E-PL2, GF2 et NX11 : lequel choisir ?

Septembre 2016

Quel appareil photo hybride choisir ?


Amoureux du reflex, frustrés du compact, l'appareil photo 4/3 à objectif interchangeable offre un compromis intéressant. Les photographes y retrouvent alors les performances d'un appareil expert et l'encombrement du petit boitier amateur. La qualité d'image, notamment grâce à une taille de capteur plus importante, est bien flatteuse, lui valant le doux surnom de compact hybride.
L'évolution de ce type d'appareil est rapide, les constructeurs croient en effet en ce nouveau produit qui touche autant les photographes experts que les débutants qui aiment les belles images. En un peu plus d'un an, on arrive ainsi à une seconde, voire une troisième génération de ces modèles, avec l'Olympus E-PL2, le Panasonic DMC-GF2 et le Samsung NX11 que nous avons pu tester.


Une prise en main facile


Les trois boitiers ont été formidablement bien pensés : faire une photo correcte, sans aucun réglage à faire au préalable, est accessible peu importe le niveau de son utilisateur. Il suffit d'allumer son appareil et de sélectionner le mode intelligent. Sur le Nx11 et l'E-PL2, cette sélection se fait grâce à une molette, qui comporte l'ensemble de modes avancés. En revanche, l'écran tactile du GF-2 est assez déstabilisant au premier abord. Difficile de se défaire des boutons auxquels on est habitué, on pourra remettre en question cette idée d'avoir laissé l'accès aux réglages essentiels en extérieur alors que la sélection des modes se fait par l'écran.
Niveau encombrement, le Samsung est bien plus imposant que ses deux concurrents. Doté d'un capteur de type APS-C, comme sur les reflexs "semi-pro", normal que le boitier soit plus grand qu'avec un capteur 4/3 : à voir si ce gain est utile en terme de qualité d'image et de gestion du bruit numérique.
La bataille est en revanche plus serrée entre le GF2 et l'-EPL2, qui se retrouvent sur une taille presque équivalente. Les fans de boitiers slim qui rentrent dans la (grande) poche apprécieront le format du GF2, en particulier lorsque le 14mm plat est monté dessus. Ceux qui préfèrent les boitiers plus rassurants, plus robustes, mais pas forcément plus lourds se tourneront alors vers l'E-PL2 qui adopte une ligne proche de ce que peut faire Canon dans la série G. La petite poignée en retrait donne en fait une meilleure prise en main, le boitier a tendance à moins glisser des mains grâce à une matière antidérapante efficace. Le NX11 rejoint cette même approche, jouant moins sur l'esprit compact par rapport au Panasonic.

La réactivité, un critère important


La rapidité d'un appareil dépend essentiellement de deux paramètres : sa capacité à trouver les bons réglages en fonction de la lumière et l'efficacité de son autofocus. Sur les trois boitiers, si vous avez toujours eu un compact un peu mou, vous serez surpris par le temps très court entre le moment où vous appuyez sur le déclencheur et la prise de photo. En intérieur, par exemple, alors que votre compact patine pour faire la mise au point et peut vous faire rater cet instant magique où vos amis s'amusent, l'hybride se montre presque infaillible. C'est sûrement le point le plus important sur un appareil et qui vous a très souvent déçu sur de nombreux compacts.
En revanche, si vous venez du monde du reflex, le système autofocus se montre légèrement moins performant même si l'avancée technique est bien réelle. La mise au point automatique par "tâtonnement" n'égale pas encore l'autofocus qui équipe les reflexs. Le résultat est cependant très convaincant, la durée de tâtonnement est vraiment courte, en particulier sur le GF-2. Le Samsung montre par contre quelques faiblesses, on le voit bien lorsque l'appareil cherche à plusieurs reprises à avoir une image nette.

Réglages et exposition


Un point à aborder forcément pour les initiés : le réglage en manuel ou semi-manuel est-il facile sur les différents appareils ? Globalement, si vous avez ouvert le mode d'emploi, le travail en manuel se fait assez aisément. Chaque appareil regorge de petites astuces qui rendent ce travail plus confortable, alliant une indication évidente de la bonne exposition et une ergonomie efficace pour changer rapidement les différents paramètres.
  • Olympus E-PL2 : une molette verticale, sur le dos de l'appareil sert à modifier l'ensemble de ses réglages, l'ouverture de diaphragme, la vitesse, la sensibilité, etc. En revanche, le sens est un peu atypique si vous avez déjà eu un appareil d'une autre marque. Par exemple, il faut tourner cette molette dans le sens des aiguilles d'une montre pour ouvrir le diaphragme alors que c'est l'inverse sur Canon et Nikon. En revanche, l'écran de l'appareil est doté d'un outil bien agréable et fort astucieux pour la sur/sous-exposition. Si votre réglage n'est pas bon, en plus de faire clignoter l'échelle de la cellule, l'image s'éclaircit ou s'assombrit si vous n'avez pas bien exposé votre image. Il permet également de voir très rapidement les zones fortes (hautes lumières visibles en orange par exemple). On regrette qu'Olympus n'ait pas suivi ses concurrents avec un bouton extérieur de réglage de balance des blancs.


