Bulle internet : 10 ans après

Septembre 2016

La bulle Internet fête cette année ses 10 ans. Un anniversaire revu et corrigé par nombre d'experts ces derniers temps. A la fin des années 90, le développement de l'Internet a en effet suscité de nouvelles vocations. A l'ère du numérique, l'économie traditionnelle s'est transformée peu à peu en économie immatérielle. Pourtant le passage à cette nouvelle économie s'est révélée fatale à de nombreuses sociétés aux États-Unis, comme en France. Certaines d'entre elles ont su réagir et instaurer de nouvelles stratégies, notamment en matière de financement. Le Web 2.0 a offert un deuxième souffle aux jeunes créateurs d'entreprises. On pense bien évidemment à Facebook et Twitter. Les investisseurs se tournent aujourd'hui de plus en plus vers le green business, allant même jusqu'à parler de bulle verte.

Les origines de la bulle Internet


La bulle Internet ou « dot-com bubble » est une bulle spéculative qui a touché les secteurs de l'informatique et des télécommunications à la fin des années 90. L'arrivée massive des start-ups sur un nouveau marché a directement influé sur la valeur des produits technologiques. Résultat : la valeur des sociétés s'est vite retrouvée surévaluée par rapport au montant réel des biens ou actifs échangés. Le phénomène a débuté aux États-Unis et s'est ensuite propagé en Europe. A la fin des années 90, de nombreuses jeunes sociétés se créent ou se développent grâce à l'intervention d'investisseurs. Ils sont tous biens conscients des opportunités générées par le monde de l'Internet.

L'explosion de la bulle Internet


L'apogée de cette bulle technologique se situe le 10 mars 2000, avec un indice NASDAQ (New York) culminant à 5.048,62 points. Le NASDAQ n'a jamais retrouvé une telle position. La bulle finit par exploser causant la chute de nombreuses entreprises de la «nouvelle économie » à travers le monde, entraînant dans sa chute le Cac40. Secoué, l'indice français enregistre une baisse de 63 % entre septembre 2000 et mars 2003.

Les investisseurs avaient surestimé les retours sur investissements futurs. Aux États-Unis 210 dotcoms ont fait faillite. Mais les rescapés de la bulle se sont révélés être de solides géants, parmi lesquels Google, Yahoo, eBay et Amazon. Mais comment ont-ils pu échapper à un tel effondrement du cours et des investissements ? Quelles sont les entreprises avec un réel potentiel de rentabilité ?

Certaines entreprises ont su profiter de fusion-acquisition ou de simples partenariats pour rester dans la course. D'autres ont eu la chance de vendre leur affaire avant l'explosion de la bulle. Une bonne gestion, l'absence d'investissements hasardeux et la créativité les ont sauvées. Google a développé entre autres sa solution de bureautique en ligne. eBay a fait l'acquisition de Skype et Yahoo utilise aujourd'hui la technologie Bing, développée par Microsoft.

Quelques exemples français

  • Free, fondé en avril 1999 par Xavier Niel, c'est le premier fournisseur d'accès bas débit sans abonnement sur le marché français. En pleine euphorie liée à la bulle Internet et forte de son expertise logicielle, Free décide de fabriquer son propre produit : la Freebox. L'entreprise investit aujourd'hui dans la fibre optique et a obtenu la 4e licence de téléphonie mobile en France.
  • Meetic, créé par Marc Simoncini en 2001 et introduit en bourse en 2005, est l'un des plus grands sites de rencontre en ligne en Europe. En 2000, Marc Simoncini a revendu le portail Internet iFrance à Vivendi pour 182 millions d'euros. Il a pu ensuite investir dans d'autres projets.
  • Rue du Commerce a été créé en août 1999, autrement dit quelques mois avant l'explosion de la bulle Internet, à l'initiative de Gauthier Picquart et Patrick Jacquemin. L'entreprise a perdu 6 millions d'euros lors de l'explosion. Cette plate-forme e-commerce, spécialisée en produits informatiques et électroniques grand public, a su profiter du marché du lecteur mp3. Elle compte aujourd'hui 500 employés et 8 millions de clients.
  • Allociné, lancé par Jean-David Blanc en 1993 et à l'origine un service téléphonique se retrouve sur la toile en octobre 1997, résistant à la bulle. Le site s'est ensuite ouvert aux marchés européens tels que l'Allemagne, l'Espagne et le Royaume-Uni, tout en lançant sa propre régie publicitaire. Allociné, dirigé par Grégoire Lassalle, est aujourd'hui une société rentable et leader dans son secteur.

