Les réseaux sociaux précurseurs

Décembre 2016





Contrairement aux jeux vidéo, les MySpace et autres Facebook ne sont pas des univers virtuels, mais des réseaux sociaux en ligne où notre implication est similaire à celle dans la vraie vie.

Dans un paysage de réseaux sociaux qui évolue, la notoriété des derniers-nés, parfois très médiatisés, comme Facebook, ne signifie pas forcément qu’ils ont le plus d’audience.

Ainsi, jusqu’en 2004, Friendster était considéré comme le numéro un des sites de réseau social en ligne, avant d’être dépassé par MySpace, en nombre de pages affichées, selon l’institut Nielsen Online. Début 2008, MySpace et Facebook étaient au coude à coude, MySpace dépassant de peu son challenger avec 109 millions de visiteurs uniques par mois selon ComScore.

Ainsi, Hi5 était numéro 3 (rouge), Friendster numéro 4 (bleu), Google Orkut numéro 5 (vert), Bebo numéro 6 (jaune), et Imeem numéro 7 (violet).



Pour plus d’informations :

Friendster


Le réseau social Friendster a été créé par Jonathan Abrams en mars 2002. Comme tous les réseaux sociaux, il repose sur un système de cercles et de réseaux d’amis pour mettre en contact des personnes dans des communautés en ligne.

Il compte actuellement plus de 50 millions d’utilisateurs et est surtout utilisé en Asie. Discret aux États-Unis, il est devenu numéro 1 en Asie, en partie grâce aux pages de profils créées pour les chanteurs pop asiatiques. Il existe en anglais, chinois traditionnel, chinois simplifié, japonais, coréen et espagnol, la langue pouvant être changée.

Une des particularités de Friendster est que les contacts n’y sont permis qu’entre membres d’un même « réseau » : les amis, amis des amis… Chaque nouveau membre remplit son profil (photo, centres d’intérêt, données personnelles), puis invite ses contacts par e-mail à s’inscrire.

D’ailleurs, un brevet a été accordé en 2003 au « Web des amis » comme on le surnommait, pour un procédé qu’il utilise pour mettre en contact ses membres. Chaque membre de Friendster peut indiquer avec lequel des autres membres il a une relation. Combinées aux données personnelles recueillies à l’inscription, ces informations permettent à Friendster d’indiquer à ses utilisateurs le parcours optimal pour entrer en contact avec un membre donné. Ce système a été repris, dans une certaine mesure, par Viadeo.

Friendster permet également de créer son blog, et il possède une page de vidéos qui permet d’ajouter des vidéos à son profil. Les sources sont entre autres YouTube et Crackle, Sharkle, mais pas MySpace, son concurrent direct.

hi5


Le site hi5, créé en 2002 par Ramu Yalamanchi, est assez peu connu en France. Il fut pourtant l’un des 25 sites les plus visités sur le Web en 2007. Il comptait ainsi plus de 98 millions de membres fin 2007.

Comme sur tous les réseaux sociaux, une fois inscrit, l’internaute doit créer sur hi5 son profil en ligne. Il peut y créer des albums photos et installer un lecteur de musique. Pour être ajouté dans la liste d’amis d’autres utilisateurs, il peut envoyer une demande par e-mail.

Si l’utilisateur en accepte un autre en tant qu’ami, les deux seront reliés directement (au 1er degré). L’utilisateur apparaîtra alors sur la liste d’amis de la personne et vice-versa.

Particularité assez rare sur les réseaux sociaux, l’utilisateur peut se doter d’un avatar.

Quelques internautes choisissent de rendre leurs profils publics sur hi5. D’autres préfèrent ne le rendre accessible qu’aux personnes figurant dans leur réseau. Le réseau d’amis se compose des amis directs d’un utilisateur (1er degré), des amis d’amis directs (2e degré) et des amis des amis des amis directs (3e degré).

hi5, du spam ?


Il vous est peut-être déjà arrivé de recevoir un mail d’un contact (MSN) vous invitant à le rejoindre sur hi5. En cliquant sur le bouton « Join now », un nouvel e-mail est envoyé automatiquement de votre part à tous vos contacts MSN. À manier avec prudence, donc…

Plaxo


Plaxo était initialement un carnet d’adresses en ligne et dynamique, créé par Sean Parker, le cofondateur de Napster, et par deux étudiants de Stanford, Todd Masonis et Cameron Ring. Fin 2006, le site comptait 15 millions d’utilisateurs.

