Temps d'exposition - Photo - Les bases

Septembre 2016

Vous êtes un adepte du mode automatique de votre APN mais vos photos sont trop claires ou trop sombres ? Apprenez à maitriser l'exposition de vos photos en découvrant les trois paramètres qui la régissent.


L'exposition, c'est quoi ?


L'exposition d'une photo est la quantité de lumière reçue par le capteur de votre APN pour cette photo. Si le capteur reçoit trop de lumière, la photo sera sur-exposée (ou "cramée") c'est à dire avec des zones très blanches dénuées de détail. Si le capteur ne reçoit pas assez de lumière, la photo est dite sous-exposée (ou "bouchée") : des zones sont noires, également dénuées de détails.
Le but est donc de trouver le juste milieu pour perdre le minimum de détail.

Les paramètres de l'exposition


Trois paramètres vous permettent de jouer sur l'exposition de votre photos : le temps de pose, l'ouverture du diaphragme, et la sensibilité du capteur. Ces trois paramètres forment ce que l'on appelle le triangle de l'exposition.

Le temps de pose


Le temps de pose est le temps durant lequel l'obturateur de l'appareil (la pièce qui isole le capteur de la lumière) s'ouvre, laissant le capteur s'imprégner de photons. Plus ce temps de pose est long, plus le capteur s'imprègne de lumière, donc plus la photo sera exposée. Les temps de poses varient entre 1/8000e de seconde (temps très court, vitesse très rapide) et plusieurs secondes (temps très long, vitesse lente). Concrètement on distingue les temps courts (moins de 1/60e) des longs (plus de 1/60e).

L'ouverture du diaphragme



Votre objectif comporte un diaphragme, c'est-à-dire une sorte de membrane pouvant se fermer plus ou moins, laissant ainsi passer plus ou moins de lumière. Plus le diaphragme est grand ouvert, plus la photo sera exposée. L'ouverture s'exprime par un nombre un peu embêtant car... plus le nombre est petit, plus l'ouverture est grande ! Le format est du type f/2,8 (grande ouverture à 2,8). L'ouverture maximale dépend des objectifs : certains ont une ouverture maximale à f/3,5, d'autre à f/2,8 et on descend à f/1 pour les plus chers ! L'ouverture minimale est souvent de 22 aux focales minimales, et peut monter à 38 ou plus.

La sensibilité



La sensibilité du capteur (exprimée en ISO) est le gain d'amplification du signal électrique fourni par celui-ci. Traduction : plus la sensibilité est forte, plus le signal émis par le capteur (signal issu de la conversion signal lumineux/signal électrique par les photosites) sera amplifié, et donc plus la photo sera exposée.
Pourquoi ne met-on pas une sensibilité maximale, me demanderez-vous ? Simplement parce que si le "bon" signal est amplifié, le "mauvais" aussi : les parasites sont de plus en plus présents au fur et à mesure qu'on augmente la sensibilité. On voit alors apparaitre du "bruit" sur les photos, comme des pixels colorés aléatoirement en bleu/rouge/vert sur les zones sombres par exemple.
Pratiquement parlant, la sensibilité des appareils actuels atteint les 12800 ISO, et le bruit est presque invisible jusqu'à 3200ISO. Néanmoins mieux vaut garder celle-ci la plus basse possible : 100 ISO par journée ensoleillée ; 200 si nuageux ; jusqu'à 400 ISO en intérieur. Mais si la scène le nécessite (très sombre, spectacle, etc...) n'hésitez pas à monter !

Résumé


Pour résumer sur ces trois paramètres :
  • Pour mieux exposer une photo on peut :
    • Augmenter le temps de pose (attention aux flous !).
    • Augmenter l'ouverture du diaphragme (i.e : diminuer le nombre f/..) .
    • Augmenter la sensibilité (attention au bruit !) .
  • Pour moins exposer une photo, on peut :
    • Diminuer le temps de pose.
    • Diminuer l'ouverture du diaphragme (i.e : augmenter le nombre f/..)
    • Diminuer la sensibilité.

En pratique : les conséquences


En pratique, il y a certaines règles à respecter, car chacun des trois paramètres qu'on a vus entraine des modifications sur le rendu de vos photos.

Temps de pose et flous


Le temps de pose influe sur le flou de vos photos. Si l'obturateur reste ouvert longtemps en mode "photo", vous recréez en quelque sorte un film mais en une seule image : les mouvements vont créer des trainées de lumière plus ou moins dérangeantes. C'est toutefois un effet parfois recherché !

