-CDMA, on distingue le cas où le mobile reste dans la zone couverte par une station de base en changeant juste de secteur (softer handover) et le cas où il change de station de base (soft handover). Le mobile étant en communication avec une seule station de base, il utilise simultanément deux canaux radio. Dans le sens descendant, deux codes d’étalement sont activés pour que le mobile distingue les signaux issus des deux secteurs. Dans le sens montant, les signaux émis par le mobile sont reçus par les deux secteurs de la station de base et dirigés vers le même récepteur. Ils sont donc combinés au niveau de la station de base. Le mobile est cette fois dans la zone de couverture qui est commune à deux stations de base. Les communications utilisent deux canaux différents, un pour chacune des deux stations. Du côté du mobile, il n’y a pas de différence avec un softer handover. Dans le sens montant, par contre, les données sont combinées au niveau du contrôleur de réseau radio (RNC) et non plus de la station de base. Cela permet de sélectionner la meilleure trame parmi celles qui sont reçues, après chaque période d’entrelacement, toutes les 10 à 80 ms. Autres types de handovers En dehors des handovers en douceur qui viennent d’être décrits et qui sont les plus courants, on rencontre dans un système W-CDMA deux autres types de transfert intercellulaire, qu’on appelle hard handovers par opposition aux mécanismes précédents : le handover interfréquence, lorsque le mobile passe dans une cellule où les fréquences sont différentes de celles qu’il quitte ; le handover intersystème, quand le mobile change de système, par exemple pour quitter une plaque UMTS et entrer dans une plaque GSM, ou plus simplement pour passer du mode FDD au mode TDD. 6.5 Couche physique En vue de sa transmission sur le canal radio, le signal usager subit un certain nombre d’opérations destinées à le protéger et à le rendre compatible avec la structure du canal disponible. Ces opérations peuvent être résumées selon l’enchaînement suivant. Contrôle d’erreurs Le contrôle d’erreurs consiste à ajouter à chaque bloc de données un CRC (Cyclic Redundant Check) de taille variant de 0 à 24 bit. Cinq niveaux de protection (0, 8, 12, 16 et 24 bit) ont été définis, l’UTRAN choisissant le plus adéquat en fonction des attributs de qualité de service correspondants. Adaptation de débit Il est nécessaire d’adapter la taille des blocs d’informations codées aux canaux physiques, qui comportent un nombre de bits fixe par trame. Le réseau choisit un facteur d’étalement SF aussi proche que possible du débit demandé mais l’adaptation finale se fait par suppression de certains bits du bloc (opération de poinçonnage) si le débit doit être réduit ou au contraire par répétition de certains bits si la trame a besoin d’être complétée. Entrelacement Comme dans un système GSM, on lutte contre les perturbations de transmission en dégroupant les bits consécutifs, de manière à répartir les conséquences des rafales de bits erronés sur plusieurs usagers. L’entrelacement s’effectue à deux niveaux, d’abord sur le bloc de transport, c’est-à-dire juste après le codage canal, puis sur la trame radio elle-même. Le bloc de transport, dont la longueur est variable, est découpé en segments qui sont répartis sur des trames radio successives de longueur égale à 10 ms. Ces trames sont à leur tour découpées en quinze intervalles de temps qui sont répartis sur des trames radio consécutives et définitives, toujours de 10 ms chacune. L’amélioration apportée par ces phases d’entrelacement est d’autant plus grande que la longueur du bloc de transport est grande, puisque alors ce bloc sera réparti sur plus de trames qu’un bloc plus court. Par contre, le délai de transmission augmente parallèlement, ce qui crée une limite, notamment pour les signaux de classe A (conversation). Les signaux de parole en particulier ne supportent pas de retard global supérieur à 200 ms. Étalement Les trames radio entrelacées subissent l’étalement de spectre et la modulation nécessaires à leur transmission sur la voie radio, basée sur l’exemple de deux canaux multiplexés. Une fois ce multiplexage effectué et les éléments binaires 0 et 1 transformés par un code NRZ en éléments 1 