| Je suis peut-être malchanceux en la matière, mais rien en France ne m’horripile plus que les opérateurs de téléphonie ou d’Internet. Pour avoir vécu à l’étranger, je sais combien ceux-ci sont particulièrement injustes dans notre contrée, alors que le service offert est souvent défectueux. S’il est une chose qui a de quoi se faire arracher les cheveux de millions de Français, c’est bien cela !
En Russie, où j’ai eu le plaisir d’expérimenter les méthodes en matière de téléphone portable, pas de problème : on achète le nombre d’unités que l’on souhaite, et on les consomme lorsqu’on le désire ! Pas de minimum exorbitant, pas de limite dans le temps, pas de pression, on ne pousse pas à la consommation. Un système juste, honnête… normal, quoi !
Je me souviens également que nous avions pris un abonnement Internet pour trois mois, financièrement avantageux. Une personne (en chair et en os, oui, oui, ça existe !) est venue nous en faire l’installation à domicile. Malheureusement, au bout d’un mois, nous décidions de déménager. Je me suis dit, raisonnant en bon Français, « Zut, on va perde deux mois ! »
« Pas du tout ! » me rétorque mon épouse. « On n’a qu’à aller leur demander de nous rembourser les deux mois non consommés ! »
Ce que nous avons fait. Pas une seconde d’hésitation : une minute après la requête, le solde en liquide nous était remis en main propre. Juste, honnête. Normal. Humain.
En France, c’est bien entendu une tout autre histoire…
Une douloureuse expérience
J’ai vraiment des doutes sur le fait que nous vivions vraiment dans une démocratie. En revenant de Russie (c’était le mois d’août), mon épouse et moi nous laissions tenter par une offre (exorbitante, pourtant) de téléphone illimité et d’Internet. Le boîtier Internet n’arrivera jamais à domicile. Je vais donc en chercher un autre dans une agence.
La ligne Internet fonctionne en septembre. Mais au bout de deux mois, ma ligne fixe est soudainement coupée, sans préavis, au profit de la ligne illimitée (alors que j’avais bien précisé que je désirais la garder). Incapable de trouver une solution après deux heures cumulées de conversations téléphoniques sur la hotline de la compagnie (à 34 centimes la minute), je me rends furieux dans l’agence, qui malheureusement me dit qu’elle « ne peut rien faire ». On m’invite à contacter l’opérateur depuis l’agence, aux frais de celle-ci.
J’appelle donc. Une hôtesse quelque peu agressive au téléphone se met à me tutoyer sans raison, refuse ma requête de conserver ma ligne fixe, et me somme de me passer quelqu’un de l’agence. Ce que je fais : une aimable vendeuse prend le combiné, explique mon cas et… se fait raccrocher au nez ! La vendeuse m’explique que la représentante de l’opérateur refuse catégoriquement ma requête, qu’il est « trop tard pour revenir en arrière », que « c’est comme ça ! » Outrée autant que moi, la vendeuse m’encourage même à résilier !
Problème, il est impossible de résilier : le contrat est prévu pour un an. Nous décidons donc de garder l’offre. Mal nous en prend : le père de mon épouse, qui tente de l’appeler de Moscou, ne parviendra pas, en quatre mois, à établir la communication sur cette ligne. La veille de Noël, alors que son père était présent en France avec ma femme à la maison, je tente de les appeler pour leur dire que je serai un peu en retard, car j’ai décidé d’acheter un nouveau cadeau. Trois tentatives n’y feront rien, le téléphone sonne occupé. En rentrant, je demande : « Mais à qui téléphoniez-vous ? Impossible de vous joindre, ça sonne toujours occupé ! »
« A personne ! » m’assurent-ils. « Le téléphone n’a même pas sonné ! »
Excédés, nous décidons de tout résilier pour défaut de service le 29 décembre et rendons tout le matériel. Un homme nous réexplique qu’il est impossible de résilier. Devant notre insistance, il nous dit pour sa défense qu’il n’est qu’« un simple vendeur » et que ce n’est pas son rôle de nous aider (!) Il ajoute que si nous haussons le ton, il va appeler la police ! Nous quittons donc le magasin, écoeurés.
Comme la ligne est défectueuse, j’écris donc à l’opérateur une lettre recommandée avec accusé de réception pour expliquer mon geste et demander la résiliation de la ligne. Les semaines passent. En agence, où je me rends régulièrement, on me prie d’attendre une réponse à ma lettre. Impossible d’avoir ne serait-ce qu’une nouvelle ligne de téléphone, ni avec eux ni avec un autre opérateur, tant qu’on ne m’a pas répondu et que le problème n’est pas résolu ! Incroyable…
Pas de réponse au bout d’un mois et demi : le 16 février, j’écris donc une seconde lettre recommandée. Au bout d’un mois, toujours pas de réponse ! Cela fait deux mois et demie que nous n’avons plus le téléphone : le préjudice moral est grand. Mon épouse le vit très mal.