  • Panasonic GF2 : même si on ne retrouve pas un indicateur efficace d'exposition, l'échelle d'exposition traditionnelle permet de voir si nos réglages sont corrects. La petite astuce de Panasonic réside dans sa molette horizontale. Par défaut, elle règle la vitesse d'obturation, une pression permet d'accéder au réglage du diaphragme. Un petit plus assez simple qui permet de faire ses réglages très rapidement sans avoir à regarder ses boutons. L'accès au ISO, à la balance des blancs se fait par les boutons au dos, sans avoir à passer par les menus internes. L'ergonomie est plutôt agréable et simple lorsque l'on a enfin trouvé tous ses repères. Indépendamment des réglages d'exposition, on apprécie fortement la sélection de la taille et de la zone de mise au point sur l'écran tactile : les utilisateurs n'appréciant guère les nombreux boutons et les modes d'emploi appréhenderont rapidement ce boitier.



  • Samsung NX11 : très proche de ce que peut faire Canon sur ses reflex premiers prix, le Samsung arbore une molette sur le dessus de l'appareil qui permet de régler sa vitesse d'obturation. Il faut appuyer simultanément sur un bouton à l'arrière du boitier pour modifier l'ouverture du diaphragme. Pas toujours pratique, surtout quand vous avez l'oeil dans le viseur, mais on s'y fait assez rapidement avec l'habitude. Comme chez Olympus, on retrouve l'écran qui s'éclaircit ou s'assombrit en fonction de ses réglages. On trouve sur ce même écran tous les indicateurs de ses différents réglages, très nombreux, trop nombreux peut-être, certains n'étant pas forcément indispensables.

Une qualité d'image inégale


Proposée à moins de 500€, le Samsung NX11 étonne par sa qualité d'image. Légèrement veloutées, les photos donnent de beaux rendus, très proches de ce que l'on peut obtenir avec un reflex, logique puisque la taille du capteur est identique. Les couleurs sont très franches, avec une saturation poussive mais agréable.
 
 
 

L'E-PL2 est plus neutre en mode automatique (balance des blancs auto, profil "Natural"), il ne faudra pas hésiter à modifier certains paramètres colorimétriques en conditions difficiles (temps nuageux, intérieurs peu éclairés, etc) au risque d'avoir des contrastes un peu trop mous. Les profils proposés pour s'amuser avec son image sont d'ailleurs fort utiles : profils basiques (saturation, portrait, noir et blanc) ou plus artistiques (pop art, sténopé, etc).
 
 
En revanche, le Panasonic est un peu décevant, l'image se caractérise surtout par un ton froid omniprésent en balance des blancs automatique. Du coup les couleurs sont un peu fades, le photographe devra faire quelques réglages afin de retrouver une colorimétrie un peu plus juste, ou la corriger avec un logiciel de retouche.

 
 
 
Sur les trois appareils, le comportement en fonction de la sensibilité se ressemble : à partir de 800iso, un léger bruit numérique vient ternir le rendu, avec des zones sombres un peu baveuses. A 1600 iso, le bruit reste acceptable sur le NX11 et l'EPL-2, mais est bien plus perfectible sur le GF2. C'est à 3200ISO que les trois appareils montrent bien leurs limites, en particulier le Panasonic qui donne une impression de tâches blanchâtres, comme si le capteur était un peu trop sale (et c'est bien pire à 6400ISO). Chez les deux autres, les images restent exploitables en petit format, avec un bel avantage pour le NX11 qui montre l'utilité d'un plus grand capteur en haute sensibilité.
Les objectifs fournis dans le kit, le 14-42 pour Pentax et Panasonic, et le 18-55 chez Samsung sont assez similaires : le vignettage est assez léger au grand angle avec un piqué correct au centre, et s'atténue à 42 ou 55mm. Le 14mm fixe de Panasonic montre par contre une forte tendance à vignetter, enveloppant le centre de coins sombres bien présents, en particulier à pleine ouverture. Cependant, ce défaut peut s'avérer être un atout pour des photos originales.

Verdict


L'E-PL2, avec son format compact, sa qualité d'image et une ergonomie complète et intuitive attirera forcément les photographes qui souhaitent se rapprocher d'un rendu reflex. C'est surtout sur la profondeur de champ que le passionné d'image trouvera son bonheur, freiné auparavant par une image un peu trop plate sur les compacts numériques. Le flou d'arrière plan vient alors ajouter cette touche propre à la photographie qui ne se trouvait exclusivement que sur des appareils haut de gamme, lourds et parfois difficiles à transporter en toutes circonstances.
On retrouvera ce genre de rendu sur le NX11, mais avec un boitier plus encombrant. Le viseur apporte un avantage certain pour les photographes qui n'aiment pas la visée par écran. Même si l'autofocus est parfois un peu lent, la qualité d'image persuadera les futurs acheteurs qui ont peur de l'encombrement du reflex.
Le Panasonic GF2, dotés de caractéristiques pourtant attrayantes, déçoit face à ses concurrents qui montrent des qualités supérieures. Malgré sa rapidité et une ergonomie assez bonne, le rendu final ne convainc pas, à moins de passer par un réglage plus précis qui demande forcément plus d'expérience.

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