ou – 1, une conversion en série parallèle est effectuée, pour préparer le brouillage complexe et la modulation. Un bit sur deux est envoyé sur une branche I, le suivant sur l’autre branche Q. Ces signaux sont ensuite multipliés chacun par la séquence de code Ci,j choisie dans l’arbre des codes. Comme il a été vu (§ 6.2.), un code de brouillage est ensuite appliqué. Il s’agit d’un brouillage complexe car l’opération effectuée est la multiplication de la séquence de données étalée (S = I + jQ) par le code (Cs = Cs1 + jCs2), opération rendue possible par la séparation de la séquence de données initiale en deux branches. Modulation La modulation qui est appliquée au signal complexe résultant des phases d’étalement est une modulation de type QPSK. La modulation QPSK (Quadrature Phase Shift Keying) appartient à la famille des modulations de phase. Elle consiste à multiplier le signal NRZ par la fréquence porteuse, ce qui a pour effet d’introduire un saut de phase de 180 à chaque transition de la séquence NRZ. L’opération étant ici effectuée séparément pour les branches I et Q, la recombinaison des deux branches donne une séquence à quatre états de phase possibles, distants de 90. 7. Planification du réseau radio Contrairement aux réseaux analogiques ou GSM, la planification du réseau radio ne revient pas, dans un réseau UMTS, à définir un motif de réutilisation de fréquences et un espacement minimum entre les fréquences d’une même cellule. En fait, le problème des fréquences radio-électriques est beaucoup plus simple à résoudre, tandis qu’apparaît celui de la planification des séquences de codage, codes OVSF et codes de brouillage. 7.1 Dimensionnement Du fait de leur mode de construction, les séquences de codage OVSF doivent être synchronisées. Il a été démontré (§ 6.2.) qu’en cas de désynchronisation, l’intercorrélation augmente au-delà des valeurs acceptables. Dans le sens descendant, il est aisé d’émettre à destination des mobiles d’une cellule des signaux synchronisés à partir du seul point d’émission qui est la station de base. Un mobile donné n’a plus qu’à compenser les trajets multiples à l’aide de son récepteur Rake. Par contre, dans le sens montant, il est impossible d’obtenir des émissions synchronisées de la part de tous les mobiles d’une cellule. Du fait de cette différence, la méthode d’allocation des codes dépend du sens de transmission : dans le sens descendant, le réseau utilise tous les codes de l’arbre des codes, sous réserve du respect des restrictions dues à la parenté entre les codes d’une même branche. Chaque cellule utilise un code de brouillage particulier, ce qui permet de différencier les cellules entre elles ; dans le sens montant, chaque mobile se voit allouer un code de brouillage différent. Par ailleurs, il peut utiliser tous les codes de l’arbre des codes. Le nombre de codes OVSF étant limité, pour pallier la pénurie qui peut apparaître dans certaines cellules, trois méthodes sont employées : on tasse les codes de manière à libérer le maximum de branches de l’arbre. Il s’agit d’une reconfiguration dynamique ; on remplace les séquences de rang i (SF = i) par des séquences de codes de rang plus élevé (SF = 2i). Cela permet de remplacer le code de rang i par ses deux séquences filles. On a doublé le nombre de codes disponibles ; on utilise dans une cellule donnée un deuxième code de brouillage. Le nombre maximal de codes de brouillage utilisables est égal à 512. Outre ce code de brouillage, dit code primaire, la planification cellulaire doit aussi répartir dans chaque cellule des codes de synchronisation secondaires. Il n’existe que 64 codes de synchronisation secondaires différents. Ce sont donc eux qui imposent un motif de réutilisation, toutefois bien moins contraignant que dans le cas de la planification de fréquences radioélectriques. 