Le 16 mars, je tombe sur un vendeur sympathique qui réussit à nous ouvrir une nouvelle ligne fixe. Compréhensif, il essaie de transférer mon offre vers une autre, me fournit à nouveau du matériel… sans succès ! Impossible de faire fonctionner Internet ! L’un de ses collègues, une semaine plus tard, m’expliquera qu’il faut à nouveau tout rendre, car « cela ne fonctionnera pas » car « ce genre de transfert est impossible, de toute façon. » !
Entre temps, alors que j’attends toujours une réponse à mes deux recommandés, je reçois une facture de mon opérateur me demandant la modique somme de 79 euros pour la période où… je n’avais plus ni téléphone ni Internet ! J’écris donc une troisième lettre détaillée, adressée à la directrice de la relation clients, la priant poliment mais fermement de me résilier de façon définitive pour défaut de service. J’attends toujours la réponse…
La semaine suivante (28 mars), je me rends à nouveau à l’agence. Tout semble réglé : un vendeur, en vérifiant sur son ordinateur, m’assure que je suis définitivement résilié de mon opérateur, et surtout que je n’aurai pas à payer le dédit. Pour la première fois, je jubile… tout en restant prudent !
Et pour cause : le 31 mars (après donc un peu plus de trois mois !), je reçois une réponse à mon premier recommandé, en m’expliquant bien sûr que ma requête est impossible ! Dans le doute, j’attends un peu. Mais le 14 avril, je reçois un avis de prélèvement, cette fois de 89 euros, toujours pour la période où nous n’avions plus rien (ni Internet, ni téléphone illimité) ! On me prélève effectivement cette somme.
Ce sont les vacances, je laisse passer un peu de temps. Le 26 avril, je me rends dans l’agence pour obtenir quelques explications : on me passe un combiné téléphonique afin d’appeler l’opérateur : une personne très excitée au bout du fil me dit que « tout va bien », que je suis toujours inscrit sous mon premier numéro fixe (qui n’existe pourtant plus depuis mi-octobre !), et que je vais tout naturellement avoir à payer jusqu’en août prochain ! Rappelons que nous n’avons plus ni Internet ni téléphone illimité, et surtout qu’on ne peut même pas nous fournir du matériel pour les avoir, car de toute façon « cela ne fonctionnerait plus » (car nous avons changé de numéro de téléphone entre temps) ! Je suis plus furieux que jamais : j’ai l’impression de vivre dans la plus sombre des dictatures.
Seul point positif : la dame excitée au téléphone m’assure que nos 89 euros vont nous êtres remboursés, ce qui est effectivement fait environ une semaine plus tard. Mais le 18 mai, nouveau coup de poignard ! On nous prélève cette fois 61 euros, sans explication. A l’agence, on nous dirige naturellement vers le téléphone afin de « régler » le problème mais, après s’être fait baladé d’un service à un autre, la communication est interrompue. L’agence me fournit un autre numéro de téléphone… qui finalement sonne toujours occupé !
Le 31 mai, je rappelle à ce numéro, et redemande la résiliation du contrat, ainsi bien sûr que le remboursement des 61 euros prélevés sans raison. On me demande de rappeler quatre jours plus tard pour que je sache si l’opérateur accepte finalement ma requête. Mais quatre jours plus tard, on ne sait pas quoi me répondre. Je rappelle le 9 juin et, ô miracle, on m’annonce que notre ligne a été officiellement résiliée le 4 juin ! Pas de remboursement en vue cependant.
Le 13 juin, l’impitoyable main de l’opérateur de téléphone et d’Internet nous assène un nouveau coup de poignard : on nous prélève cette fois la somme de 40 euros. La lettre officielle de la résiliation du 4 juin que nous recevons le jour même apparaît comme une mauvaise blague au goût amer.
Pas d’appel le 18 juin mais une nouvelle lettre de l’opérateur qui nous envoie… un avoir de 40 euros sur la prochaine facture ! Alors que nous ne sommes officiellement plus chez eux ! Dépité, je jette la lettre sur mon bureau et tente d’occuper mon esprit par des sujets plus agréables. Je préfère attendre pour voir. Mais rien ne se passe.
Je rappelle donc l’opérateur le 16 juillet afin de le sommer poliment de nous rembourser les 101 euros qu’il nous doit. La personne au téléphone m’assure que cela sera fait dans le courant du mois. Le même jour, nous recevons… une nouvelle facture ! Certes, rien à payer cette fois, l’avoir entrant en compte. Mais comment peut-on recevoir une facture alors que l’opérateur nous a officiellement résiliés un mois et demie plus tôt ?
