Passer au logiciel libre dans l’entreprise : précautions et étapes

Octobre 2017

Les logiciels libres trouvent peu à peu leur place en entreprise. Ils présentent en effet certains avantages pour les professionnels : pas de coût de licence, moins de contraintes et une bonne flexibilité.

Avant de passer certaines activités de son entreprise sur logiciel libre, quelques précautions s’imposent quand même. Elles permettent d’éviter les mauvaises surprises et de bien réussir sa transition.



Mieux comprendre le logiciel libre

Quand on parle de logiciel libre, il s’agit d’un logiciel qui peut être utilisé, modifié et distribué librement. L’accès à son code source soit doit être garanti. Un logiciel libre est donc open-source, mais un logiciel open-source n’est pas toujours un logiciel libre !


Selon la Free Software Foundation (FSF), pour être considéré comme « libre », un logiciel doit garantir 4 libertés. « On appelle cela un logiciel libre parce que l’utilisateur est libre », précise la FSF sur son site internet :
  • exécuter le programme pour tous usages,
  • étudier le fonctionner du programme et de l’adapter à ses besoins,
  • distribuer des copies du logiciel,
  • améliorer le programme et de publier ses améliorations.


Le logiciel libre n’est pas toujours un logiciel gratuit. Il peut être payant mais, au contraire d’un logiciel commercial dit « fermé », le code source reste accessible à tous et il n’y a pas de frais d’achat de licence ou de mises à jour.

Parmi les logiciels libres les plus connus, on trouve des supports tels que Mozilla Firefox, le lecteur VLC ou encore OpenOffice.org. Sans forcément le savoir, nombre d’internautes ont donc déjà utilisé un logiciel libre.

D’autant plus que des entreprises jusque là spécialistes du logiciel commercial fermé se tournent aussi vers l’open source : c’est le cas de Microsoft par exemple, qui développe désormais ses solutions libres en parallèle avec ses logiciels commerciaux. Selon le CNLL (Conseil national du logiciel libre en France), le marché de l’emploi dans le secteur des logiciels et de l’open source devrait augmenter de 25 % en 2017 (startups, éditeurs de logiciels, sociétés de services et cabinets de conseil). Entre 2015 et 2016, le CNLL a relevé une croissance de 15 % du chiffre d’affaire des entreprises du secteur.

Le logiciel libre en entreprise : avantages et limites

Certaines particularités des logiciels libres séduisent de plus en plus de professionnels, indépendants ou entreprises. Et notamment l’aspect économique : puisqu’il ne nécessite pas d’achat de licence, le logiciel libre peut être moins coûteux pour l’entreprise.
  • Pas de frais d’achat de licence,
  • Indépendance vis-à-vis des éditeurs de logiciels payants (pas d’abonnement, pas de frais de mises à jour, pas d’engagement et pas de remplacement en urgence si l’éditeur met fin à son activité),
  • De plus en plus de références de logiciels libres dans tous les domaines (comptabilité, gestion de fichier client, gestion de contenu, bureautique, travail collaboratif…),
  • Meilleure adaptabilité aux besoins de l’entreprise : possibilité d’améliorer le logiciel ou ajouter de nouvelles fonctionnalités,
  • Réactivité de la communauté des développeurs autour d’un logiciel, pour l’améliorer, corriger des failles ou actualiser certains points,
  • Echanges possibles avec une communauté d’utilisateurs et de développeurs.


Certaines limites doivent néanmoins être considérées. Il faut notamment prendre en compte le coût humain d’un changement de logiciel : passer la comptabilité de son entreprise ou la gestion de son fichier clients va demander un temps d’adaptation et un coût humain.

Il est également recommandé de prendre en compte la compatibilité d’un nouveau logiciel avec les autres logiciels ou systèmes d’exploitation utilisés dans l’entreprise. L’économie d’un seul logiciel libre n’est plus forcément une économie quand elle requiert de nouveaux logiciels pour assurer une interopérabilité !

Des précautions pour réussir la transition

Les logiciels libres sont une bonne réponse au défi de la transformation digitale des entreprises. Ils peuvent mieux s’adapter à des besoins spécifiques à un coût moindre, et proposent des alternatives intéressantes pour le cloud computing, le travail collaboratif ou la gestion de données. Des besoins particulièrement actuels pour les TPE et les PME aussi !

Pour bien réussir cette transition, les besoins et les moyens de l’entreprise doivent être clairement définis. Quels sont les logiciels actuellement utilisés par les collaborateurs, et quelle est leur compatibilité les uns avec les autres ? Quels sont les moyens humains et techniques dont dispose l’entreprise pour adapter le logiciel à ses besoins réels ? Quels sont les besoins en termes de formation, et comment assurer ces formations ? Comment la communauté de contributeurs qui gravitent autour du logiciel peut être sollicitée ?

Les étapes

  • Déterminer l’objectif de l’entreprise (par exemple, « mettre en place une gestion informatisée de la base de données »),
  • Etablir les besoins de l’entreprise par rapport à cet objectif,
  • Recenser les moyens humains et techniques qui seront nécessaire à l’adoption d’un nouveau logiciel,
  • Recenser les difficultés de mise en place (un besoin de formation, un manque de technicien…) et les besoins particuliers en termes de sécurisation ou de stockage des données par exemple.


Le logiciel libre pourra être choisi en fonction de ses fonctionnalités, mais aussi en fonction de la disponibilité de la communauté et des améliorations possibles. Une entreprise qui choisit Wordpress comme système de gestion de contenu pour un nouveau site internet peut ainsi s’attendre à devoir former ses collaborateurs en interne, mais pourra compter sur une communauté très active pour une formation continue ou l’ajout de nouvelles fonctionnalités.

Bonnes pratiques

Mettre en priorité la sécurisation des données cloud de son entreprise si le logiciel libre implique le recours au cloud.

S’assurer que les logiciels utilisés par l’entreprise communiquent bien entre eux, sans perte de temps et manipulations inutiles pour les collaborateurs. Le respect des standards et une bonne interopérabilités sont des pré-requis !

Se tourner plutôt vers un logiciel libre qui bénéficie d’une communauté de contributeurs active et étendue : c’est une assurance de bénéficier de mises à jour régulières et de nouvelles fonctionnalités, voire de pouvoir participer à son tour à ces améliorations.

Quelques sites de référence

AFUL - Association francophone des utilisateurs de logiciels libres
FSF - Free Software Fondation
Socle interministériel des logiciels libres 2017 (fichier pdf)

En savoir plus

Utiliser le logiciel libre en entreprise
Exemples de logiciels libres et gratuits pour les professionnels
Choisir un logiciel de gestion de projet

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Publié par Perrine Tiberghien.
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