7.2 Prédiction de capacité et couverture Comme dans tout réseau cellulaire, la taille des cellules dépend soit du trafic, soit de la couverture. Dans une zone peu dense, la cellule est aussi grande que les performances de propagation radioélectrique des mobiles le permettent, alors que dans une zone très dense, c’est le nombre maximal d’usagers simultanés dans une cellule qui devient dimensionnant. La différence entre un système analogique ou GSM et un système CDMA (IS-95 ou W-CDMA) réside dans l’interaction entre la couverture et la capacité, propre au CDMA. Si le nombre de communications est élevé en bordure de cellule, dans un système CDMA, le niveau d’interférences augmente et les performances diminuent, ce qui réduit le diamètre de la cellule. Le W-CDMA est un système limité par les interférences. La réception et le décodage sans erreur d’un signal transmis sur la voie radio, quel que soit le type de système, dépendent d’un rapport signal/bruit supérieur à un certain seuil. Pour un système W-CDMA, on peut effectuer le calcul suivant [2] : Le rapport signal/bruit est donné par : Eb/N0 = énergie utile par bit/densité spectrale de bruit L’énergie utile par bit est le rapport entre la puissance reçue destinée à un usager donné P et le débit D : Eb = P/D Le bruit provient des N – 1 autres usagers. On suppose que le contrôle de puissance égalise la puissance reçue pour chaque usager à la valeur P. La puissance de bruit est donc égale à (N – 1)P, dans une bande de fréquences égale à B. La densité de bruit est donc : N0 = (N – 1)P/B Et le rapport signal/bruit devient : Eb/N0 = B/(N – 1)D qu’on peut simplifier puisque N >> 1 : Eb/N0 = B/ND On en déduit donc une approche du nombre maximal d’usagers dans une cellule donnée : N = B/(D x Eb/N0) Cette valeur correspond à un service unique, pour une qualité donnée. Par exemple, pour un service de téléphonie de haute qualité (codeur de parole au débit maximum) : Eb/N0 = 6 dB D = 12,2 kbit/s et B = 5 MHz Si on veut faire le calcul en décibels pour plus de commodité : D = 41 dB et B = 67 dB, donc B/D = 26 dB et N = 26 – 6 = 20 dB Finalement : N = 100 usagers par cellule. Dans la réalité, une estimation doit être faite des services réellement utilisés et du nombre d’abonnés activant chaque service. Le nombre total d’usagers acceptable dans la cellule sera égal à la somme des Ni usagers de chacun des i services possibles. N = S B/(Di x (Eb/N0)i ) puisque chaque service fait appel à un débit différent et nécessite un rapport signal/bruit différent. Le niveau d’interférences étant directement proportionnel au nombre d’usagers de la cellule, on voit bien que la qualité de service se dégrade progressivement en fonction de l’augmentation de ce nombre. Les usagers les plus sensibles à cette dégradation sont ceux qui se trouvent à la périphérie de la cellule. En effet, si l’on considère le sens montant, qui est généralement le plus critique, on peut augmenter le signal émis par un mobile au moyen du contrôle de puissance en boucle externe pour rattraper une baisse de qualité perçue au niveau de la station de base, mais cette correction atteint plus vite ses limites quand le mobile se trouve à la périphérie de la cellule. À cet endroit, le bilan de puissance, c’est-à-dire le résultat du calcul de la perte de propagation, indique que le mobile est contraint, dans des conditions normales, d’émettre à quasiment pleine puissance pour être reçu par la station de base avec une bonne qualité. Si le nombre d’usagers augmente, le contrôle de puissance tente de compenser la baisse de qualité constatée par une augmentation de la puissance du mobile, mais la limite possible sera rapidement atteinte et le mobile se trouvera de fait en dehors de la zone de couverture. La cellule aura diminué de surface. La planification cellulaire dans un système W-CDMA consiste donc à prendre en compte dans le calcul du bilan de puissance les marges nécessaires pour qu’un mobile ne se trouve jamais dans cette situation. Une fois le réseau en service, un mécanisme de contrôle d’admission, destiné à limiter le nombre de communications simultanées, est mis en place. Il est généralement basé sur la puissance reçue par la station de base. Un nouvel utilisateur ne sera admis que si le niveau de puissance estimé après admission reste inférieur à un certain seuil. L’augmentation estimée de la puissance due à ce nouvel arrivant dépend de nombreux facteurs tels que son bilan de puissance et le type de service qu’il prétend activer. 