Mort numérique : protéger ses données personnelles après son décès

Décembre 2016

Que deviennent les données personnelles et les comptes sur les réseaux sociaux après la mort ? Pour assurer la transition d'un patrimoine numérique et éviter les usurpations d'identité, mieux vaut anticiper en désignant des légataires. Explications.


Que dit la loi ?

La Loi pour une République numérique, publiée au Journal Officiel début octobre 2016, prévoit un encadrement de la mort numérique : « Toute personne peut définir des directives relatives à la conservation, à l'effacement et à la communication de ses données à caractère personnel après son décès. » Cette loi donne également la possibilité de désigner un « tiers de confiance numérique certifié par la CNIL ». En l'absence de directives, ce sont les héritiers qui auront le droit de gérer les données personnelles ainsi que les comptes et profils du défunt.

Quelles données faut-il protéger ?

Les mots de passe et données personnelles sont partout sur le Web, alors mieux vaut penser à tout :
  • réseaux sociaux,
  • messageries,
  • sites marchands,
  • logiciels et applications,
  • services publics,
  • banques...

Enjeux

Assurer la protection de données confidentielles

Sécuriser un compte et décider de son devenir post-mortem permet d'éviter les usurpations d'identité et les utilisations frauduleuses. Cette protection anticipée est possible en désignant un légataire de confiance et/ou en utilisant un service d'archivage des mots de passe.

Décider de conserver ou non ses comptes et profils

Sur les réseaux sociaux, plusieurs solutions existent en cas de décès d'un membre. Il est possible de laisser le profil tel quel (au risque de le voir apparaître dans les suggestions et de continuer à voir des posts remonter), de le conserver en tant que profil de commémoration, ou de décider de le supprimer totalement.

Prévoir une succession

En entreprise particulièrement, se pose la question de la succession : qui récupère les mots de passe du défunt, ses comptes, et les informations importantes relatives à l'activité de l'entreprise ? Là encore, gérer de son vivant peut faciliter la transition.

Soulager les proches

Les héritiers d'une personne décédée n'ont pas forcément tous la même vision de la confidentialité des données ou de l'activité d'un compte sur les réseaux sociaux. Anticiper sa décision et faire en sorte de gérer une identité numérique de son vivant assure le respect de ses dernières volontés. Et surtout, cela évite une souffrance supplémentaire pour la famille, les proches et les collaborateurs qui n'ont pas forcément envie de prendre une telle décision dans un moment difficile.

Gérer sa mort numérique sur les réseaux sociaux et messageries

Facebook

Facebook propose à ses membres de décider de l'avenir de leur compte après leur décès :
  • Compte de commémoration : les publications et les photos restent publiques, avec une mention « En souvenir de » à côté du nom.
  • Suppression définitive du compte, après avoir défini un contact légataire chargé des démarches.

Pour les personnes qui utilisent un compte à vocation professionnelle (afin de gérer la page d'une marque par exemple), mieux vaut léguer le mot de passe ou désigner un autre administrateur.

Twitter

Twitter fait partie des plateformes qui ne proposent pas à ses utilisateurs d'exprimer leur volonté de conserver leur compte ou non après leur décès. Ce sont les proches du défunt qui, s'ils le souhaitent, doivent faire la démarche de suppression du compte en remplissant un formulaire.

Instagram

Instagram appartient à Facebook mais n'a pas adopté la même politique en matière de mort numérique. Ici, pas de contact légataire. Les proches du défunt devront faire la démarche eux-mêmes, et décider de la conservation du profil en tant que compte de commémoration ou de sa suppression.

LinkedIn

Le réseau social professionnel LinkedIn permet à des tiers de demander la suppression du profil d'une personne décédée en remplissant un formulaire et justificatifs à l'appui.

Google

Le géant de Mountain View a lancé son propre « gestionnaire de compte inactif ». Il permet aux utilisateurs de déterminer un contact à prévenir en cas d'inactivité au bout d'une période prédéfinie. La personne reçoit une notification et la liste des données auxquelles elle a été autorisée à accéder. Ce service est compatible avec toutes les applications Google : Gmail, Drive, Youtube, etc.

Solutions numériques dédiées à la protection des données

Si tous les réseaux sociaux n'ont pas prévu d'anticiper le devenir d'un compte après la mort de son propriétaire, il existe des solutions dédiées pour le faire à leur place : des testaments numériques ou coffre-forts pour léguer des comptes et mots de passe. Ils permettent également de tout regrouper en un seul lieu sécurisé pour faciliter la transmission des informations. Quelques exemples :

En savoir plus



Crédits photo : maxkabakov – Fotolia.com

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