De la start-up aux fonds d'investissement


A la fin des années 90, la majeure partie des start-ups ont eu recours au capital risque. Ce sont donc des investisseurs professionnels qui participent à leur capital. Il s'agit d'une intervention ponctuelle et limitée dans le temps.

Les créateurs de ces start-ups sont aujourd'hui les nouveaux investisseurs présents sur le marché de l'Internet. Ils créent même leur propre fonds d'investissement : Isai Development, Kima Ventures, Jaina Capital, etc.

Zoom sur les business angels


Un business angel est une personne physique qui souhaite investir une partie de son patrimoine financier dans des entreprises innovantes à fort potentiel. Il est bien souvent un ancien auto-entrepreneur. Ils peuvent intervenir à différentes étapes du projet et de la vie de l'entreprise. Le fait d'être positionné dans une niche bien spécifique et prometteuse est un élément clé pour bénéficier de l'aide d'un business angel. Le réseau FranceAngels répertorie d'ailleurs les acteurs de la création d'entreprise.

Le financement pour l'innovation en France


En dehors des réseaux traditionnels d'entrepreneurs, il existe aujourd'hui des structures prêtes à accompagner les porteurs de projets innovants, sans oublier les mesures engagées par le gouvernement français.
  • Oseo Innovation soutient l'innovation technologique des PME en proposant différents dispositifs d'aides pour couvrir une partie des risques financiers liés à la R&D. On peut donc citer l'Aide à l'Innovation qui permet de financer sous forme d'avance à taux-zéro jusqu'à 50 % du budget du projet. Le remboursement varie selon le succès commercial et technique du projet. Oseo accorde également des subventions pour réaliser des études de faisabilité pour un projet en R&D. Le label « Entreprise Innovante » peut également être délivré par Oseo Innovation. Il est obligatoire pour entrer aux Fonds Communs de Placement pour l'Innovation (FCPI).
  • Le crédit Impôt Recherche (CIR) est une mesure fiscale qui permet d'obtenir un financement partiel en R&D, pouvant représenter jusqu'à 50 % des dépenses réalisées par l'entreprise. Il est à déclarer à la clôture de l'exercice fiscal. Il peut être renouvelé si les critères d'éligibilité sont toujours en vigueur. L'entreprise doit donc prouver d'une innovation technologique dans son programme de R&D et justifier l'assiette des dépenses encourues. Cette dernière est prévue par l'article 244 Quarter B du Code Général des Impôts.
  • Le statut Jeune Entreprise Innovante (JEI) est un nouveau régime social et fiscal créé par le Loi de Finances de 2004. Ce statut présente de nombreux avantages pour les start-ups, telles que des exonérations sur les charges sociales et fiscales. Pour en bénéficier, les entreprises doivent remplir certaines conditions. En termes de chiffres, les dépenses en R&D doivent représenter au minimum 15 % des dépenses totales de l'exercice. Le chiffre d'affaires doit être inférieur à 40 M€ et le capital social doit être composé à 50 % par des personnes physiques. L'entreprise doit avoir moins de 8 ans d'existence et compter moins de 250 salariés.


Il est également recommandé pour une PME de se rapprocher des structures publiques ou privées implantées sur la région, telles que les Chambres de Commerce et d'Industrie et les Agences Régionales de l'Innovation - leurs appellations varient d'une région à l'autre. Elles sont en relation directe avec l'ensemble des acteurs économiques.

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