En tout, un an de galère et de stress, dont deux mois et demie sans téléphone, sept mois sans Internet, et des dizaines de coups de fils payants ou de visites infructueuses en agence ! Comparez avec la Russie du XXIe siècle ou l’on vous rembourse comptant les mois inutilisés dans la journée, et où vous pouvez vous réabonner à un concurrent et profiter à nouveau de l’Internet, toujours dans la même journée. Vous comprendrez qu’en France, nous avons de très peu évité de sombrer dans la folie.
Un autre tentative
E
t si cela s’était arrêté là ! Entre temps, le 21 juin, afin de bien commencer notre deuxième été en France, nous décidons de nous abonner à nouveau à Internet. Nous nous rendons dans une nouvelle agence, qui travaille avec d’autres opérateurs de téléphonie et d’Internet, où nous sommes bien reçus. Nous expliquons que nous voulons un simple modem, sans téléphone illimité (finie la prise de risque, nous disons-nous). On nous explique qu’un seul opérateur est à même de nous fournir ce service.
Seul hic, le magasin n’a pas ce modem en magasin. On nous explique que la France est en retard par rapport aux autre pays, que l’ensemble du territoire n’est pas encore équipé en haut débit, et qu’au nom de « l’égalité », nous recevrons le modem par la poste… sous deux ou trois semaines !
Nous sommes évidemment surpris du délai, puisqu’à l’étranger, on peut s’abonner et être connecté dans la même journée (ce qui paraît être la moindre des choses à notre époque). De plus, deux ou trois semaines, simplement pour envoyer un colis, cela paraît long ! Mais bon, nous n’avons pas le choix si nous voulons avoir Internet et juste Internet. Nous signons donc le contrat.
De natures optimistes, nous nous disons que nous recevrons peut-être le modem au bout de dix jours. Mais au bout de trois interminables semaines, rien, toujours rien !
Nous nous rendons donc furieux à l’agence, avec un sentiment de déjà-vécu quelque peu stressant, et là, la vendeuse ne comprend pas pourquoi nous n’ayons rien reçu. Elle appelle donc l’opérateur devant nous, et la jeune dame au bout du fil lui affirme… qu’aucun contrat n’a jamais été signé ! La vendeuse, évidemment, proteste et affirme que tout a été fait en bonne et due forme sur le site Internet de l’opérateur, et demande à l’opérateur de faire un geste commercial envers le client lésé (nous). La jeune dame refuse (!), nous demande de faire un courrier de réclamation si nous ne sommes pas contents, et va jusqu’à demander à la vendeuse que le client paye à nouveau afin de recevoir le modem sous trois nouvelles semaines !
La vendeuse prend notre défense, mais la communication est coupée ! Nouvel appel, nouvelle tentative infructeuse. En tout, une heure et quart s’écoule sans le moindre résultat. A la fin, la vendeuse nous assure qu’elle va « régler le problème avec son patron ».
Le lendemain et le surlendemain, nous passons à l’agence pour savoir s’il y a eu un résultat, mais rien pour l’instant. Trois jours plus tard, j’appelle le magasin : toujours rien ! La vendeuse me dit au téléphone que « le commercial a été prévenu, mais il n’a pas donné de réponse ».
Une fois encore, le fait que nous ne soyons à présent par encore enfermés dans un asile d’aliéné tient à notre moral d’acier. Bien d’autres que nous, nous en avons la certitude, n’ont vraisemblablement pas résisté. Répondre à jaguar2007 | 103 miloutte, le 26 jun 2008 à 20:49:34Reponse à jaguar2007 du 28 juillet 2007
vous ne connaissez donc pas le blocage bancaire de prélèvement automatique... c'est pourtant une évidence dans ce genre de situation et ca évite de se faire prélever et de se plaindre après. Répondre à miloutte | 133 kat957, le 5 déc 2008 à 14:11:10Il faut aussi savoir que vous n'êtes pas obligé d'accepter le prélèvement automatique on n'a pas le droit de vous l'imposer....!!! qu'on se le dise !!! Il y a d'autres formules... mais il faut batailler un peu ... Bon courage à tous !!! Le service n'est plus ce qu'il était et on n'a pas vu le pire je pense.... Heureusement qu'il y a les associations de consommateurs mais jusqu'à quand ??? Répondre à kat957 |
| 154 Louis OLOA, le 27 fév 2009 à 19:26:46En fait cet article mytho c'est de la pub cachée pour les avantages du blocage de prélèvement automatique, parce que toutes les galères que vous avez vécues me semblent tellement normales dans un pays où rares sont les humains et les professionnels!!!! bon je déconne mais ça nous fatigue tous ces systèmes mais existe-t-il de vraies alternatives de valeur? courage à vous Répondre à Louis OLOA |
