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Le cloud privé dans l'entreprise

Juin 2015

Le lancement de trois offres de cloud privé par Amazon, VeePee et EMC a marqué l'actualité du « cloud computing » au premier semestre 2010 : ce type de services, censé offrir aux entreprises une meilleure maîtrise de leurs ressources informatiques et un accès privilégié à leurs applications hébergées, figurent aujourd'hui sur l'agenda des DSI. Une tendance que confirment différentes enquêtes publiées en ce début d'année. Plus grande modularité et conformité avec les règles de gouvernance d'entreprise, contact privilégié avec le prestataire de services dans le cas d'un cloud privé "locatif" : ce type d'architecture séduit par sa flexibilité et son caractère évolutif. Le point sur les promesses et les enjeux du « nuage privé ».


Le cloud privé, un pied dans l'entreprise

Qu'est-ce que le cloud privé ?


Le cloud privé (interne ou privatif) se définit comme la mise en place d'un réseau informatique propriétaire ou un centre de données fournissant des services hébergés pour un nombre restreint d'utilisateurs. Concrètement, les application virtualisées « privées » sont soit administrées directement par l'entreprise (qui gère seule son infrastructure), soit mutualisées (un prestataire de confiance prend en charge une partie des services externalisés). Ce modèle est censé apporter les avantages du cloud computing « public » (ex : baisse des coûts liés à la virtualisation des applications dans le cas d'une infrastructure mutualisée) sans en présenter les inconvénients : en mettant l'accent sur la sécurité des données, sur le respect de la gouvernance d'entreprise et sur la fiabilité des services fournis. Les applications/infrastructures hébergées restent disponibles en « libre-service », sont évolutives et modulables grâce à la proximité entre l'entreprise et son prestataire.

Une solution plébiscitée par les décideurs informatiques


Selon l'enquête intitulée « le Cloud Computing en France » récemment publiée par le cabinet d'études Pierre Audoin Consultants avec le concours d'EMS, Intel et VMware, le cloud privé est aujourd'hui le modèle privilégié par les DSI. Ainsi, sur un panel de 200 décideurs informatiques , 71% préfèrent investir dans une solution cloud de type privé, contre 13% en faveur d'une infrastructure hybride, et seulement 7% pour le cloud public. Un plébiscite qui prend tout son sens si l'on considère que les DSI sont massivement à l'origine des projets de cloud computing dans les entreprises (67%) , devançant leur direction générale dans ce type de décision (18%).

En revanche, le calendrier de mise en oeuvre de ce type d'infrastructure est soumis à plusieurs facteurs extérieurs (ex : capacité de financement) : il y a donc un décalage entre la volonté exprimée par les DSI et l'implantation réelle des solutions cloud (y compris cloud privée) dans l'entreprise.

Les applications et infrastructures concernées


Pour l'heure, les projets de cloud computing dans l'entreprise concernent encore minoritairement les progiciels (ERP/CRM) et les solutions de Business Intelligence. Ils se concentrent sur la messagerie d'entreprise (54%), les applications de finance/comptabilité, les ressources humaines, le stockage, et les outils collaboratifs, enfin les bases de données et les serveurs.

Trois avantages propres au modèle privatif


En termes opérationnels, l'un des principaux avantages du cloud privé, cité par l'étude réalisée par Syntec, fournisseur de conseils et services informatiques ("le livre blanc du Cloud Computing"), réside dans la capacité d'ouverture de ce type d'infrastructure : il devient alors « communautaire », l'entreprise peut ouvrir ses applications aux partenaires de l'entreprise comme les fournisseurs, bureaux d'études et prestataires.

Parmi les autres avantages du modèle privatif : le meilleur respect des règles de la gouvernance d'entreprise, notamment en ce qui concerne la politique de confidentialité : une caractéristique mise en lumière lors de conférence AlwaysOn OnDemand qui s'est récemment tenue à Palo Alto en Californie. Pour John Weinschenk, directeur de Cenzic, éditeur de solutions de sécurité de services hébergés, l'avenir des offres SaaS aux entreprises se trouve dans « le cloud privé et semi-privé, qui sont des systèmes fermés dans lesquels les paramètres de sécurité et les garanties de services sont connus ».

Il découle de cet avantage que le lieu d'hébergement des données/applications de l'entreprise est nécessairement connu de l'entreprise (à proximité) : une caractéristique qui éviter les problèmes juridiques qui se posent lorsque les serveurs du prestataire se trouvent dans un autre pays (quel droits s'appliquent en cas de problème)

Trois particularités du cloud privé qui s'ajoutent aux bénéfices connus du cloud public : réduction des délais de déploiement, flexibilité (mise en place de modules ad hoc), consommation à la demande et meilleure maîtrise des coûts (même si l'investissement initial est plus important pour l'entreprise dans le cas du cloud privé), économies d'énergie.

Le problème de la réversibilité
Restent malgré tout certaines inconnues relatives à l'externalisation des données, qui sont soulignées par l'étude de Syntec : outre les problèmes souvent évoqués (sécurité, disponibilité), l'un des points d'interrogation concerne la réversibilité : ce problème se pose quand les fournisseurs de services appliquent des normes, standards et outils peu connus qui peuvent rendre les entreprises « captives » de la technologie utilisée. Un problème de transparence auquel les entreprises doivent être particulièrement attentives.

Les nouvelles offres de cloud privé


Le premier trimestre 2010 a été marqué par l'arrivée de trois nouvelles offres :

VeePee et le Cloud Computing Privé Externalisé
Cette offre répond aux besoins des Plans de reprise d'activité des entreprises : VeePee met à dispositions deux datacenters qui permettent à ses clients de mutualiser leurs coûts d'infrastructure via un espace réservé au stockage des données, et disponibles sous deux formes : haute disponibilité (HD) et très haute disponibilité (THD).

Amazon et le cloud virtuel privé
L'offre VPC (Virtual Private Cloud) permet aux grandes entreprises de connecter leurs datacenters aux ressources de cloud computing d'Amazon via une liaison VPN (réseau privé virtual). Elles ont la possibilité de déplacer leurs applications (messagerie, outils financiers, applications CRM) dans le cloud Amazon sans perdre le contrôle de leurs données.

EMC et Vplex
Cette solution de virtualisation d'EMC permet à une entreprise d'avoir une vision unifiée et virtualisée de son stockage à l'échelle d'un ou plusieurs datacenters séparés par une distance maximale de 100 km. Elle peut ainsi fédérer ses ressources de stockage géographiquement distantes en un seul espace virtuel.

Pour en savoir plus


Cloud privé : seul modèle valable pour les entreprises ?
Le Cloud Computing en France, étude du cabinet Pierre Audoin
Le livre blanc du Cloud Computing par Syntec Informatique

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