On distingue trois types de flous :
  • Le flou de bougé : c'est le flou du aux mouvements parasites de l'appareil photo en lui-même. Relativement gênant, il est facile à éviter en utilisant un trépied ou un temps de pose court. Attention, plus la focale utilisée est longue (téléobjectif) plus les mouvements sont accentués, donc plus le temps de pose devra être court ! Retenez la formule suivante : Temps de pose : 1/(longueur focale*2) sans stabilisateur ; 1/(longueur focale) avec stabilisateur. Par exemple à focale de 100mm sans stabilisateur on tachera d'avoir un temps de pose maximal de 1/(2*100) : 1/200e de seconde !
  • Le flou de filé : c'est un flou du au mouvement du sujet ou au mouvement délibéré de l'appareil. Par exemple si vous suivez un cycliste en mouvement en faisant un mouvement panoramique, le cycliste sera à peu-près net, et le fond flou : c'est un filé. Si l'appareil est fixe et que le sujet laisse une trainée de lumière, c'est également un filé.
  • Le flou artistique : on trouve également des flous artistiques comme l'explozoom (temps de pose relativement long, et vous zoomez durant la prise de vue) ou le flou circulaire (même principe mais en tournant l'appareil sur lui-même durant la prise de vue).


Au final, retenez simplement les deux choses suivantes :
  • Un temps de pose court entraine un effet "figé" sur tous les sujets en mouvement.
  • Un temps de pose long entraine des flous (de bougé, de filé).

Ouverture du diaphragme et profondeur de champ


On appelle "profondeur de champ" la profondeur de l'image sur laquelle celle-ci va être nette, le reste étant flou. Cette profondeur de champ dépend de plusieurs critères :
  • L'ouverture du diaphragme : c'est ce qui nous intéresse ici. Plus le diaphragme est ouvert, plus la profondeur de champ est courte.
  • La longueur de la focale : les longues focales (téléobjectifs) ont tendance à réduire la profondeur de champ.
  • La distance de mise au point : plus le sujet est proche, plus la profondeur de champ sera réduite.


Pour les portraits par exemple on cherche de petites profondeur de champ, afin que le sujet soit net mais que l'arrière plan soit totalement flouté. Pour cela il est utile d'avoir un objectif avec une grande ouverture (par exemple f/1,8) : mais ce sont souvent des focales fixes, assez chères.
On peut également utiliser un zoom pour faire un gros plan sur le sujet tout en restant assez proche.

Bref, concernant la profondeur de champ, retenez ceci :
  • Une grande ouverture (petit nombre) entraine une faible profondeur de champ (petite zone de netteté) .
  • Une petite ouverture (grand nombre) entraine une grande profondeur de champ (zone de netteté profonde).

Sensibilité et bruit


Comme on a dit tout à l'heure : l'augmentation de la sensibilité ISO augmente le bruit sur les photos. En pratique, on tachera de garder une sensibilité minimale (c'est à dire inférieure à 400 ISO voire 200 ISO en pleine journée lumineuse) afin de limiter au maximum le bruit.

Que choisir ?!


L'ISO fixée, l'exposition de vos photos dépendra du temps de pose et de l'ouverture de votre diaphragme. Généralement, au moins l'un des deux est décidé par ce que vous recherchez : pour un sujet "fixe" un temps de pose relativement long (1/60e) n'est pas gênant, donc l'ouverture peut être petite. Pour figer un sujet en mouvement, il faut un temps de pose court (1/500e ou moins) donc une ouverture de diaphragme grande. Enfin, si vous voulez un effet "flou en fond" sur vos photos, il faut une petit profondeur de champ, donc une grand ouverture, donc le temps de pose sera rapide... Vous me suivez :-)

Des modes pour vous aider


Attention, je ne vous dis pas de passer du novice du mode automatique au pro du mode manuel ! Il existe au moins deux modes prêts à vous aider dans cette maitrise de l'exposition :
  • Le mode priorité à l'ouverture : dans ce mode, vous réglez l'ouverture du diaphragme à travers la modification du chiffre f/.. (petit pour une grande ouverture, grand pour une petit ouverture, on ne le répètera jamais assez !!). Vous gérez donc directement votre profondeur de champ, et l'appareil photo se charge de calculer le temps de pose adéquat pour obtenir une exposition correcte en fonction de la sensibilité que vous avez réglée).
  • Le mode priorité à la vitesse : c'est le schéma inverse : vous réglez le temps de pose et l'appareil calcule l'ouverture de diaphragme correspondante.