8. Architecture d’un réseau 8.1 Architecture globale Les éléments d’un réseau UMTS sont répartis en deux groupes : le réseau d’accès radio (RAN : Radio Access Network ou UTRAN : UMTS Terrestrial RAN) ; le réseau cœur (CN : Core Network). Entre l’utilisateur et le réseau d’accès, se trouve le terminal utilisateur (UE : User Equipment). A ce niveau, deux interfaces apparaissent : l’interface Uu, qui est l’interface air entre le terminal usager et le réseau d’accès. Il s’agit de l’interface, évidemment totalement ouverte, qui utilise la couche physique W-CDMA. l’interface Iu qui relie le réseau d’accès au réseau cœur. 8.2 Équipement d’abonné Le terminal utilisateur est composé des deux éléments suivants : le terminal mobile (ME : Mobile Equipment), qui est l’équipement électronique émetteur-récepteur et interface homme-machine. Il peut prendre des formes variées (portatif de radiotéléphonie, terminal de transmission de données ou terminal multimédia, visiophone mobile, etc.) ; la carte USIM (UMTS Subscriber Identity Module), carte à puces aux fonctionnalités très voisines de celles de la carte SIM des réseaux GSM. Elle contient l’identité de l’abonné et certaines informations relatives à cet abonnement, les algorithmes d’authentification, les clés d’authentification et de cryptage. Par ailleurs, au moins dans les premières années de déploiement de l’UMTS en Europe et dans les pays ayant adopté le GSM, tous les terminaux seront des mobiles bimodes UMTS-GSM. Comme dans les réseaux GSM, la norme UMTS a prévu plusieurs classes de puissances pour les terminaux. On a vu [E 7 364] que, pour le GSM 900 MHz, seule la classe 4 (portatif 2 W) et dans une moindre mesure la classe 2 (mobile embarqué 8 W) ont donné lieu à la commercialisation de produits, les autres classes disparaissant de fait. Il est naturellement trop tôt pour connaître le devenir des terminaux UMTS, qui se répartissent en quatre classes de puissance : classe 1 : +33 dBm (2 W de puissance maximale d’émission) ; classe 2 : +27 dBm (500 mW) ; classe 3 : +24 dBm (250 mW) ; classe 4 : +21 dBm (125 mW). La carte USIM conserve les deux formats possibles déjà définis pour le GSM (format ISO 77816-2 et « mini SIM », ce dernier ayant tendance à se généraliser). La carte USIM est utilisable dans un terminal GSM. Les données sur l’abonné qu’elle contient sont : l’identité (IMSI : International Mobile Subscriber Identity) ; le numéro d’appel (MSISDN : Mobile Station International ISDN) ; la langue préférée ; les clés de chiffrement et d’intégrité ; la liste des réseaux interdits ; les identités temporaires TMSI et P-TMSI (cette dernière pour le mode paquet) ; les identités des zones de localisation courantes du mobile. À chaque fichier correspond une condition d’accès en lecture ou en mise à jour : ALW (Always) signifie que l’information est accessible sans restriction ; PIN (Personal Identity Number) demande l’entrée d’un code personnel ; ADM (Administrator) indique que seul le fournisseur de la carte a accès à l’information ; NEV (Never) correspond à des informations inaccessibles. 8.3 Réseau d’accès Le réseau d’accès radio, est constitué d’un ou de plusieurs sous-systèmes radio (RNS : Radio Network Sub-system), qui comprennent chacun un contrôleur de réseau radio (RNC : Radio Network Controller) et des stations de base, qu’on appelle nodes B. RNC Le RNC s’interface avec le réseau cœur au travers de l’interface Iu, qui regroupe en fait deux interfaces possibles, IuCS ou IuPS selon que le réseau cœur appartient au domaine circuit ou au domaine paquet. Le RNC peut s’interfacer avec un node B au travers de l’interface Iub. Il est alors appelé RNC contrôleur (CRNC : Controlling RNC). Il est responsable du contrôle de charge et du contrôle de la congestion des cellules correspondant à ces nodes B. Un mobile peut utiliser simultanément les ressources de plusieurs RNC, par exemple au cours d’un handover. On distingue alors deux types de RNC : le Serving RNC (SRNC), qui gère l’interface du mobile avec le réseau cœur et la signalisation associée ainsi que les décisions de handover ou de contrôle de puissance. Un mobile ne peut avoir qu’un seul SRNC ; le Drift RNC (DRNC) qui est un RNC différent du SRNC, gérant d’autres cellules, extérieures au SRNC, également utilisées par le mobile. Le DRNC transfère les données de manière transparente entre le mobile et le SRNC. Un même mobile peut aussi bien ne pas avoir de DRNC qu’en avoir plusieurs au même moment. Node B Le node B gère la couche physique de l’interface air (§ 6.5.), c’est-à-dire le codage du canal, l’entrelacement, l’adaptation de débit et l’étalement. Il gère aussi le contrôle de puissance en boucle fermée. C’est l’équivalent de la station de base des réseaux GSM ou analogiques. 