Il met à jour automatiquement les informations des contacts. Il propose des services comme des plugins pour logiciels de messagerie (Outlook, Thunderbird, Plaxo Premium…).

En août 2007, Plaxo a lancé une nouvelle version de son outil, Plaxo 3.0, doté de fonctionnalités de réseau social. Avec cette nouvelle version, vous pouvez synchroniser vos données avec les services de Microsoft (Outlook, Windows Mail et Hotmail), Google (Calendar et Gmail), Yahoo! (Mail et Calendar), AOL (AIM), Apple, Mozilla Thunderbird, le réseau social LinkedIn, et avec des services de téléphonie mobile.

Surtout, il s’est doté d’outils tels que des fils RSS, d’autres outils permettant le chargement et le partage de photos et de vidéos, ou encore la création de réseaux privés entre proches contacts.

Depuis, Plaxo n’est plus proposé seulement en anglais ; il existe aussi en français, en allemand, en espagnol, en portugais, en japonais et en chinois. Plaxo est gratuit, la version premium étant facturée 49,95 dollars par an.

Bebo


Bebo, site de réseau social créé par Michael Birch et sa femme Xochi Birch en janvier 2005, compterait actuellement 40 millions d’utilisateurs dans le monde. Le couple avait déjà fondé deux ans auparavant le réseau social Ringo, qu’il a revendu. Bebo a été racheté par AOL, filiale de Time Warner, en mars 2008.

Bebo existe en anglais, en français, en allemand et en polonais. Il est surtout connu dans le monde anglophone, notamment en Irlande, Grande-Bretagne et en Nouvelle-Zélande, où il est leader, tandis qu’il est troisième aux États-Unis derrière MySpace et Facebook.

Orkut


Peu connu en France, Orkut est pourtant le réseau social de Google, lancé en janvier 2004 par un employé de Google, Orkut Buyukkokten, et est numéro un au Brésil. Il compte quelque 50 millions d’utilisateurs.

Il a nourri le buzz autour de sa création par son mode d’inscription. Au départ, il fallait être coopté par un de ses membres (recevoir une invitation) pour pouvoir s’inscrire à Orkut. Du coup, Orkut grandissait par cercles, entre les amis des amis des personnes déjà inscrites. L’inscription est ensuite devenue libre. Une particularité notable : pour certaines questions, le menu déroulant propose des réponses sans tabou (« anarchiste » pour les opinions politiques par exemple).

Orkut compte au moins 26 millions d’inscrits au Brésil, mais sa popularité grandit aussi en Asie. Du coup, le projet SocialStream a été intégré à Orkut, tout comme Zingku, œuvrant dans le domaine du social networking mobile, acquis par Google en septembre 2007. Or, Zingku propose des services tels que le partage de textes ou de photos, l’envoi d’invitations mobiles, la création de mini-sondages, ou même l’agrégation de flux RSS sur son téléphone mobile.

Copains d’Avant


Créé par Benchmark Group, éditeur du Journal du net, Copains d’Avant est une plate-forme de mise en relation entre anciens camarades de classe (école, collège, lycée…). Il compte 6 millions d’inscrits. Les inscrits peuvent s’échanger des mails, consulter les profils des autres inscrits, et effectuer des recherches par mots-clés (nom de lycée, de ville…).

Une fois inscrit, il faut donc bien remplir votre profil, en détaillant notamment les établissements scolaires par lesquels vous êtes passé, et les années y correspondant.

Par la suite, Copains d’avant a lancé le réseau Copainspro, qui se veut une sorte de Linkedin à la française.

aSmallWord


Basé sur un caractère élitiste assumé, aSmallWord, fondé par Erik Wachtmeister, compte à peine 150 000 membres. Et pour cause : tous les contacts y sont orientés business ou people, et l’on ne peut s’y inscrire que sur cooptation.
On s’y échange les adresses de restaurants chics et très chers, on s’invite à des soirées (chics et très chères) à Saint-Tropez ou à Miami…
Son but : favoriser les échanges entre l’élite sociale, et se donner de temps en temps un coup de main.
Sur le même créneau, citons Diamond Loundge, qui se veut encore plus élitiste.

Le texte original de cette fiche pratique est extrait de «Tout sur le web 2.0» (Capucine Cousin, Collection CommentCaMarche.net, Dunod, 2008)

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