| 170 STEF, le 22 jui 2009 à 22:16:02Je ne peux meme pas croire ni lire votre reponse..... c'est indigne!!!!!!! Répondre à STEF |
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| 114 Balooblues, le 4 sep 2008 à 02:07:43Je ne sais de quels opérateurs vous parlez, mais j'en ai testé trois (les trois, en fait) il n'y en pas un pour sauver l'autre. On ne peut continuer comme çà, et c'est au niveau politique de régler ce problème : je suis en train de devenir cinglé... Adieu le service public, bonjour l'anarchie, le tout fric, et le vol organisé... Mais pour ce qui est de résilier, il faut le faire de force : un RAR, et immédiatement, une opposition aux prélèvements bancaires. Dans la lettre de résiliation, précisez que vous retirez l'autorisation de prélèvement . A partir de là, tout prélèvement de la part de l'opérateur devient illégal, car on ne peut , sauf décision de justice, prélever de l'argent sur votre compte sans votre accord. Et pour avoir une décision de justice.... y a du boulot ( faire bien entendu opposition aux diverses sommations et commandements de payer, systématiquement, car des délais de 1 à 2 mois existent selon les procédures. faire opposition annule la démarche et oblige le demandeur à poursuivre en justice...où, si le service n'est pas fourni, il perd, bien entendu, donc, il n'y va pas... )
Les lobbyes de la téléphonie sont puissants, et nos politiques à leurs bottes...triste. Répondre à Balooblues |
| 165 plusloin, le 24 mai 2009 à 01:34:47Courrage, j'ai au final été remboursé non sans mal ...
J'ai vécu un peu la même galère avec orange et france télécom, deux déménagements successifs espacés de 7 mois avec pour les deux des défaillances du même ordre : création de doublon (2 comptes donc 2 factures) défaut de ligne (après le deuxième cela a pris 6 à 7 semaines). De la création de doublon, s'en est suivi, après résiliation du compte en trop la demande de la livebox (impossible car ce n'était qu'un déménagement, sans livraison de livebox) puis facturation de la livebox à 100 €.
J'avais bloqué les prélèvements automatiques, et ne payait que ce que je leur devais (il y avait la TV orange avec les abonnements que je n'avais pas demandé - repport du décodeur orange) Ils continuaient à facturer des services non demandé. ... Ils m'ont mis en service restreint puis coupé la ligne sans aucun préavis alors que j'avais une personne agée nécessitant une télésurveillance.
Après plusieurs lettres simples, lettres recommandés (5 dont 3 pour france télécom) demeurés sans réponse, après avoir rencontré le responsable de l'agence 1 fois pour que les services soient établis (intervention d'un technicien (pas de tonalité), lui avoir dit la honte pour eux que de ne pas répondre aux lettres en recommandé, avoir précisé la nessité d'avoir une ligne fixe pour cause de télésurveillance (personne âgée à domicile), après une deuxième entrevue avec le responsable, cette fois pour les factures (je payais que ce qui était consommé, à savoir : abonnement + consommation mais pas les frais de retard, ni les théma ciné de TV orange que je n'avais pas demandé). J'ai dû menacé que je porterais plainte lundi (on était samedi);
j'ai reçu un appel le mercredi me demandant de rappeler un numéro,
Au final, c'était pour me rembourser, ils m'ont remboursé effectivement sur la facture du fixe j'ai un avoir qui me couvre environ dix mois d'abonnement ... non sans mal, j'ai cru devenir fou avec eux. Répondre à plusloin |
| 169 STEF, le 22 jui 2009 à 22:14:20Je suis de tout coeur avec vous!!!!!!
pour des raisons completement differentes mais neanmoins aussi incoherentes je viens de deposer plainte contre orange????? quelle galere mais je ne m 'arreterais pas la .... j'irais jusqu'au bout ce qu'ils font de nous me semble tout a fait illégitime, nous ne sommes bons qu'a payer nos factures..... Répondre à STEF |
| 175 sevilay, le 18 aoû 2009 à 12:41:34Cher Monsieur,
Je compatis totalement à la lecture de vos malheurs. Mais sachez pourtant qu'il y a un moyen très simple de faire cesser les prélèvements sur votre compte bancaire: tout simplement en faisant opposition, ceci en vous présentant à un guichet de votre banque. Vous dénoncez tout simplement l'ordre de prélèvement automatique qui donne accès à votre compte bancaire. J'ai fait cela à deux reprises, cela m'a coûté 8 euros et plus aucun prélèvement n'a été effectué par ces fournisseurs de service peu respectueux de leurs engagements. Alors, elle est pas belle, la vie?
Bonne chance!
Sevilay Répondre à sevilay |
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