8.4 Réseau cœur Dans la version 99 de la norme UMTS, le réseau cœur s’apparente par de nombreux points au sous-système réseau du réseau GSM. Ainsi, pour les services en mode circuit, on retrouve les équipements MSC et VLR, pour les services en mode paquet, les SGSN et GGSN. Toutefois, le formalisme d’identification des modes circuit et paquet a été renforcé par la création de domaines de services : le domaine circuit (CS : Circuit Switched domain) ; le domaine paquet (PS : Packet Switched domain). Les éléments constitutifs du réseau cœur sont répartis en trois catégories : Éléments du domaine CS : MSC, VLR, GMSC ; Éléments du domaine PS : SGSN, GGSN ; Éléments communs : HLR, EIR, AuC. Comme dans un réseau GSM, un mobile est capable de communiquer simultanément sur les deux domaines CS et PS. Il est également possible d’intégrer les deux domaines CS et PS dans un même réseau cœur, ce qui facilite l’exécution de certaines procédures comme la mise à jour des zones de localisation. L’élément du réseau cœur qui regroupe les fonctions de MSC/VLR et de SGSN est appelé UMSC (UMTS MSC). Par rapport aux réseaux GSM, certaines fonctions ont été déplacées du réseau cœur vers le réseau d’accès, de manière à améliorer l’indépendance de ces deux sous-réseaux. A contrario, le transcodage de la parole est maintenant situé dans le réseau cœur, ce qui revient à entériner une pratique répandue depuis le déploiement des premiers réseaux GSM consistant à localiser physiquement les transcodeurs auprès des MSC pour diviser par quatre les coûts de transmission entre le sous-système réseau et les stations de base. 8.5 Interfaces ouvertes La norme GSM prévoyait un certain nombre d’interfaces ouvertes entre les éléments de réseau afin de permettre une plus grande concurrence entre les fournisseurs et l’accès au marché de fournisseurs très spécialisés, par exemple en radiocommunications ou en commutation. En fait, en dehors de l’interface air, naturellement ouverte, seule l’interface A entre sous-système réseau et sous-système radio a vraiment fait l’objet d’une normalisation suffisamment précise pour permettre une interconnexion facile entre équipements de constructeurs différents. L’interface Abis, entre BSC et BTS, est restée propre à chaque fournisseur de sous-systèmes radio. La même problématique se pose avec l’UMTS et même si le nombre d’interfaces ouvertes est important, même si le 3GPP a sans doute prêté plus d’attention à l’implantation des différentes fonctions, il est trop tôt pour prédire l’avenir de toutes les interfaces. Il y en a au moins deux qui seront ouvertes, ce sont l’interface air (Uu) et l’interface entre le réseau cœur et le réseau d’accès (Iu). On trouve dans un réseau UMTS, en plus des interfaces équivalentes aux interfaces A et Abis que sont Iu et Iub, une interface interne au réseau d’accès radio, entre RNC, qui est l’interface Iur. Chacune de ces interfaces supporte des protocoles d’application (AP Application Protocol) pour les échanges de signalisation et des protocoles de trame (FP Frame Protocol) pour les échanges de données de l’usager. Interface Iu L’interface Iu, qui relie le réseau d’accès radio au réseau cœur, peut être de deux types, IuCS pour le domaine circuit ou IuPS pour le domaine paquet, ce qui permet de choisir des technologies de transport différentes en fonction du domaine. La couche physique est identique entre les deux types d’interface et peut être tout lien de transmission capable de supporter un transport ATM, telle qu’un lien STM1 ou E1 porté par un câble ou un faisceau hertzien. Le support de signalisation s’appuie pour les deux types d’interfaces sur des couches protocolaires Sémaphore n 7 ou, pour le seul domaine paquet, sur des couches IP. Le protocole de contrôle de signalisation de l’interface Iu qui contient les informations de contrôle de la couche radio est le protocole RANAP (Radio