Les avancés utiliseront le mode manuel permettant de régler les deux paramètres comme bon leur semble.

Maitrisez l'appareil !


Une dernière chose : si malgré l'utilisation de ces modes la photo reste sur/sous-exposée, n'oubliez pas que la plupart des appareils (réflex en tout cas) permettent de choisir délibérément le changement d'exposition d'une photo (en plus ou en moins) à travers un bouton spécial destiné à ce réglage. En choisissant par exemple d'augmenter l'exposition d'un IL (Indice de Luminosité), l'appareil se chargera de choisir un temps de pose légèrement plus long, ou une ouverture légèrement plus grande, afin que la photo soit un peu plus exposée. L'inverse est également vrai.

L'exposition parfaite : un mythe ?

Le contrejour


Vous vous êtes déjà retrouvés à prendre en photo un sujet devant un ciel très clair, ou un animal caché dans l'ombre d'un arbre bordée de soleil ? Votre photo était en partie ratée ? C'est normal !
En effet, cette situation de contre-jour (même s'il ne s'agit par forcément toujours du "jour" à proprement parlé) est problématique car les variations de luminosité d'un point à un autre de la scène sont extrêmes. Et c'est là que l'APN montre ses limites : l'oeil humain à une résolution en lumière beaucoup plus forte que le capteur de votre appareil photo, il serait donc "stupide" de vouloir absolument obtenir sur votre photo le même rendu que ce que vous voyez, car c'est impossible à l'heure actuelle (sauf en utilisant des techniques de substitution comme le HDR).
Votre rôle est alors de trouver le meilleur compromis afin d'obtenir l'effet que vous souhaiter : un effet de silhouette en privilégiant les zones claires pour détacher les contours du sujet ? Ou alors un ciel tout blanc très lumineux ?
N'oubliez pas d'exploiter les différentes options de mesure de la lumière de votre appareil (pondérée centrale, matricielle, spot, ...) qui sont là pour vous aider !

Les impasses


En photographie comme ailleurs, tout n'est pas possible, tout n'est pas réalisable. Certains cas, rares, font que vous ne pouvez pas prendre la photo de vos rêves... À moins d'utiliser des accessoires très utiles !
  • Premier cas : par une journée très lumineuse, vous désirez utiliser un temps de pose long afin de faire un filé (personnage, court d'eau, etc...). Vous réglez votre temps de pose, mais l'appareil vous averti que, malgré une sensibilité minimale (100 ISO voire 80 ISO) et une ouverture minimale également (f/22 ou "plus"), la photo sera surexposée. Comment faire, sachant qu'il vous faut choisir entre une photo cramée ou une photo bien exposée mais sans le rendu que vous souhaitiez ?
  • Second cas : toujours par cette belle journée lumineuse, vous désirez faire un effet de flou : prendre un coquelicot bien net et flouter tout le champ derrière. Qu'à cela ne tienne : ouverture maximale, ISO minimale. Mais même problème : malgré un temps de pose minimal de 1/8000, la photo sera surexposée. Adieu donc le joli flou.
  • Troisième cas : le cas inverse : dans un coin sombre, vous poussez la sensibilité au maximum et ouvrez le diaphragme au maximum également. L'ennui c'est que le temps de pose nécessaire à une bonne exposition est supérieur à 1/60 et vous n'avez pas de trépied sous la main... Bonjour le flou de bougé ! Que faire ?!


Le cas des surexposition peut facilement être réglé à l'aide d'un filtre neutre ou un filtre gris variable. Ces filtres vous permettent de conserver les couleurs de la photo mais tout en diminuant la quantité de lumière traversant l'objectif. Pratique : vous pouvez ainsi, pour un même sujet, augmenter le temps de pose ou l'ouverture du diaphragme ! Le gris variable permet, en le tournant, de choisir la quantité de lumière stoppée.

Pour le problème de sous-exposition, pas de grand miracle : il vous faut changer d'optique pour quelque chose de plus lumineux ou investir dans un système de flash performant (voir Cette astuce.

Bon courage à tous ! :-)

A voir également :

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