Access Network Application Part). Les différentes fonctions RANAP sont les suivantes : relocalisation : gère le déplacement des fonctions SRNS d’un RNS à un autre ou le hard handover inter-RNS ; gestion des supports d’accès radio (RAB : Radio Access Bearer) : initialisation, modification ou suppression d’un support d’accès radio existant ; libération de l’interface Iu, pour toutes les ressources, trafic et signalisation, pour un utilisateur donné ; remontée d’événements pour informer le réseau cœur de l’échec de transmission de données ; gestion d’un identifiant commun de l’usager aux fins de paging ; paging, c’est-à-dire recherche d’un mobile sur appel entrant ; localisation, enregistrement de l’activité d’un mobile donné aux fins de maintenance ; transfert de signalisation, de manière transparente entre le réseau cœur et le mobile ; contrôle d’intégrité et de chiffrement ; contrôle de charge ; reset, ou réinitialisation de la connexion du côté réseau cœur ou du côté UTRAN ; rapport sur la localisation du mobile. Interface Iub Un node B est composé d’un port commun de contrôle et d’un ensemble de points de terminaison de trafic, chacun de ces points étant contrôlé par un port dédié de contrôle. Il n’y a aucune relation entre les points de terminaison de trafic et les cellules. La signalisation sur l’interface Iub, appelée NBAP (Node B Application Part) est composée de deux parties, Common NBAP et Dedicated NBAP. La composante Common NBAP (C-NBAP) correspond à la signalisation qui n’est pas relative à une session d’un terminal donné, comme par exemple l’établissement du premier lien d’un terminal, la configuration d’une cellule, l’initialisation et la remontée des mesures spécifiques à une cellule. Une fois établi le premier lien entre un terminal et le réseau, le node B assigne un point de terminaison de trafic à ce terminal pour la durée de la connexion. Les échanges suivants se font alors grâce aux procédures de la composante Dedicated NBAP (D-NBAP). Il s’agit en particulier de la reconfiguration des liens radio relatifs à ce terminal, du support des canaux dédiés, de la combinaison des données pendant un soft handover, de la remontée des mesures ou de la gestion des alarmes. Erreur! Signet non défini.Interface Iur Cette interface, créée pour supporter le mécanisme de soft handover inter-RNC, supporte également : la gestion de la mobilité inter-RNC ; le canal dédié de trafic ; le canal commun de trafic ; la gestion globale des ressources. Le protocole RNSAP (Radio Network System Application Part) de l’interface Iur est découpé en quatre modules correspondant à ces quatre fonctions et qui peuvent être implantés séparément au gré de la volonté de l’opérateur. 9. Modèle des protocoles Le modèle des protocoles des interfaces UTRAN. Les couches et les plans sont indépendants d’un point de vue logique, ce qui préserve les possibilités d’évolution future. 9.1 Couches horizontales Le modèle comporte deux couches : une couche radio et une couche transport. La couche transport correspond à la technologie de transport retenue, qui n’est nullement spécifique à l’UMTS. La couche radio supporte tous les aspects propres à l’UTRAN. 9.2 Plans verticaux Le modèle comprend trois plans verticaux principaux : les deux plans de contrôle – plan de contrôle du réseau de transport et plan utilisateur – et un plan vertical intégré dans le plan utilisateur, dénommé plan utilisateur du réseau de transport. Plan de contrôle Utilisé pour la signalisation de contrôle spécifique à l’UMTS, il comprend les protocoles applicatifs qui ont été décrits dans les différentes interfaces, comme RANAP pour l’interface Iu, RNSAP pour Iur, NBAP pour Iub. Plan de contrôle du réseau de transport Ce plan regroupe toute la signalisation de contrôle au niveau de la couche transport. Il se situe entre le plan de contrôle et le plan utilisateur afin d’assurer l’indépendance du protocole AP par rapport à la technologie de transport utilisée. Il comporte entre autres la couche ALCAP (Access Link Control AP) qui permet l’établissement des chemins de transmission du plan usager. Plan utilisateur Le plan utilisateur transporte toutes les données reçues et émises par l’usager du réseau, voix, images ou données informatiques. Il comprend un sous-ensemble appelé plan utilisateur du réseau de transport. Plan utilisateur du réseau de transport Le plan utilisateur du réseau de transport supporte les données de l’utilisateur, sous contrôle du plan de contrôle du réseau de transport. 10. Canaux de transport Les données sont transmises sur l’interface air par des canaux de transport qui s’appuient sur des canaux physiques. Cette couche physique supporte différents débits qui peuvent varier au cours d’une session utilisateur afin d’offrir à celui-ci un service de bande à la demande et la possibilité de multiplexer plusieurs applications simultanées. Les canaux du réseau d’accès utilisent une trame radio de 10 ms, chaque trame étant elle-même composée de quinze intervalles de temps. Chaque intervalle de temps contient 2 560 éléments de codes. La plus longue période de temps, nécessaire lorsque certaines procédures (paging, établissement d’une connexion) dépassent la durée d’une trame, est appelée période de système de trame. La durée de cette trame système est donnée par un indicateur spécifique SFN (System Frame Number). Il existe deux types de canaux de transport, les canaux dédiés et les canaux communs. Un canal commun est partagé entre plusieurs utilisateurs d’une même cellule alors qu’un canal dédié est propre à un utilisateur donné. 10.1 Canal de transport dédié Il existe un seul canal de transport dédié, le DCH (Dedicated Channel), qui véhicule toutes les informations destinées à un utilisateur, données correspondant au service en cours et informations de contrôle de la liaison. Le débit sur le canal de transport varie trame par trame. Cela diffère du GSM où les données de l’utilisateur sont transportées sur un canal de trafic (TCH), lui-même différent selon qu’il a à transporter la voix ou des données informatiques. 10.2 Canaux de transport communs Broadcast Channel Le canal de diffusion (BCH) est utilisé pour transmettre des informations au réseau d’accès ou à une cellule particulière. Il doit être décodé par tous les mobiles, ce qui impose à la fois une puissance d’émission élevée et un débit faible, aligné sur celui des mobiles les moins performants. Parmi les informations les plus couramment transmises, on trouve la liste des séquences de codage autorisées, les intervalles de temps disponibles, etc. Forward Access Channel Le canal d’accès avancé (FACH) transporte des informations de contrôle destinées aux terminaux d’une cellule donnée, ainsi qu’éventuellement des données utilisateur en mode paquet. Il peut y avoir plus d’un canal FACH par cellule. Dans ce cas, le premier est adapté à l’ensemble des terminaux, les suivants pouvant avoir des débits plus élevés. Paging Channel Le canal de messagerie (PCH) transporte les informations nécessaires à la recherche d’un terminal par le réseau pour l’établissement d’un appel entrant. Il est transmis dans toutes les cellules d’une zone de localisation. Random Access Channel Le canal d’accès aléatoire (RACH) est un canal montant, c’est-à-dire émis par le mobile pour transporter les informations de demande d’établissement d’une connexion. Comme le canal dédié, il a un débit limité pour pouvoir être reçu par le réseau quelle que soit la localisation du mobile émetteur. Il peut être utilisé pour transmettre une ou deux trames consécutives de paquets, mais au-delà, il est nécessaire d’utiliser le CPCH, faute de mécanismes de protection suffisants. Common Packet Channel Le canal commun de paquets (CPCH) est une extension du RACH pour transmettre des paquets sur le sens montant dans de bonnes conditions de qualité. Contrairement au RACH, le CPCH utilise le contrôle de puissance et un mécanisme de détection de collision des paquets. Downlink Shared Channel Le canal descendant partagé (DSCH) permet de transporter des informations utilisateur ou des informations de contrôle dédiées. Il peut être partagé entre plusieurs utilisateurs. Contrairement au FACH, dont il se rapproche par le contenu, le DSCH met en jeu le contrôle dynamique de puissance, un débit variable d’une trame à l’autre et peut ne pas être reçu dans toute la cellule. Le canal DSCH est toujours associé à un canal DCH descendant. Canaux indispensables Outre le canal dédié DCH, seuls l |